Sorge qui peut!

Le Prix de la Sorge 2007 a été rendu à la fin du mois de janvier.

Ca y est! Le Prix de la Sorge a été décerné. Cette année, sur les vingt-huit textes reçus, (chiffre «énorme» selon les délibérants mais qui ne l’est finalement pas tant que cela, sachant que pouvaient participer tous les étudiants tant de l’Unil que de l’EPFL), quatre ont été primés. Le premier prix a été attribué à Laurence Gauvin, malheureusement absente, tout comme deux des autres gagnants. «Pour elle, on était tous d’accord, certifie Catherine Fattebert, animatrice radio à la RSR et membre du jury. «Elle a su jouer avec les mots, et faire quelque chose de beau et de vraiment personnel avec une intrigue très simple.» Le deuxième prix est allé à un texte de théâtre – ou du moins cela y ressemble un peu -, très ciselé, «avec un style un peu à la Marguerite Duras. Des phrases courtes, mais on sent qu’il y a vraiment un travail derrière», commente Anne-Sylvie Sprenger, autre membre du jury. Parmi les deux textes ayant obtenu le troisième Prix, celui d’Adrien Guignard a particulièrement interpellé. «Un style hyper universitaire, plein de références et de notes de bas de page. On dirait un séminaire et en même temps il joue avec ça. C’est un texte qui est chiant à lire mais également complètement fou, original et étonnant», peut-on entendre du côté des jurys à la fin de la cérémonie.

A la question: «Quels sont les styles ou les genres qui dominent dans un concours aussi libre?», Isaac Pante, assistant en sociolinguistique à l’Unil et auteur à ses heures répond: «Ce sont des textes qui sont très sombres d’une façon générale. Mais c’est souvent le cas quand il n’y a pas de thématique donnée.» «On y trouvait beaucoup de langage parlé et de modes d’écriture fragmentaires», selon Evelyne Hufschmid, bibliothécaire à la BCU ayant également participé à la décision, et «il y avait environ un quart de poésie, souvent très triste et mélancolique.» Des écrits dans l’ensemble assez intimes donc: «beaucoup de textes introspectifs et très peu de sujets engagés, par exemple», souligne Annabel Glauser, cheffe de la rubrique culture à L’auditoire également dans la délibération.Des prédilections, des récurrences dans les thèmes traités? «Tout à fait. Fait très étonnant, le thème de la vieillesse revient énormément.» Surprenant en effet de la part d’étudiants pour la plupart plutôt jeunes…
En ce qui concerne le niveau global des textes, les avis du jury sont mitigés, «même s’il y avait des trucs prometteurs», explique Catherine Fattebert sur le ton de la confidence. «Mais il est vrai que l’on trouve pas mal de lieux communs, et assez peu d’originalité généralement dans ces textes. On a parfois envie de leur dire d’arrêter de “jouer aux écrivains”, de leur dire: allez-y, osez! Mais c’est normal, il faut prendre de la bouteille pour apprendre à faire ça, il faut essayer et recommencer encore et encore pour réussir à prendre de la distance, et à lâcher la béquille qu’est le cliché, qu’il est naturel d’utiliser au début.»
Si vous avez envie de vous y essayer (et de démentir ainsi Stéphane Fretz, peintre et éditeur selon lequel le jury dont il fait partie cette année «change visiblement plus que les participants»), il fau-dra attendre l’année prochaine pour vous jeter à l’eau de la Sorge! En revanche, vous avez encore jusqu’au 15 mars si vous souhaitez envoyer un texte pour la prochaine revue Archipel (cf. p.25).

Still quiet here.sas