Rire au NIFFF – 2. Black comedy

images-3Ames sensibles s’abstenir. A l’inverse de la comédie horrifique, la black comedy joue sur l’exagération, qui provoque un rire noir ou jaune.

Basée sur la satire et l’humour noir, la black comedy surfe sur les clichés de l’horreur et du dégoût afin de dénoncer des engrenages inconcevables. La satire est prégnante dans Cheap Thrills. Craig, père de famille, au bord du gouffre financier se retrouve embarqué dans une nuit folle où chaque action à un prix et pas des moindre. E.L Katz dénonce ainsi le poids accordé à l’argent dans certaines situations. L’ambiance réaliste et la primauté accordée à une image sombre nourrissent également cette satire. C’est belle et bien le monde réel qui est représenté, malgré l’absurdité de certaines actions. Dans d’autres films, la critique perd de l’importance. Curiosity Kills de Sanders Maran a une esthétique proche de la bande dessinée ou du dessin animé. Les couleurs sont criardes, tandis que les personnages sont complétement grotesques. A nouveau il s’agit d’une cascade d’événements induite par la création accidentelle d’un rat mutant. Le monde moins réaliste et le format – court métrage – ne permettent pas une critique aussi visible que dans Cheap Thrills. Perfect Drugs, de Toon Aerts propose quant à lui une satire réduite à son minimum. L’intrigue est mise de côté et c’est l’esthétique de l’image à la fois gore et quasi psychédélique qui nous entraîne dans une avalanche d’événements plus absurdes les uns que les autres. Ici, la satire se résume donc à un avertissement peu crédible sur les dangers de la drogue.

Le gore et l’absurde sont deux éléments essentiels dans la black comedy. Elle se lie donc au slaher film, dont l’attraction se situe essentiellement dans l’accumulation d’hémoglobine et de tout autres effets entraînant le dégoût. Dans Cheap Thrills, le dégoût et le gore est exacerbé par le réalisme de l’image et de la situation. Tandis que les deux court-métrages offrent une esthétique plus proche des dessins animés, c’est donc l’absurde qui prime. Ainsi, le rire n’a pas la même couleur. On rit noir, voire jaune devant des images qui nous dégoûtent et nous gênent. L’absurdité de la situation n’est pas là pour provoquer l’euphorie et l’irréalité, mais bien pour dénoncer la déchéance d’une situation. Au contraire, le rire est plus spontané et jouissif dans les films moins réalistes. L’absurde s’allie à des conjonctures irréelles qui permettent une meilleure distanciation du spectateur. Moins de dégoûts donc, non pas par l’absence d’images choc, mais grâce à un positionnement différent par rapport à notre réalité. Autant de possibilités donc d’apprécier un film d’horreur sans se faire peur.

 

Still quiet here.sas