Thomas Dutronc

Thomas Dutronc et ses faux airs de Patrick Dempsey (Photo: Céline Brichet)

Thomas Dutronc livrait hier sous le Chapiteau un concert aussi survolté que de qualité, malgré quelques couacs techniques et pour le plus grand plaisir des groupies du premier rang.

À quelques minutes du concert, le public se presse sous la tente. Dans les premiers rangs, un petit groupe de filles hystériques, la poitrine et les bras couverts du prénom du chanteur écrit au marqueur noir, s’agitent déjà dix minutes avant que leur idole n’entre en scène. Chose amusante, les coupes de champagne sont ici plus courantes que les traditionnelles chopes. Enfin, Dutronc entre en scène, accompagné de six musiciens, dont quatre guitaristes. Outre leur talent, nous retiendrons leur énergie et l’absurdité de la mise en scène. Tous s’éclatent, et ça se voit. Ceux qui ne font pas les deuxièmes voix chantent toutes les paroles pour eux-mêmes. Attaquant avec quelques-uns de ses morceaux les plus connus, Dutronc et compagnie se mettent rapidement la salle dans la poche. Jusqu’au moment où, après un petit silence entre deux morceaux, le chanteur déclare à la foule « Heu… y a Pierre qui a explosé son violon. ». Effectivement, l’instrument semble avoir quelque peu souffert du dernier morceau, et la partie du manche se situant juste sous les cordes a foutu le camp. Petit moment de solitude pour les artistes… « Bon, on se fait une belote ? » propose Dutronc. Mais bien vite, tandis que Pierre Blanchard se dirige vers le backstage, les autres enchaînent « Comme un manouche sans guitare ». Si l’absence du violon se fait particulièrement sentir dans un morceau aux tendances manouches, c’est l’occasion pour les musiciens de rajouter quelques paroles : « comme une chanson… sans son violon ».

Une complicité apparente sur scène (Photo: Céline Brichet)

Mais à peine quelques minutes plus tard, le violoniste reparaît avec son instrument, customisé par l’équipe des backstage. Difficile de savoir comment ils ont fait, toujours est-il que ça tiendra jusqu’à la fin du concert. Celui-ci se déroule dès lors sans encombres, entrecoupant parfois les chansons les plus connues de quelques morceaux instrumentaux rappelant que le fils Dutronc est avant tout guitariste, et qu’il s’approche de la virtuosité dans ce domaine. En somme, une prestation qui frise l’excellence, terminée par le magistral « Des frites bordel » et les mythiques « Yeux noirs » interprétés avec tact et motivation.

Et parmi ceux qui commençaient à ressentir une légère fatigue,  plus d’un se sera laissé tenter par les paroles de « Demain » : « Mais y a de la vie tous les soirs, y a des filles dans les bars, allez viens ! Demain sera trop tard ! Y a toujours une petite fête, promis demain j’arrête, mais ce soir, la nuit sera sans fin »…

Still quiet here.sas