Fréquence Banane, LA radio des étudiants

HEF

Fréquence Banane, qui fêtait ses 15 ans l’année passée, a commencé le 5 mars son mois FM. En parallèle, la radio poursuit ses efforts de restructuration et met en place de nouvelles collaborations.

Une association qui compte environ 150 membres plus ou moins actifs, une organisation rigoureuse et alambiquée, une diffusion sur internet et une poignée d’auditeurs. Voici le portrait vite brossé de notre radio. Oui, Fréquence Banane, LA radio des étudiants. Créée il y a un peu plus de quinze ans, c’est la première radio estudiantine en Suisse romande et pour ainsi dire la seule. Son unique équivalent, Unimix, à Fribourg, ne réalise qu’une seule émission par semaine. En dépit de ce que son nom laisse à penser, Fréquence Banane est basée à l’EPFL. Cela lui permet non seulement de profiter du savoir-faire technique des étudiants de l’école polytechnique, mais surtout de toucher les deux institutions du campus, au niveau des animateurs et logiquement de l’audience.

{{Des collaborations médiatiques}}

L’audience, parlons-en, juste-ment. Quelque peu en mal de reconnaissance du côté des étudiants, l’équipe s’est lancée dans toute une série de collaborations visant à donner plus de visibilité à la radio. C’est ainsi que des projets de collaboration avec Uniscope, Flash ainsi qu’avec L’auditoire, votre journal préféré, ont été tout récemment mis en place. Mais l’événement de l’année, organisé depuis trois ans, c’est le mois FM. Pendant trente jours, Fréquence Banane sera diffusée sur les ondes, 92.4, dans tout le bassin lausannois.

Le rêve serait que Fréquence Banane soit diffusée sur les ondes en permanence, comme c’était le cas à ses débuts, en 1994, avant que la concession ne devienne trop chère. D’après Julie Kummer, responsable de la communication au sein du comité, le contenu actuel, avec sa trentaine d’émissions, permettrait tout à fait d’y prétendre. Antonino Galofaro, rédacteur en chef, est plus pragmatique: «Durant l’année, on veille évidemment à ce que les émissions soient bonnes et on reste exigeant sur la qualité du montage et de la réalisation. Mais elles servent avant tout de formation pour se concentrer ensuite sur le mois FM, pendant lequel toutes les forces sont requises.»

De l’underground au commercial: une révolution venue d’en haut
Les émissions occupent environ 20% du temps d’écoute. En dehors de celles-ci, c’est la musique qui s’empare de l’antenne. Dans ce domaine aussi, c’est le branle-bas de combat. Car, pour gagner des auditeurs, Fréquence Banane veut se débarrasser de son image de radio alternative et underground qu’elle traîne depuis quinze ans. Elle s’est donc offert un tout nouveau logiciel de musique qui est en mesure de créer des playlists cohérentes, afin de constituer des plages horaires thématisées. Pour ce nouveau logiciel, les programmateurs ont fait le tri dans leur discothèque. Des 9000 titres qui tournaient en aléatoire aux heures non programmées, ils en a gardé six cents!

La décision, imposée par Charles Super, directeur d’antenne de la chaîne, fait quelque peu grincer des dents les membres de la programmation. De underground qu’elle était, à la programmation musicale passablement pointue et «exigeante», Fréquence Banane fait un pas vers une dimension plus commerciale. «L’auditeur lambda souhaite écouter la musique qu’il aime, et non pas constamment des nouveautés», estime le directeur d’antenne. «C’est peut-être triste, mais c’est comme ça. D’ailleurs, très vite après la mise en place du logiciel et de la nouvelle programmation, on a constaté une augmentation de l’audience.» Il semblerait que l’on ne puisse se permettre d’être trop pointu si l’on veut plaire au plus grand nombre… Mais Charles Super s’empresse de rassurer: Fréquence Banane continuera à offrir une place importante aux groupes locaux. •

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