La mort nous va si bien

Culture

C’est le grand retour des morts-vivants. Dans la pub, au cinéma, et jusque dans la rue, les zombies sont partout, avec à la clé un double message cohérent.

Nouvelle époque, nouveau statut: à mi-chemin entre les montres d’épouvante et l’Occidental moyen, le zombie du XXIe siècle prend les traits d’un citoyen comme les autres. Les publicitaires et autres créatifs n’ont pas tardé à s’engouffrer dans la brèche ouverte par ce rapprochement entre le monde des vivants et celui des morts.

{{{Un look d’enfer}}}
Le fabricant de sacs à dos Eastpak fut l’un des premiers à explorer cette voie macabre. Après avoir vanté la résistance de sa marchandise au moyen d’un squelette à demi enfoui dans le sable, un Eastpak encore flambant neuf pendu aux omoplates, la marque américaine emploie dormais une tribu de jeunes zombies lookés. Crête punk, tatouage suggestif et nécrose à tout-va, ils incarnent bien les morts de demain, jeunes, urbains, branchés et sexy, même dans l’au-delà.
Pour sauver les apparences et dédramatiser le côté quelque peu morbide de la campagne publicitaire, les zombies Eastpak portent au revers de leurs vestes un petit badge sur lequel on peut lire: «I love life». Des morts-vivants pour nous rappeler la joie de vive?

{{{Tous des zombies!}}}
Dans la culture pop contemporaine, l’humanisation du zombie va de paire avec la zombification de l’humain. Qu’on se le dise: le mode de vie occidental a fait de nous des morts-vivants! Cette image est si répandue que des activistes n’hésitent plus à la prendre au pied de la lettre. Déguisés en zombies, ils défilent chaque année dans les villes américaines à l’occasion du Zombie Mob Day. Une manière pleine d’humour (noir) et de faux sang d’exprimer son rejet de l’american way of life.

Dans le même genre, le jeu vidéo Dead Rising transforme les clients d’un gigantesque centre commercial en zombies décérébrés que le joueur doit éliminer. L’analogie entre la consommation effrénée et la mort cérébrale avait déjà été soulevée en 1978 dans Zombie, film culte de George A. Romero. Depuis ses débuts, le réalisateur de la Trilogie des morts-vivants affirme à qui veut bien l’entendre qu’il s’inspire du monde qui l’entoure pour trouver les sujets de ses films d’épouvante. Pourquoi chercher plus loin?

Still quiet here.sas