Publicité | Annonce | Partenariat
|
Le meilleur indicateur sur la situation du logement est le taux d’occupation. Longtemps sinistrée en la matière, Lausanne a-t-elle réussi à remonter la pente ? D’un taux de logements vacants de 0.25% en 2002, elle a progressé jusqu’à 0,42%. Une victoire ? Loin s’en faut... Pas besoin d’enquêtes ou de grandes études, toutes celles et ceux qui ont essayé de trouver un logement dernièrement peuvent témoigner du chemin de croix que ça représente. D’ailleurs, 0,42%, c’est le second taux le plus mauvais des villes suisses. Berne atteint 0,65%, Zurich 0,73%... Et le taux, pour refléter une situation détendue, devrait atteindre 1,5% ! Les jeunes sont particulièrement touchées par cette pénurie. Pour y faire face, l’Association pour le Logement des Jeunes en Formation (ALJF) fournit depuis dix ans une alternative : des logements en communauté à un coût fort bas. Où en est l’ALJF aujourd’hui ? Eh bien il y a péril en la demeure ! Le point avec Cira, étudiante en SSP et Chérif, étudiant en HEC, membres du comité de l’Association.
ALJF : Nous gérons actuellement neuf maisons qui nous sont prêtées par des particuliers au travers de « contrats de confiance ». Tous nos « locataires » sont en fait membres de l’Association, ce qui fait que nous comptons une soixantaine de membres. Chaque membre paie une cotisation de 100 fr. par mois qui permet un bon entretien des maisons que nous occupons.
Il est de plus en plus difficile de trouver des propriétaires qui acceptent de nous prêter leurs maisons. Et ce, malgré le fait que nous disposons de plusieurs lettres de soutien, de la Ville mais aussi d’anciens propriétaires. En juillet, nous devons remettre trois maisons et n’en avons trouvé aucune nouvelle. Cela signifie que quarante de nos membres vont se retrouver sans logement...
Qu’allez-vous faire pour remédier à cette situation ? Nous commençons à alerter la presse et devons rencontrer les autorités lausannoises en juin. Mais nous sommes toutes étudiantes, et les examens approchent...
La FME fournit beaucoup plus de logements mais les chambres sont bien plus chères que les nôtres. La philosophie n’est pas la même non plus. L’expérience de la vie en communauté a une grande importance pour nous, même si, ces derniers temps, c’est surtout par nécessité que les jeunes font appel à nous. Et sur le mouvement squat ? Nous partageons avec les squatters notre attachement à la vie en communauté. Par contre, la manière d’agir diffère. Si les squatters occupent et discutent ensuite, nous prenons toujours contact avec le propriétaire au préalable. Malheureusement, si les autorités et les propriétaires faisaient mieux la distinction entre notre démarche et celle des squats, nous aurions peut-être plus de succès. L’ALJF est une bonne alternative aux squats.