CAP ou pas CAP?

HEF

Depuis quelques semaines, rumeurs et bruits de couloir concernant l’avenir de la cafétéria autogérée circulent de bouches à oreilles. Quels sont les enjeux et les vrais projets?

Elena Avdija

Un mur de pierres encerclant la tribune estudiantine? Ou une simple barrière de plexiglas? Les inquiétudes naissent avant les vacances de Noël, lorsque deux responsables de l’association arrivent sur les lieux de la CAP et découvrent… des ouvriers prenant les mesures de l’endroit.

Les questionnant quant au projet qui les amenait, ces derniers leur expliquent qu’un mur était sur le point d’être construit, en vue de fermer l’espace ouvert de la cafétériat.

Quelques heures plus tard, et dans l’incapacité d’arriver à joindre le responsable des bâtiments, l’équipe de la CAP décide d’agir: une pétition démarre et des affiches réclamant la survie de l’association circulent parmi la communauté universitaire.

{{Des enjeux cachés?}}

La boule de neige grossit. La Fédération des associations d’étudiantes (FAE) prend position, sous l’impulsion de la liste alternative étudiante. Son porte-parole, Julien Sansonnens, craint «pour la survie de l’endroit». Pour le délégué, «le manque aigu de locaux devrait pousser l’association à être sur ses gardes». «S’il y a un réel manque de place, qui doit se sentir menacé?» Les associations telles que la CAP seraient donc dans la ligne de mire du service des bâtiments.

«Pas du tout!» s’exclame Benoît Frund, responsable des bâtiments à l’Université de Lausanne. «Personne ne remet en cause l’existence de l’association. Toute cette polémique est uniquement due à un problème de communication. Si projet il doit y avoir, c’est à cause d’un souci de sécurité.» Selon Benoît Frund, le risque que des objets tombent de la balustrade s’est déjà concrétisé et il ne s’agit maintenant que de l’enrayer grâce à la construction d’une petite barrière en plexiglas «de quelques dizaines de centimètres». Parlant du problème de sécurité, la cheffe de l’équipe de la cafétéria de l’Anthropole hoche la tête. Il lui est déjà arrivé de constater quelques dégâts. «Par contre, je ne sais pas qui a lancé cette histoire d’odeurs dérangeantes, mais c’est absurde! Comment les odeurs de la CAP pourraient-elles nous déranger alors que nous nageons dans les nôtres?»

{{Un problème plus profond}}

Pour les étudiants s’investissant à la CAP, le problème va plus loin. Agnieszka Piquerez confie: «Nous n’avons pas droit aux clés du local. Du coup, nous devons appeler partout lorsque nous arrivons et que c’est fermé. Cela arrive souvent, et ce n’est pas gérable. Surtout que notre endroit permet aux étudiants et étudiantes de réchauffer leur propre nourriture ou de pouvoir manger à bas prix. Nous sommes un véritable service aux étudiants, et on devrait nous aider au lieu de nous mettre des bâtons dans les roues!»

La morale de l’histoire? Au travers des brumes que les rumeurs créent, il en sort que la CAP ne devrait donc pas voir sa survie menacée. Elle projette actuellement de créer des statuts, ce qui devrait stabiliser sa situation officielle. En attendant que le dialogue entre l’association et les institutions reprenne, la parole se révèlera-t-elle en l’air? Alors, CAP ou pas CAP? •

Still quiet here.sas