Tout savoir sur Les Médias en Suisse

Avec Vincent Kucholl comme directeur et Mix&Remix aux pinceaux, la collection LEP-Références a récemment sorti son onzième ouvrage. En collaboration avec Gianni Haver, professeur de sociologie de l’image à l’Unil, ce sont cette fois-ci les médias qui sont à l’honneur. Sympathique à feuilleter ou à lire, ce livre a la même mise en page simple et ludique que les précédents de la collection. Sept chapitres dévoilent les nombreux intérêts qu’on peut porter à l’abondante scène médiatique helvétique.

Voici un petit survol des sujets traités dans cet ouvrage :

La première partie expose les théories qui tentent d’expliquer l’envergure que peut prendre la communication dans nos vies modernes. Plus qu’une exposition de concepts, ce sont des comptes rendus intéressants qui permettent aux curieux d’approfondir la matière de manière divertissante. En tant que consommateur de médias (y être exposé étant quasiment inévitable), les auteurs nous permettent de  nous interroger sur la place qu’ils occupent dans notre vie et leur influence. Ceux-ci soulèvent quelques interrogations nouvelles chez le lecteur et le font se questionner à propos de ce qu’on lui fait voir et entendre chaque jour. Bien organisée et pleine de pistes pour une étude plus poussée, c’est une introduction qui fournit des outils nécessaires. Elle a le mérite de pointer du doigt l’importance de la communication aujourd’hui.

Dans un second temps, on aborde le poids qu’ont pris de nos jours les médias dans notre société. Liant histoire et actualité, les auteurs tentent de faire comprendre l’influence des acteurs médiatiques et la situation de la presse romande plus particulièrement.

Le deuxième chapitre traite des rapports que l’on entretient avec la presse dans la vie de tous les jours.  C’est un processus dynamique qui évolue avec la population et qui a des effets sur nos modes de vie. De ses prémices avec Gutenberg, en passant par les outils actuels comme la photographie, les illustrations et dessins, l’auteur termine en décrivant les différentes formes de journaux, leurs raisons et manières d’émerger et de s’adapter à la demande. On en apprend ainsi beaucoup sur nos lectures et le poids que de simples revues ont pu avoir durant certaines périodes. On y découvre aussi des stratégies dont les médias doivent user dans leurs relations avec les autres pays, par propagande en période de guerres par exemple. Gianni Haver aborde finalement la transformation du simple journal en « marchandise », nécessitant la publicité et l’arrivée des faits divers afin d’augmenter son attractivité.

Le cinéma arrive en troisième position. On y parle des changements qu’il a engagés dans le pays. Une Suisse qui, contrairement aux idées reçues, a une histoire derrière la caméra, notamment dans les documentaires.

Au cours du quatrième chapitre, le livre nous éclaire sur l’arrivée de la radio et la difficulté de sa mise en œuvre dans un pays multilingue nécessitant des cotisations  problématiques – des redevances difficiles à mettre en place. Les nombreux changements et étapes-clefs de ce « média d’accompagnement » sont listés. Gianni Haver nous sensibilise aussi quant aux possibilités données par internet pour profiter de centaines de radios dont les effets sont, entre autres, l’augmentation de l’offre, la possibilité de réécouter les émissions à un autre moment de la journée et l’émergence de passionnés qui n’auraient pas pu diffuser sur les ondes autrement.

La télévision, en cinquième position, est aussi présentée par un historique à travers lequel on passe en revue les premiers programmes. Vient ensuite  la problématique de qui produit, qui émet et qui paie. Le livre analyse jusqu’au temps passé en moyenne par les suisses et suissesses des trois régions linguistiques devant la télévision ; il explique aussi comment de petites chaînes locales ambitionnaient de se  nationaliser ; mais surtout, il n’a pas omis les détails techniques divers qui nous semblent parfois un peu vagues, tels que la manière de calculer l’audience ou encore le passage des chaînes suisses de l’analogique au numérique. La télévision n’a dès lors plus guère de secrets.

La publicité est à son tour explorée. On y apprend qu’elle est loin d’être récente et l’on s’arrête sur de nombreuses étapes de son parcours. Fait intéressant, les techniques publicitaires sont répertoriées ; cela donne donc un bref aperçu sur les manières par lesquelles on essaie de vous rendre nécessaire quelque chose qui ne l’est pas forcément.

Finalement, le dernier chapitre sur internet et les nouveaux médias expose le géant World Wild Web et sa notoriété actuelle. Commençant par un historique de sa mise en œuvre et de son fulgurent développement, on s’intéresse spécifiquement à la Suisse, où le CERN a joué une grande importance. Avec un ton plus léger, Gianni Haver liste quelques sites appréciés par les suisses et suissesses. Il en vient alors aux jeux vidéo et téléphones mobiles.

A la fin du livre se trouve une chronologie qui reprend les éléments principaux rapportés au cours des différents chapitres pour permettre une mise en relation des différentes thématiques.

 

En définitive, ce livre théorique est facile à lire, peut-être plus intéressant à feuilleter en plusieurs fois qu’à lire en ligne droite comme un roman. Cette nouvelle publication nous donne un très bon aperçu de la situation des médias en Suisse et de l’histoire de chaque groupe médiatique. Intéressant, divertissant, amusant, il ouvre de nombreuses portes à tous les avides de savoir.

Sympathique, cette petite lecture est à mettre entre toutes les mains pour mieux comprendre ce qui nous entoure.

Still quiet here.sas