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Plus de robocops que de manifestants. Un embouteillage sans fin à la rue Ruchonnet. Une force de l’ordre nerveuse qui tente de réguler le traffic, pour un cortège somme toute paisible. Au parc Montbenon, à Lausanne, des stands, des badauds, des leaders et des déceptions relayées par les haut-parleurs. Une phrase perçue dans la foule, lancée à l’endroit de la brigade policière masquée : « Alors, les poulets, on revient du Mexique ? ».
Le 1er Mai, Fête du travail, a été l’occasion pour les salariés, non seulement à Lausanne mais dans toute l’Europe, de montrer leur détermination et leur désappointement face à un système financier qui leur fait payer une facture bien trop salée. A Genève, ce sont quelques 1500 personnes qui ont marché dans les rues, selon Le Courrier. UNIA au front, le défilé a fait un crochet devant Manor, histoire de rappeler au bon souvenir du groupe le licenciement de la syndicaliste Marisa Pralong en mi-février. Une autorisation de passage qui n’avait pas été acceptée de suite par les autorités. Une invitation à « passer par là » que relève le secrétaire syndical au Syndicat Interprofessionnel, Georges Tissot.
L’ATS, vue dans Le Temps ou Le Courrier, comptabilise pour la Suisse plus de 20 000 personnes descendues dans les rues, principalement à Zurich. Et de relever les fustigations de Paul Reichsteiner, de l’USS. « Les concepts néo-libéraux ont échoué », a-t-il déclaré, avant d’appeler à « un renforcement des syndicats et des réponses offensives de la gauche pour affronter la crise ». La Liberté décrète quant à elle qu’à Fribourg régnait une « furieuse ambiance de vacances » pour marquer d’un climat de défi ce jour où de biens tristes listes ont été dressées. Licenciement de travailleurs temporaires, puis contrats à durée déteminée, chômage partiel ; le secrétaire général d’UNIA-Fribourg a dressé un cahier de doléances plus que rempli à l’adresse de l’assemblée.
Hors de nos frontières, Le Matin et La Tribune de Genève zooment sur la guérilla berlinoise et les affrontements entre autonomes et policiers, perturbant un « cortège bien clairsemé ». En France, plus de 280 manifestations étaient organisées dans tout le pays. Alors que Le Temps titre « un 1er Mai sous le signe de la colère sociale », Le Matin souligne la centaine de miliers de manifestants parisiens qui ont réussi avec succès à affronter le pont du premier mai. Fustigation du régime de la Sarkosie et souci de sauvegarde du pouvoir d’achat et de l’emploi : la colère a eu sa place dans les rues. Mais pas assez au goût de certains, pour qui l’athmosphère trop calme du cortège risque de faire retomber la pression sur le gouvernement. Cependant, ils ont été nombreux à fustiger les futurs plans de relance du gouvernement, même si certains souhaitaient que les salariés lui rentrent plus dans le(s) cadre(s). Le journal Aujourd’hui en France donne des chiffres : 1,2 millions de manifestants battaient le pavé pour la CGT, contre 450 000 personnes pour la police ; la mobilisation, plus intense qu’en 2008, serait moindre qu’en mars dernier, où les salariés étaient quelques millions à exprimer leur colère face au chômage montant. Pour certains leaders syndicaux, par contre, il s’agit du plus important premier mai de ces dernières années.
Mais c’est un autre point qui a marqué les esprits. Aujourd’hui en France angle « les syndicats défilent unis, mais sont divisés par la suite ». Alors que Ségolène marche aux côtés des salariés d’Heuliez, et signifie son absence sur les pavés de Paris et aux côtés de ses camarades, les leaders syndicaux de la CGT, de la CFDT, de la Force ouvrière et autres défilent « bras dessus, bras dessous », malgré un désir de modalités d’action diverses concernant les suites à donner à cette journée ; qui pour « une journée de la gratuité », qui pour « des démonstrations de force telles que celles du 29 janvier et du 19 mars ».