Mark Lanegan: Long live the myth

Kurt Cobain, Screaming Trees, PJ Harvey ou encore Queens of the Stone Age. Mis à part avoir écrit une page de l’histoire du rock’n’roll, ils ont un point commun: Mark Lanegan. Le chanteur à la mythique voix rauque était aux Docks hier soir pour présenter son dernier album, Blues Funeral, sorti en février dernier. Un concert à la hauteur de ce qu’on pouvait en espérer, et un disque indispensable à toute discothèque.

Prendre la décision de voir le concert d’un monument de la musique est toujours un pari risqué, du quitte ou double; soit c’est un moment inoubliable, soit une désillusion. Bob Dylan, icône de la folk s’il en est, est ainsi devenu tristement célèbre pour perdre ses fans au détour d’un live inaudible: voix blanche, mélodies méconnaissables, absence totale de présence scénique, il ne reste que les paroles pour tenter de vivre le concert qu’on osait attendre. Pas de telle surprise pour celui qui fut la voix des Queens of the Stone Age. Mark Lanegan a offert hier soir une prestation simple et efficace, de celles qui n’ont besoin que de la puissance de la musique pour exister – et faire durer le mythe.

Montée sur scène en toute simplicité. Le chanteur entre avec son groupe, tout de noir vêtu et entame sans plus attendre les notes de Gravedigger’s song, tiré de son dernier album. La voix rauque bien connue résonne, comme sortie tout droit des années 1980. Des riffs envoûtants et sensuels se mêlent aux lignes de basse assassines, que demander de plus? Les titres s’enchaînent, sans autre parure que leur puissance. Pas de changements de costumes incessants comme pour Axel Rose qui semble accorder plus d’attention à sa garde robe qu’à la justesse de sa voix. Pas d’interruption autre que pour remercier le public, ou le groupe. Juste une voix, et une musique. Une heure et demie de concert et deux thank you glissés aux fans plus tard, c’est déjà la fin du show. Une prestation mémorable pour une générosité sans concession. Mark Lanegan sera dans la salle cinq minutes après la dernière note pour signer ce qu’on voudra bien lui donner. Un live qui donne envie de ressortir ses vieux vinyles.

Still quiet here.sas