NIFFF, cinquième jour

Mardi 9 juillet au NIFFF, pour notre dernier jour de projection, nous avons terminé par un programme éclectique : biographie psychédélique, histoire de fantôme japonais et batailles historiques hongkongaises.

 

Graham-Chapman-as-Oscar-WildeA Liar’s Autobiography 3D

De Ben Timlett, Jeff Simpson et Bill Jones | Biographie / Comédie / Animation

Avec Graham Chapman et John Cleese

En 1989, le Monty Python Graham Chapman décédait d’un cancer de la gorge. Aujourd’hui, A Liar’s Autobiography lui rend hommage. Conçu presque entièrement en animation (on ne trouve que quelques extraits vidéo d’interviews ou de sketchs) par quatorze studios utilisant chacun une méthode différente (dessin en 2D, en 3D, à l’encre, en stop-motion, etc.), le film adapte les vraies fausses mémoires écrites par Chapman avant sa mort et utilise ses propres enregistrements. S’ajoutent à cela des doubleurs de prestige : en plus des cinq autres Monty Python, quelques guests sont à relever, notamment Stephen Fry, ainsi que Cameron Diaz qui double… Sigmund Freud.

On suit donc l’histoire très romancée de cette personnalité complexe, rêveuse et torturée, qui se libère en revendiquant son homosexualité avant de s’enfermer dans ses dépendances (drogues, alcool).

Adoptant la forme surréaliste du texte de Chapman, les réalisateurs nous offrent un trip visuel complètement barré, très empreint de l’humour des Monty Python, même si l’absurde n’est pas aussi puissant que les créations originales de la troupe du Flying Circus.

On regrettera également que Terry Gilliam ne nous ait pas gratifiés au passage d’une de ses géniales séquences d’animation, mais pour le reste, le film reste un très bel hommage qui ne peut que vous donner envie de vous refaire en boucle le sketch du Perroquet Mort et autres Inquisition Espagnole.

 

the_complexThe Complex

De Hideo Nakata | Horreur

Avec Atsuko Maeda et Hiroki Narimiya

Après avoir fait un peu tout et n’importe quoi ces dernières années (Le Cercle 2, Chatroom), l’auteur de Ring revient aux sources avec The Complex, l’histoire d’une jeune fille persécutée par des fantômes hantant son immeuble. Un récit qui s’inscrit donc apparemment dans les codes classiques de la J-Horror (le fantastique s’insinuant dans un cadre social réaliste).

On se dit donc que ça va être bien. Ça ne l’est pas.

Le film démarre pourtant bien : l’introduction prend son temps, pose ses personnages, amène lentement son élément fantastique, et se permet des effets de mise en scène plutôt réussis (un jeu intelligent sur la vue subjective et le champ-contrechamp).

Et puis, tout dérape. Le scénario vrille, pas moins de quatre sous-intrigues s’alternent et se complètent très mal, si bien qu’on ne sait très vite plus bien ce qu’on nous raconte et qu’on finit même par s’en foutre royalement. Plus le film avance, plus il empire : de moins en moins effrayant (seuls un ou deux plans au début font leur petit effet), il devient carrément risible dans son final à peine digne d’une série Z.

Enfin, histoire d’enfoncer le clou, l’héroïne devient petit à petit tout bonnement insupportable, passant la moitié du temps à chialer (quand le public en vient à unanimement applaudir lorsqu’on la gifle, c’est un signe qui ne trompe pas).

 

saving-general-yang-setSaving General Yang

De Ronny Yu | Action / Historique

Avec Adam Cheng et Xu Fan

S’inspirant de faits historiques, le nouveau film de Ronny Yu (Chucky 4, Le 51e Etat) narre l’histoire de sept frères partis combattre toute une armée pour sauver leur père, le Général Yang.

Au vu des promesses du récit (le sauvetage héroïque des sept guerriers seuls contre tous) et du talent de Yu pour orchestrer les combats (Le Maître d’Armes), Saving General Yang s’annonçait comme un grand film épique et majestueux.

Epique, le film l’est effectivement : la première bataille arrive très vite et fout une bonne claque dès le départ.

Mais malheureusement, le scénario prend un virage inattendu au milieu du film et annule quelque peu sa promesse, perdant au passage une grande charge émotionnelle. Le second acte est alors une succession de courts combats certes bluffants en termes visuels (dont un impressionnant duel d’archers en plein champ de blé), mais qui ne sont plus soutenus par des enjeux aussi forts qu’au début. On commence alors à décrocher, malgré les images grandioses qu’on nous offre.

Il y a ainsi des tas de bonnes choses dans le dernier film de Ronny Yu, mais on en attendait plus de la part de l’auteur.

 

Still quiet here.sas