GaBLé

"Des regards toujours plus différents les uns que les autres" (Photo: Leïla Pellet)

A l’ouverture du festival, le trio français GaBLé s’est produit dans l’atmosphère chaleureuse et propice à l’échange du Club Tent. Deux hommes, une femme, une batterie, une guitare, un clavier, un sac rempli d’expressions scéniques et des objets les plus insolites. De quoi fournir une performance originale.

Les musiciens ont offert un merveilleux jeu de scène en personnifiant les différents contrastes de leur musique à travers des expressions, des regards toujours plus différents les uns que les autres et au moment où le spectateur, encore peu enjoué en ce début de soirée, s’y attendait le moins. Ils ont enchaîné le pastiche du gamin criseux en tapant sur leur caisses, avec le monde «bisounours» de quelques notes au piano ou à la flûte. Sont venues ensuite quelques notes à la Elvis avec un demi masque sur le visage. Tout est dans le jeu, l’imitation, l’évocation d’univers divers que les différents sons, paroles et mises en scène ont dessiné en quelques traits de pinceaux. Puis une tache de peinture au centre de la toile et le tout se métamorphose, devient noir et tremblant. Sur un fond à la teinte « creepy » se détachait alors un nouveau pastiche, un nouveau visage, une nouvelle configuration du trio.

Leur grande originalité s’est également inscrite dans leur production sonore. Les artistes ont allié avec maîtrise des sons insolites, utilisant le bruit de la destruction d’un caisson de bois, le saut des stylos renversés sur la batterie et tant d’autres encore. Une grande intensité de jeu.

Leur originalité remarquable a rafraîchi ce début de soirée qui s’annonçait chaud et collant. Un plaisir pour les yeux et l’ouïe, un talent inventif à saluer.

Still quiet here.sas