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Un SEL… késako ?
S.E.L désigne un Service d’Echange Local, une association proposant à ses membres de troquer des biens, des services et de savoirs. Du troc amélioré – ou multilatéral –, grâce à une monnaie d’ersatz, revêtant des formes variées, comme des bons, des billes ou encore des grains. Les premiers SELs – qui n’on toutefois pas toujours porter ce nom – voient le jour dans les années 1930. « Lors de grosses crises économiques, comme pendant la deuxième guerre mondiale ou, plus récemment, en Argentine, le système a fait ses preuves », explique Zou Taboubi, membre du comité fondateur du SEL-lausannois. « Des villages entiers ne fonctionnaient plus que sur ce système de bons, qui rétribuaient d’un travail et permettaient d’acheter du pain ou d’autres services. »
Cette nouvelle ressource, échappant à tout impôt, est bien sûr interdite dès que l’Etat reprend le dessus sur les liquidités officielles. Mais ces « économies parralèles » peuvent continuer à fonctionner, à une moindre échelle. Chaque région a ainsi son SEL, fonctionnant à une plus ou moins large échelle.
Le « SEL du lac » de Genève est un des plus grands. Il fonctionne plutôt bien et un système utilisant Internet comme plateforme d’échange a récemment été mis en place.
Une structure autonomisante
Les SELs répondent à une envie de se positionner contre un système dominant, et de se battre pour plus de solidarité et de citoyenneté. Zou Taboubi reconnaît que c’est une position qui demande parfois beaucoup d’engagement et d’autonomie. Elle constate en effet que certaines personnes quittent le SEL, considérant qu’il ne s’y passe pas assez de chose, « alors que c’est à chaque membre de s’engager pour qu’il se passe quelque chose ! Décrocher son téléphone au lieu d’attendre qu’il sonne ! » Le SEL offre un cadre mais ne prend pas par la main ses membres. D’après elle, la structure d’easyswap demanderait moins d’autonomie et pourrait intéresser de ce fait plus de monde.
L’ambition des SEL serait de fonctionner par quartier. Cela leur permettrait de remplir réellement un de leur objectif : « créer du lien », un effet secondaire des échanges possibles. Mais pour cela, le nombre de membres actifs n’est pas suffisant : nonante seulement pour Lausanne et sa région, qui s’étend jusqu’à Morges.
Cette mission sociale, Zou Taboubi doute qu’elle soit partagée par easyswap.org. Car son fonctionnement s’inscrit tout à fait dans celui de notre culture individualisante. Les associations de SEL permettent aussi des rencontres, proposent d’organiser des marchés, des repas canadiens. Des manifestations qui ne font pas du tout partie du programme d’easyswap.
Une bonne raison de penser qu’easyswap ne remplacera pas les SEL, et qu’une collaboration pourrait encore se mettre en place.
Pour visiter le site de easyswap
Pour lire un autre article sur le même sujet : On troque ? Valoriser par l’échange.
ou encore... La chronique de L’auditoire sur Fréquence Banane