Films d’Autres Parts – Un Mundo Secreto

Dimanche soir, en avant-première suisse, était présenté le premier film du Mexicain Gabriel Mariño, Un Mundo Secreto.

Lorsque le film déroule ses premières images, on se prend à avoir un peu peur pour la suite: on plonge directement dans « l’univers froid et introspectif » – comme le dit de manière très juste le programme – de Maria, 18 ans. Celle-ci semble regarder le monde autour d’elle avec un grand ennui et ce sentiment commence aussi à atteindre le spectateur. Heureusement, cette Maria se décide à partir en voyage, pour une raison qui ne sera révélée que bien plus tard. Commence alors un road-movie bien sympathique.

Ce qui fait le charme de ce type de film, ce sont les rencontres. Maria en fera deux qui lui amèneront protection et réconfort durant quelques instants. Mais elles lui permettront aussi de prendre conscience d’un monde qu’elle ne connaît pas vraiment, celui de la précarité. En effet, Maria fait partie de ce qu’on pourrait qualifier de « classe moyenne » : elle vit dans un appartement confortable, vient d’obtenir son bac et a l’argent pour se payer ce voyage. Sa première rencontre se fait avec une femme d’une vingtaine d’années, avec un bébé dont le père est parti trouver du travail aux Etats-Unis. A travers ce personnage se dessine la réalité d’un pan de la jeunesse mexicaine que l’avenir bouché pousse souvent à traverser la frontière, laissant parfois derrière elle un être aimé, un enfant. Puis, Maria fait la connaissance de Juan, jeune homme désirant, lui aussi, se rendre aux Etats-Unis. Cette rencontre entre deux êtres, différents mais tous les deux fragiles, donne lieu aux moments les plus touchants du film.

Cette œuvre comporte les qualités et les défauts d’un premier film. Le réalisateur cherche d’abord à rendre son film visuellement original, par des longs plans, des jeux sur les focales ou une grande maîtrise de la bande-son. Cependant, à les utiliser systématiquement, ces effets perdent de leur valeur là où ils auraient eu un impact bien réel. Inversement, le scénario semble plus voué à l’improvisation. Cela peut donner quelques moments de flottement mais amène surtout une belle fragilité au film, qui s’accorde pleinement avec le sujet et le jeu des acteurs, tous non-professionnels.

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