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Aujourd’hui, la relation entre les jeunes et la lecture est souvent définie comme problématique. Continuent-ils à lire ? Les études sur ce sujet sont nombreuses et beaucoup se contredisent. Heureusement, les enfants de 5e et 6e années du collège du Mont-sur-Lausanne nous ont fourni des résultats plus précis, certes hétéroclites, mais néanmoins intéressants.
Ces élèves constituent un lectorat régulier dans lequel les filles se démarquent légèrement par une assiduité plus prononcée. Les lectures sont très diversifiées, supposant une offre de même ampleur. Cependant, on constate que très peu parmi ces jeunes élèves se donnent la peine de fouiller par eux-mêmes les rayons des librairies afin de dénicher le livre qui leur convient. Il semble dès lors que les parents ou la famille tiennent le rôle d’acheteur et de sélectionneur.
Ni ordonner ni surveiller:conseiller !
La question de qui choisit d’ordinaire les livres a été posée à la porte-parole du rayon enfants-jeunes de chez Payot, Camille Brunner. Pour elle, il est important que le parent vienne avec l’enfant, du moins au début, choisir un ouvrage pour le guider et le conseiller mais également pour connaître ses goûts. C’est pourquoi les rayons sont clairement identifiables, afin que l’enfant puisse la fois suivante venir seul, sans se sentir perdu, explique-t-elle. Elle concède cependant que les lectures de type pédagogique abordant des thématiques comme la mort ou la naissance sont davantage recherchées et destinées aux parents qui sont parfois empruntés ou gênés d’aborder l’un de ces sujets. Elle ajoute que les œuvres littéraires classiques abrégées (c’est-à-dire des textes originaux qui ont reçu quelques coupes) comme Le Comte de Monte-Cristo ou L’Odyssée sont souvent offertes par des adultes qui voient la lecture tout d’abord comme un acte utile, scolaire, et non comme un accès à l’imagination.
En ce qui concerne les best-sellers actuels pour les jeunes, notamment Harry Potter ou Twilight, la demande est énorme mais elle agit surtout comme un effet « boule de neige ». Tout le monde en parle, les tomes sont lus, des figurines apparaissent et les marchés économiques se mettent en place. L’enfant est bien sûr influencé, mais l’adulte l’est tout autant.
Quel rôle joue Noël ?
Les ouvrages qui paraissent à l’approche de Noël – comme c’est le cas pour Temptation chapitre 2 de la série Twilight – deviennent le cadeau idéal : un présent neutre, facile à dénicher, qui plaît à l’acheteur et au receveur de par son côté « à la page ». A l’approche des fêtes de fin d’année, un présentoir spécial Noël est créé au centre du monde des enfants chez Payot. Le côté famille est mis en avant avec des livres confectionnés sur la base de calendriers de l’Avent où à chaque soir correspond une histoire, des ouvrages chrétiens simplifiés et bien sûr une ribambelle d’œuvres à offrir sans trop y réfléchir. Dans cette dernière optique, le livre devient une marchandise commerciale au même titre que les étoiles, biscuits et sapins de Noël.
Certains aiment lire, d’autres pas : un point c’est tout !
Terminées, les critiques du style « de nos jours, les jeunes ne lisent plus. Ils préfèrent s’abrutir devant la télé ». Les jeunes sont tout autant intéressés par la lecture qu’auparavant, peut-être même plus, car l’offre se diversifie et touche donc un plus large public. Elle permet également aux enfants d’aiguiser leurs goûts en matière littéraire. Quant aux parents — conseillers au mieux, tyrans au pire — , ils restent les premiers visés : gardien du dernier mot et de leur porte-monnaie.