Prix de Lausanne, Jour 2 : Interview d’un candidat, Alexey Seliverstov

Alexey a 18 ans et sept mois. Il étudie à l’école de danse de Perm, en Russie. Il est le candidat numéro 416 et appartient donc au second groupe. Il a gentiment accepté de répondre à nos questions. Nous remercions tout particulièrement son interprète, grâce à qui nous avons pu faire l’interview en anglais.

Quand as-tu commencé la danse ?

J’ai commencé la danse à 12 ans. D’abord juste dans une petite école, comme loisir, puis on m’a proposé d’entrer à l’école de Perm, où je suis encore. Je n’ai pas beaucoup aimé la première année, mais après j’ai commencé à faire des compétitions, dans d’autres villes, d’autres pays, je me suis confronté à d’autres danseurs et j’ai découvert l’esprit de compétition, l’envie de gagner, mais aussi le désir de toujours m’améliorer, et tout ceci m’a plu.

Est-ce la première fois que tu viens à Lausanne ? Apprécies-tu la ville ?

© Fanny Utiger

© Fanny Utiger

C’est la seconde fois que je viens à Lausanne car j’ai déjà fait le concours l’année passée. J’aime beaucoup cette ville !

Que représente le Prix de Lausanne à tes yeux ?

Je suis venu ici pour me tester moi-même, si je suis bon ou pas, pour voir les autres, leur niveau, et aussi pour rencontrer d’autres danseurs et danseuses.

En quoi cette compétition est-elle différente des autres auxquelles tu as participé auparavant ?

Cette compétition est différente car ici je dois montrer mes capacités en danse contemporaine en plus de la danse classique, donc c’est à la fois un challenge et quelque chose de très intéressant. Ce qui diffère aussi c’est que l’on a des cours toute la semaine, contrairement aux autres compétitions qui ne s’étendent que sur un jour.

Trouves-tu qu’il y a une bonne ambiance ?

Oui l’ambiance est très bonne car tout le monde est sympathique.

Quelle variation classique as-tu choisie et pourquoi ?

J’ai choisi Solor, de la Bayadère, car c’est une variation très charismatique où l’on doit montrer un caractère très masculin et exprimer beaucoup de choses, être un homme fort.

Et quelle variation contemporaine ?

J’ai choisi Desde Otello, parce que c’est plus lent, avec de très beaux mouvements.

As-tu voulu marquer un contraste entre tes deux variations en faisant ce choix ?

Non je n’ai pas choisi cette variation pour faire un contraste, je n’y ai pas réfléchi, j’aimais juste la chorégraphie.

Pratiques-tu la danse contemporaine habituellement ?

On en a fait à l’école, mais très peu. Sur huit ans, on en fait uniquement en cinquième et sixième année.

Que préfères-tu, le classique, le néoclassique ou le contemporain ?

Je préfère vraiment le classique, évidemment !

La danse t’a-t-elle demandé des sacrifices ? Des choix difficiles ?

Tout d’abord, je ne peux pas faire de ski, ni de vélo. Et bien sûr je ne dois pas fumer, ni boire. Alors bien évidemment c’est difficile et les gens qui ne font pas de danse ne comprennent pas toujours tout cela, et quand ils voient les danseurs sur scène, peuvent penser que c’est facile ; alors que s’ils essayaient ils ne réussiraient pas, tellement c’est difficile.

Quels sont tes objectifs, tes rêves dans la danse ?

Je voudrais danser dans une grande compagnie plus tard, mais pour l’instant je suis encore jeune et je n’ai pas vraiment l’ « âme » nécessaire. Pour le moment je n’ai pas d’idée de compagnie particulière, pour moi c’est important de me réaliser moi-même en tant que danseur.

Souhaites-tu partir en Europe ou même aux Etats-Unis ou rester en Russie ?

Je veux rester en Russie.

Quel est le rôle de tes rêves ?

Basilio, dans Don Quichotte !

Peux-tu me décrire une journée typique de ta vie de danseur ?

Je me lève, bien sûr je déjeune, ensuite je vais au lycée. Après je mange à midi puis j’ai des cours de caractère ou de pas de deux. Je soupe, et finalement je m’entraîne toute la soirée et je finis à 20 heures.

A quoi penses-tu lorsque tu danses ? Qu’as-tu dans la tête ?

Je suis encore jeune et j’essaie de sentir la musique et ce que je danse. Mais plus tard quand je serai plus âgé et que j’aurai plus d’expérience, je pourrai vraiment plus sentir ce que je mets dans ma danse, alors que pour l’instant je ne suis pas assez mature.

Quels sont les trois mots que tu choisirais pour décrire la danse ?

L’âme, la beauté et le plaisir de danser !

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