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Le Cabanon, inauguré en grande pompe le 16 dé-cembre dernier, trône désormais entre la cafétéria de l’Anthropôle et le Zelig. Il s’agit d’une cabane préfabriquée en bois de 26 m3. « Nous avons souhaité habiller cet espace vide, invisible », souligne Céline Eindenbenz, assistante en histoire de l’art contemporain et présidente de l’association Cabanon. « Grâce au jeu entre le bois et le béton, à l’espace dans l’espace que constitue la cabane, nous espérons attirer le regard des passants. »
De la cabane
L’emblème de la cabane n’a pas été choisi au hasard. Le mot en lui-même est directement emprunté à le Corbusier, qui avait ainsi nommé sa cellule de vie idéale. C’est aussi un hommage à Marcel Duchamp, dans l’idée de placer tel quel un objet industriel dans le bâtiment. Le Cabanon de l’Unil, quant à lui, est financé par les affaires culturelles et par la FAE. Chacun peut également s’inscrire comme membre de l’association, les cotisations sont libres.
Concrètement, le Cabanon permettra aux étudiants en histoire de l’art de se frotter à la dure réalité de la réalisation d’une exposition. Ils seront chargés de préparer un dossier présentant leur projet. La commission du Cabanon choisira ensuite l’entreprise la plus pertinente. Tout au long de leur travail, les étudiants seront encadrés par un professeur d’art contemporain. Ils prendront part à l’entière réalisation de l’exposition. « Ils devront dialoguer avec l’artiste, mettre en place le côté pratique de l’exhibition, organiser le vernissage », commente Alexia Ryf, étudiante et assistante chargée d’aiguiller les étudiants dans les questions pratiques.
Des crédits en or
La mise en place de ces expositions sera validée par l’obtention de crédits, comme si les étudiants avaient suivi un cours ou un séminaire. « Il ne faut pas se leurrer, le travail à fournir pour mettre en place un tel projet est beaucoup plus conséquent que pour un séminaire », souligne Alexia Ryf. Ces crédits représentent un plus pour la motivation des candidats, mais pour Céline Eidenbenz, le but du Cabanon va plus loin : « Grâce à ce projet, les étudiants pourront acquérir une réelle expérience pratique. Cette dernière leur fait souvent défaut lorsqu’ils terminent leurs études et sont à la recherche d’un travail dans le domaine artistique. »
Du décanat au service des bâtiments en passant par l’artiste, les étudiants auront à faire avec chacune de ces entités. De quoi enrichir son CV et sa connaissance pratique, notamment au niveau de la communication. « C’est une expérience extrêmement formatrice pour un étudiant, pas seulement du point de vue de l’historien de l’art », rajoute Céline Eidenbenz.
Le Cabanon fait ainsi figure de pont entre le monde académique et celui des galeries d’art, trop souvent séparés. Espérons que les étudiants sauront saisir cette chance et donneront vie à ces quatre murs de bois.
Une exposition dédiée à Istvan Balogh
• Deux expositions seront réalisées chaque année, la première au semestre d’automne, la seconde au printemps. Le 25 février 2010, une exhibition consacrée à Istvan Balogh, mise en place par Alexia Ryf et Angela Benza, étudiante et trésorière du Cabanon, sera inaugurée. La série « Sur-Face » du photographe zurichois sera exposée. Cette dernière est composée de dix-huit portraits de femmes. « Nous avons choisi cette œuvre car nous pensons que ces photos se déploieront d’une manière très intéressante sur le béton ou sur le bois de la cabane. Ces visages attirent le regard et ne peuvent laisser le passant indifférent, nous vous laisserons découvrir pourquoi… », commente Alexia Ryf.