Animals: NIFFF 2013

animals-montajeLe film Animals, petite perle de Marçal Forès, nous dévoile le monde de l’adolescence et ses drames sous un jour décalé.

Pol trouve son équilibre dans le repère que constitue son ours en peluche, résidu de son enfance. Mais il est bientôt bouleversé par le monde adulte, réglé par d’autres lois.

Le film oscille sans cesse entre l’enfance et l’adolescence, le désir et le jeu, le drame et l’insouciance. Les événements souvent associés à la période de la puberté comme le suicide, l’éveil des sens ou encore la dépression sont ainsi traités avec une fraîcheur évoquant le conte. En effet, ce n’est pas un regard d’adulte que nous propose ici Forès mais bien le regard d’un adolescent : d’un enfant immergé dans un monde d’adulte. Le film est ainsi rythmé par des actes à la fois spontanés et anodins, ou presque… la cohérence peine à se mettre en place entre les différentes actions. Mais il s’agit ici d’un parti pris, qui veut que le spectateur soit complétement plongé dans la conscience des personnages.

C’est donc un imaginaire déroutant à la frontière entre le conte et le drame que nous propose ce film. Le fantastique et le surréalisme se justifie ici par le bais de la perception du monde. Ours, fantômes ou événements inexpliqués, font partie de la réalité perçue, selon une sensibilité propre à chacun des personnages. «  Chacun perçoit le monde différemment », voici la réplique qui nous donne la clef du film.

De multiples techniques parviennent à nous intégrer dans la perception des personnages. Caméra subjective, fonds sonores ou encore effets de lumière et de ralenti. L’image devient elle-même sensation en évoquant successivement la joie, le désir, la peur ou encore la volonté. Autant de sentiments qui apparaissent et disparaissent dans la tête des jeunes en mal de repères.

C’est ainsi une belle cohérence qui est mise au service d’une thématique délicate et maintes fois reprise. L’originalité de ce film et sa puissance tant émotionnelle que sensorielle constituent une belle surprise.

A revoir le lundi 8 juillet au temple du bas à 22h15.

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