L’auditoire, journal des étudiants de Lausanne (UNIL - EPFL)
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184 // avril 2008

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    Les jobs d’hiver menacés par les vacances bolognaises

    Il n’y a pas que le job de maître-nageur pour remplir les poches de l’étudiant. On peut aussi enseigner les sports d’hiver. Mais, avec l’harmonisation de Bologne, cette activité est menacée pour 2009.

    Un job d’été est lucratif, mais un job pour les vacances d’hiver, qui se comptent en mois, peut aussi être une solution financière intéressante. D’ailleurs, sous nos latitudes, beaucoup d’auxiliaires d’écoles de ski sont issus des universités et hautes écoles. Après une année très active pour les étudiants moniteurs due à la simultanéité des vacances cantonales et académiques, 2009 s’annonce dès lors bien moins radieux. En effet, cette année verra un décalage des périodes de vacances, engendrant de nombreuses complications.

    Un job à la demande

    Pour mieux comprendre, Muriel, monitrice de Champéry et étudiante en psychologie, a bien voulu nous exposer la spécificité de cette activité. Les disponibilités sont demandées pour l’année, car, « auxiliaire, cela veut dire qu’on ne travaille pas toute la saison, on vient seulement pendant les vacances et les week-ends ».

    Mais être disponible n’implique pas forcément du travail : « S’il y a du boulot, on donne des cours, une heure ou plus, ça dépend, on est à la demande. » Ainsi, pas de travail, pas de rémunération, mais pour Daniel, qui exerce aux Marécottes et étudie en HEC, cette activité a des avantages, « permettant de skier et de se faire de l’argent en même temps », et ce revenu est pour lui le plus important de l’année.

    Pour Muriel également, c’est une aubaine : « Je préfère travailler en hiver et partir en vacances l’été avec cet argent, si je ne le mets pas de côté pour les études. » Et février est une période propice. Tel qu’elle le dit, « on compte vraiment sur les vacances cantonales, on a beaucoup de clients suisses ».

    L’harmonisation : un problème ?

    Sur le décalage prévu pour l’an prochain, les avis diffèrent quelque peu. Pour Daniel, il n’y aura pas de difficultés particulières, car « c’est surtout les clients étrangers, comme les Anglais, qui sont importants ».

    Cependant, il souligne que le nouveau calendrier n’est pas vraiment pratique, quelle que soit l’année. « Il ne nous aide pas, nos vacances se terminent en plein février alors qu’il reste encore beaucoup d’étrangers dans nos stations ! »

    Pour Muriel, l’an prochain s’annonce plus sombre : « Je ne vais pas du tout travailler ! » lance-t-elle. « C’est dommage, je vais peut-être devoir trouver un autre travail pour l’été, ce qui est beaucoup plus compliqué. » En effet, le fait que moins d’étudiants cherchent du travail en hiver est un grand avantage par rapport à l’été.

    Ecole buissonnière

    Et sécher les cours ? A cette question, la réponse est catégorique : oui, s’il le faut. « Les années précédentes, je le faisais déjà de temps en temps », confie Daniel. Mais Muriel est plus soucieuse : « Je vais sûrement le faire, mais c’est toujours mauvais de rater des cours. » Bologne ne fait donc pas les bonnes affaires des ces étudiants, car toute harmonisation pousse à négliger les particularités locales, impliquant des perdants. Espérons que les professeurs auxiliaires de plongée à Nice s’en sortent mieux...

    Autres perdants

    Autres grandes perdantes, les écoles de ski qui manqueront de moniteurs pour satisfaire la demande. Martial Donnet, directeur de l’Ecole suisse de ski de Morgins, souligne l’importance des étudiants pour ces écoles : « Chaque semaine, ils sont plus de quinze, ce qui est une bonne partie de nos effectifs », et ceci pour une station bien moins importante que Verbier.

    Martial Donnet souligne également la grande affluence de février en station. Ainsi, le décalage annoncé « va nous poser d’énormes problèmes de recrutement ». Quelles sont alors les solutions possibles ? « Dès maintenant nous allons établir un planning d’occupation plus diversifié, comme proposer des cours collectifs aussi l’après-midi. Nous espérons ne pas faire supporter aux clients ce manque de moniteurs. »

    On peut aussi ajouter que, moins les cours sont assurés par les moniteurs auxiliaires, moins les écoles de ski rempliront leurs propres caisses ! Les étudiants ne sont donc pas les seules victimes de l’harmonisation.

    On l’a bien compris, les changements nécessaires à l’harmonisation internationale impliquent des difficultés au niveau local pour les étudiants moniteurs de ski. Encore un inconvénient à ajouter sur l’ardoise déjà longue de la Convention de Bologne, ne concernant certes ici qu’une minorité, mais qui voit ses effets s’étendre, touchant peut-être jusqu’au tourisme suisse. Les étudiants ne sont pas les seuls perdants ici ; peut-être alors seront-ils plus écoutés ?

    lundi 14 avril 2008

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