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La Faculté SSP a toujours fait dans l’immédiat : cinq mois après la fin des épreuves et la confirmation des succès aux dernières envolées lyriques examinales, la remise des Bachelors a enfin lieu ! Il faut dire que le bout de papier véreux retiré au secrétariat nous faisait tirer la tronche : trois années de dur labeur et même pas de cachet doré ou de papier bible pour prouver nos 4’500 heures de travail pour nos 180 crédits bolonais. Non, pour mériter cela, il faudra encore attendre quelques mois, les vilains jours d’automne, pour connaître les joies d’une cérémonie financée par l’alma mater – ou par les 200.- d’inscriptions tardives ? Et encore, pour en profiter, il fallait ne pas avoir raté l’inscription à la cérémonie non plus...
Ce 26 novembre, enfin, nous avons entendu quelques mots de félicitations du doyen de la faculté, Alain Clémence. Après d’âpres négociations avec papa-maman sur la tenue, nous arrivons tête haute dans l’auditoire-hambuger. Et voilà que les vieux souvenirs des examens sont ravivés : « Nous vous remercions de vous asseoir impérativement sur la chaise portant votre nom », disait le message de convocation.
Quelques professeurs sont présents dans la salle afin de contempler le résultat de leur travail acharné – papa-maman souhaiteront les rencontrer, mais les bacheliers tentent d’éviter la fatale rencontre (surtout ceux continuant leurs études en Master avec lesdits professeurs). Les tenues sont variées : si les gambettes sont à l’honneur côté Psychologie, c’est plutôt baskets et pull « dimanche au chalet » qui prévalent côté Science politique, à quelques irréductibles prêts vendus au grand capitalisme.
Installée sur la chaise qui porte mon nom, la cérémonie alléchante sur le papier peut enfin commencer : c’est que le programme nous promettait un invité surprise de taille en la personne du comédien Vincent Kucholl, monsieur faux 19:30 dans l’émission Mise au Point de la TSR. Pourquoi ce guignol pour « agrémenter » une si officielle cérémonie ? Hé bien, le trublion est diplômé en Science politique de la Faculté en 2001. Si les frais diplômés redoutaient les aléas du chômage, la Faculté SSP leur a élégamment projeté une nouvelle voie de débouchés...
Quelques gags sur les objets d’études de chaque filière et Monsieur le Doyen prend la parole. Voici le résumé synthétique de son discours : « Le Bachelor, ça ne suffit pas mais c’est bien quand même. » Reçu cinq sur cinq. Enfin, le déballage des noms peut commencer. La procédure est hautement étudiée : à l’appel de son nom, le lauréat se lève, s’avance sous les non-acclamations (à la demande expresse de Monsieur le Doyen), obtient son diplôme sous scellés, serre une main, signe une attestation (la bureaucratie est partout) et va se poser sous le regard du photographe qui flashe le tout une fois l’ensemble de la filière réunie. Une chorégraphie bien huilée et sans la moindre répétition.
Il faudra encore attendre la fin des bons mots du représentant de l’Association des anciens de sciences sociales et politique (ASSOPOL) — si l’envie vous prenait de rester à tout jamais ancré à votre campus adoré — avant de se jeter sur le buffet tant attendu, raison essentielle de notre présence. A la carte, amuse-bouche qualitativement appréciables mais quantitativement insuffisants et vins vaudois (à la grande tourmente des bacheliers valaisans). On se gave, ce n’est pas chez Nino qu’on nous sert de pareils hors-d’œuvre, quitte à ne pas finir son assiette plus tard quand papa-maman nous emmèneront au restaurant. On les priera d’ailleurs gentiment de regagner leur gîte afin de rejoindre ses ex-partenaires de déprime séminariste au balcon du D ! Club pour la soirée organisée par notre chère AESSP, toujours prête à nous servir sur un plateau d’argent la trogne du jeudi. Encore une fête jusqu’au bout de la nuit entre étudiants… Sauf pour les nouveaux travailleurs de la volée 2008-2009 !
Cinq mois pour recevoir son diplôme ? Mais ce n’est rien du tout, chère étudiante de SSP.
Une licence en Lettres terminée en décembre 2008. La remise du diplôme se fait en novembre 2009 !
Comme quoi, la procrastination est vraiment un vice des Lettreux.