Soirée blues sous le Chapiteau

Hier soir a eu lieu la {Great Blues Night} sous le Chapiteau avec Pura Fé, Mighty Mo Rodgers et en surprise de dernière minute le Canadien Marc-André Léger.

Heureuse surprise s’il en est car la guitare et la voix de Marc-André Léger nous ont offert une introduction rythmée à cette soirée dédiée au blues, alternant entre des compositions de blues et des morceaux glissant vers des sonorités familières aux amateurs de la musique de Gustavo Santaolalla, le musicien du film {Carnets de voyage} de Walter Salles. Une première demie-heure décoiffante pour nous mettre dans le bain et être en mesure d’accueillir Pura Fé, le «coup de coeur découverte» de la programmatrice Carine Zuber.

Indienne de la tribu Tuscarora de Caroline du Nord, elle est venue avec Dany Godinez nous offrir un échantillon du lien méconnu qui existe entre musique amérindienne et blues. Jouant de la {lap steel guitare}, une guitare qui se joue horizontalement (sur les genoux ou sur un support) et accompagnée par Dany Godinez à la guitare, elle a interprété plusieurs de ses compositions, passant de chansons avec une sonorité un peu pop à des chansons à sonorités plus proches du blues et plus personnelles. Ainsi, elle a joué une chanson dédiée à sa grand-mère maternelle, tuée par le Ku Klux Klan au début du XXème siècle; ou encore interprété «Summertime» ou «If I was your guitare, I would be the happiest woman in the world». Ce dernier morceau a été l’occasion d’un jeu de réponses entre Pura Fé et Dany Godinez, l’une avec une voix proche de celle de Janis Joplin et l’autre utilisant sa guitare à la manière du flamenco, jouant des cordes et comme percussion, et utilisant un sampler pour jouer plusieurs mélodies et rythmes à la fois. Ce magnifique dialogue a été l’occasion pour Dany Godinez d’enchaîner avec un long solo et laisser libre cours à son imagination, passant de rythmes et de sonorités rock à une reprise de «Here comes the sun» des Beatles, jouée délicatement en {tapping}.

Pour finir la soirée en beauté, et en rythme, Mighty Mo Rodgers est venu prêcher le blues avec beaucoup de bonne humeur, et une section rythmique «péchue», pour reprendre les mots de Carine Zuber la programmatrice. Son slogan «Use the blues to kill the blues» s’appliquait parfaitement aux chansons chantées, les titres passant de «Bush blues» à «Katrina blues», tous des titres ancrés dans l’actualité et remplis d’humour. Ainsi, il a offert en guise de rappel «I believe in evolution, she made a monkey out of me», après avoir chanté «When they make Swiss watches in China and no more blues in South Carolina», une chanson composée vendredi pour son passage à la Radio Suisse Romande et dont le titre était la réponse à la question «jusqu’à quand m’aimera-tu?»… Une belle soirée pour prouver que le blues n’est de loin pas aussi triste que notre sens courant l’entend!

Découvrez les autres concerts du Cully 08 dans notre [rubrique spéciale->http://www.auditoire.ch/spip.php?rubrique65].

Still quiet here.sas