le trio Départ et Charles Lloyd sous le Chapiteau

Soirée pluvieuse mercredi soir au Cully Jazz Festival. Qu’à cela ne tienne, les retrouvailles du trio Départ et le concert anniversaire de Charles Lloyd ont réchauffé les coeurs mis à mal par la météo!

Première dose de bonne humeur avec Harry Sokal, Heiri Känzig et Jojo Mayer, réunis à nouveau sous le nom de leur trio, Départ, qui était passé dans l’ombre durant quelques années. Les trois amis, tous des anciens du Vienna Art Orchestra – Harry Sokal en est d’ailleurs encore un des principaux saxophonistes –, se sont donnés à coeur joie pendant une heure et demie, passant du funk à des sonorités plus contemplatives, mais toujours en étant parcouru de ce frisson qui caractérise l’entente quasi-télépathique de ces amis de longue date. Cette compréhension mutuelle pouvait se voir à chaque instant; dans les regards complices échangés entre le contrebassiste Heiri Känzig et le batteur Jojo Mayer pendant qu’ils libéraient toute leur puissance rythmique sur « Slice of bread »; dans le jeu de chacun, toujours attentif aux deux autres musiciens, dans des morceaux comme « Travel to à New World »; quand le trio, hilare, a repris « Du liebä Bueb vom Ämmital », un yodel bernois doté soudainement d’un swing sans pareil. Et si la pluie continuait de tomber dru, Jojo Mayer ne se privait pas d’en rire, imitant le ruissellement de l’eau sur la bâche du Chapiteau avec les balais de sa batterie, avant de quitter la scène avec ses amis, à reculons, tout en continuant de faire sonner leur instrument.

Un début de soirée de choix et une excellente entrée en matière pour accueillir le saxophoniste et flutiste Charles Lloyd et son trio, avec comme invité le pianiste Jason Moran. Toujours inspiré par la méditation transcendantale, Charles Lloyd s’est souvent aventuré dans des sonorités hindoues durant la soirée, avec de longs morceaux marqués par la batterie incantatoire d’Éric Harland, démarrant dans les profondeurs pour enfler jusqu’à exploser, pour ensuite redescendre, se calmer. Le saxophone au son très chaud créait une atmosphère particulière, très lyrique, que ce soit dans le cadre d’une ballade ou d’un morceau un peu plus rythmé et appuyé dans ce dernier cas par Jason Moran qui insufflait un swing assez irrésistible à l’ensemble du trio. Pour finir ce concert, Charles Lloyd, après avoir joué lui-même l’intro du morceau au piano, a déclamé un conte indien, sur fond de piano et batterie. Belle manière de redescendre sur Terre après une soirée aussi enthousiasmant.

Découvrez les autres concerts du Cully 08 dans notre [rubrique spéciale->http://www.auditoire.ch/spip.php?rubrique65].

Still quiet here.sas