Le Qwertz : un bar insolite

Inauguré le 27 septembre dernier, le Qwertz, titillait notre curiosité grâce à son concept e-sport. L’auditoire s’est donc rendu sur place afin d’en apprendre plus autour d’une bière belge.

La devanture du bar ©Léonore Porchet

La devanture du bar ©Léonore Porchet

Le Qwertz a repris l’emplacement du Standard, c’est-à-dire rue de la Grotte 3,  juste en dessous de Saint-François, en face du Saxo (pour les connaisseurs).

Lorsque nous entrons, nous découvrons une salle lumineuse et agréable,  semblable à celle d’un simple bar. Pourtant, en y regardant de plus près, nos yeux s’attardent sur deux écrans projetant ce soir-là une compétition officielle du jeu Starcraft 2. Nous remarquons également un surprenant tableau qui se révèle être une juxtaposition de carte mère d’ordinateur, et, tapi dans un coin, un alien tout droit sortis du film de Ridley Scott. Mais c’est au sous-sol que le bar révèle son vrai visage… Plongée dans un bleu mystérieux, la salle inférieure est discrètement éclairée et crée un réel contraste d’atmosphère. C’est ici que se trouvent les ordinateurs destinés aux joueurs et qu’auront lieu les futurs tournois.

Ayant la chance de pouvoir échanger quelques mots avec le patron, Nicolas Gillier, nous en apprenons plus sur l’idée d’origine qui a donné naissance au Qwertz. Le concept e-sport est repris du Meltdown bar se trouvant à Paris, lieu d’élection de Nicolas, qui a eu envie d’importer cette idée en Suisse.

Mais qu’est-ce que le e-sport, plus communément appelé sport électronique ? Cette dénomination recense les jeux vidéos orientés compétition du style Starcraft 2, League of Legends ou encore Counter-Strike. Depuis quelques années, certains joueurs sont devenus professionnels : on les appelle les pro-gameurs. Ils s’affrontent lors de compétitions nationales et surtout internationales. Comme pour n’importe quel sport traditionnel,  ces « matchs » sont suivis par un public de spécialistes avertis ou de supporters du dimanche. Le concept du bar est donc simple : des matchs sont retransmis en permanence sur les écrans, des ordinateurs sont mis à la disposition des clients pour jouer et des tournois sont organisés durant la semaine.

A droite, Nicolas Giller le patron ©Nicolas Vidmer

A droite, Nicolas Giller le patron ©Nicolas Vidmer

Les installations du Qwertz ont été coûteuses : outre la reprise du registre du commerce, il faut ajouter le prix des écrans, des ordinateurs et de la décoration de manière plus générale. Mais tout cela n’a pas effrayé Nicolas, ancien de l’école hôtelière, habitué de ce fait à la gestion,  qu’il a toujours cherché à concilier avec ses passions. À trente-trois ans, l’envie d’être à son compte et indépendant s’est fait ressentir. Une fois l’idée germée, dans le courant de mars 2013, les événements allant dans son sens se sont enchaînés ! S’il est le seul gérant du bar, beaucoup l’ont aidé et soutenu dans ses démarches. C’est le cas de l’association pour l’e-sport, Wesports, qui lui fut d’un grand soutien.

Nicolas nous confie n’avoir eu aucune attente précise quant au public qui viendrait : serait-ce plutôt des adolescents de 16 ans, des trentenaires, des gens qui viendraient simplement profiter des installations de la « cave » (totalement libre d’accès) sans consommer ? En ce soir d’ouverture, le public est, en tout cas, au rendez-vous, mais il faudra voir par la suite si les « geeks », tout comme le commun des mortels, seront séduits par le Qwertz. On ne peut que le lui souhaiter !

Still quiet here.sas