Les derniers poètes sous le Chapiteau

Dernière soirée de cette 26ème édition du Cully Jazz Festival, le groupe The Last Poets, mythique à tout point de vue, se sont reformés pour deux concerts, donc l’un sous le Chapiteau samedi soir.

Après une première partie assurée par Léo Tardin et ses rappeurs invités new-yorkais Celena Glenn et Seraphim, sont arrivés ceux que d’aucuns considèrent comme les pères fondateurs du hip-hop, The Last Poets, réunis à nouveau pour deux concerts. Émanation du mai 68 américain, le groupe s’était fait à l’époque connaître pour son engagement civique et sa lutte pour les droits des Afro-Américains, et ce en utilisant la poésie déclamée, hurlée parfois, sur une musique aux racines jazz, mais aussi latino et africaines. 35 ans après leur séparation, ils se sont reformés le temps de 2 concerts exclusifs, à Paris et à Cully, car comme il y a 40 ans, la situation politique actuelle nécessite la présence de ces militants du verbe, dénonçant la dérive sécuritaire des États-Unis et les conditions sociales déplorables qui y règnent dans des morceaux comme « Rain of terror ». Ce qui frappe chez ces derniers poètes, c’est leur authenticité: un investissement total dans la cause qu’ils défendent, une urgence dans leurs paroles, et une énergie qui n’a pas baissé depuis quarante ans! La formule est percutante, une section rythmique qui passe du funk, avec une basse et une batterie nerveuse, aux rythmes latino, induits par la présence de Felipe Luciano, Portoricain et l’un des fondateurs du groupe; et elle fait mouche. Le public est conquis, en redemande, et obtient une improvisation inédite des quatres poètes et de leurs musiciens.

Un petit miracle donc, comme le Cully Jazz Festival sait nous offrir, et une soirée inoubliable pour clore cette édition du festival!

Découvrez les autres concerts du Cully jazz 08 dans notre [rubrique spéciale->http://www.auditoire.ch/spip.php?rubrique65].

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