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Quelle déception ! Le nouveau titre de Quignard sonnait comme une promesse de paysages poétiques, un hymne à la musique, une évocation — qui sait ? — du grandiose Tous les matins du monde, dans lequel glisse la barque de la morte sur une onde calme et silencieuse.
Hélas, ce n’est pas cela. L’écriture de Quignard n’est pas en cause : sublime, acérée, miraculeusement poétique, elle promulgue généreusement sa puissance de narration au fil des pages sans jamais verser dans la futilité. Non, là où le bât blesse, c’est dans la substance de l’ouvrage. Le tome VI du Dernier Royaume se pose comme une succession de réflexions — forme à laquelle l’auteur nous avait habitués. Néanmoins, le propos est obscur, alambiqué, tortueux. Tiré par les cheveux, dirait-on. Les thèmes choisis sont ceux de la mort — et son corollaire, le suicide — de l’amour et de la naissance.
Entre la vie pré-utérine, le libre choix de sa mort, l’asservissement à la parole et le sexe, l’auteur tisse des liens inextricables, compréhensibles de lui seul. Dommage. Dans ce gigantesque soliloque, quelques anecdotes historiques permettent toutefois de renouer avec l’immense talent de conteur de Pascal Quignard.