Prix de Lausanne : jour 1

Après une journée d’enregistrement et d’accueil, c’est aujourd’hui, lundi 27 janvier, qu’a débuté le 42e Prix de Lausanne.

© Fanny Utiger

© Fanny Utiger

Ils sont cette année 73 jeunes artistes à s’être déplacés à Lausanne pour participer à cette compétition qui changera sans doute la vie de chacun d’entre eux. C’est l’effervescence dans ce Palais de Beaulieu plus que jamais animé. On y ressent une bonne ambiance générale, ainsi qu’une grande excitation de la part des candidats. Il est magnifique de se promener dans ces lieux, incroyablement vivants, où tous les instants sont dansés. Parents, professeurs et autres proches accompagnent les jeunes talents et veillent à ce que tout se déroule comme il le faut.

 

Un niveau des plus élevés

La danse, ces dernières années, n’a cessé d’évoluer. Le concours, naturellement, évolue lui aussi. Alors que le niveau s’élève avec le temps, il paraît cette année avoir fait un bond incroyable. La barre est fixée très haut ! Certains talents se détachent déjà mais la moyenne est excellente ! La volée 2014 du Prix de Lausanne paraît être l’une des meilleures à ce jour.

Contrairement à l’édition précédente qui avait vu parmi les huit lauréats une seule fille pour sept garçons, celle-ci paraît être dominée par la gent féminine, 45 ballerines pour 28 jeunes danseurs. Ceci dit, leur infériorité en nombre n’est absolument pas significative en termes de qualité, ils sont tous plus doués les uns que les autres !

Les jeunes talents viennent du monde entier. Le Japon, avec 21 candidats, est le pays le plus représenté, suivi par les USA et la Chine (10 candidats chacun), l’Australie (9 candidats) et le Brésil (8 candidats). Aucun Suisse cette année. Parmi tous ces concurrents, les candidates américaines et australiennes paraissent être pour l’instant les plus féroces !

Une première journée de concours

Contrairement à d’autres concours de danse où il est question d’être évalué sur une ou deux variations sur scène seulement, le Prix de Lausanne s’étend sur une semaine entière et est organisé en différents cours de danse, dont certains sont examinés par le jury. C’était donc ce matin au tour des filles du groupe A – de 15 à 16 ans – puis du groupe B – de 17 à 18 ans – de suivre le cours classique sous les yeux du jury. Pendant ce temps, les garçons, séparés en deux groupes également, se sont adonnés à leur premier cours de contemporain. Ceci dans un studio aménagé en pente, la même que sur la scène principale de Beaulieu, ce qui habitue donc les candidats mais rend les choses plus difficiles. L’après midi, l’horaire est inversé : au tour des garçons de prendre les cours classiques et aux filles de découvrir la danse contemporaine. Et pendant ce temps, un groupe est « au repos », et le dernier groupe monte pour la première fois sur scène pour la répétition des variations classiques. La journée se termine entre 18 et 19 heures, il est temps pour les candidats de se reposer pour la suite du concours !

Interview d’une candidate, Sara Barbieri

© Fanny Utiger

© Fanny Utiger

Candidate numéro 119 et appartenant au groupe A, Sara Barbieri est une jeune Italienne de 16 ans et 9 mois. Elle étudie à l’Ecole Il Balletto de Castelfranco Veneto dans le Nord de l’Italie. Elle a accepté de répondre à nos questions.

Quand as-tu commencé la danse et pourquoi ?

J’ai commencé à trois ans, mais j’étais très jeune et ce n’était qu’un hobby. Vers 14 ans, j’ai compris que je voulais en faire mon métier. J’avais commencé la danse après avoir vu un ballet à la Scala de Milan, ça m’avait beaucoup plus et j’ai voulu faire la même chose.

Est-ce la première fois que tu viens en Suisse ? As-tu un peu visité Lausanne ?

J’avais fait les présélections à Dresde en octobre, mais en Suisse c’est la première fois, je suis vraiment contente, mais je n’ai pas encore eu le temps de visiter la ville de Lausanne.

Que représente le Prix de Lausanne à tes yeux ?

C’est une compétition où tu peux rencontrer de grands directeurs et tenter d’avoir la chance d’entrer dans une grande école de danse.

En quoi le Prix de Lausanne est-il différent des autres concours auxquels tu as participé ?

J’avais fait le YAGP [Youth America Grand Prix, le plus grand concours de danse des Etats-Unis, ndr] et d’autres compétitions en Italie. Mais ces compétitions ne sont pas comme le Prix de Lausanne. Dans les autres compétitions il est important de gagner, ici il est plus important d’être engagé dans une compagnie ou une école.

L’ambiance est-elle bonne ?

L’ambiance est vraiment bonne, tout le monde est gentil, on parle tous ensemble, on ne sent pas trop la compétition.

Quelle variation classique as-tu choisie, pourquoi ?

J’ai choisi la Fée Lilas [extraite de La Belle au bois dormant] car je suis grande. Les variations qui conviennent aux grandes sont soit la Troisième Ombre de la Bayadère soit la Fée Lilas. En plus, je l’avais déjà dansée dans une autre compétition donc j’étais contente de la retravailler.

Et quelle chorégraphie contemporaine ?

« Saraband, » de « Vases Communicantes », c’est tellement beau ; la musique comme la chorégraphie.

© Fanny Utiger

© Fanny Utiger

Es-tu habituée au contemporain ? Le style enseigné au Prix est-il similaire à celui que tu pratiques en général ?

Deux fois par semaine, j’ai un cours de contemporain. C’est assez similaire au style de la variation que j’ai choisie. En revanche je n’ai pas encore eu de cours de contemporain, je l’ai juste après, donc je ne sais pas si le style enseigné au concours ressemble à celui que je pratique habituellement.

Que préfères-tu entre classique et néoclassique ou contemporain ?

Je pense plutôt le classique, mais j’aime bien aussi le néoclassique. J’aime par contre un peu moins le contemporain.

La danse t’a-t-elle demandé des sacrifices, as-tu dû faire face à des choix difficiles ?

Oui, avant j’habitais à Vérone et à 14 ans je suis allée à l’Ecole Il Balletto de Castelfranco Veneto. C’est à une heure et demie de chez moi donc je ne pouvais plus habiter à la maison. Aujourd’hui encore j’habite avec d’autres danseurs mais pas avec ma famille. Donc ça, oui, ça a été difficile.

Quels sont tes objectifs dans la danse ? Quelle est la compagnie de tes rêves ?

Je voudrais beaucoup danser dans une grande compagnie, si possible être soliste ou Etoile. La compagnie de mes rêves serait le New York City Ballet, pour le style de Balanchine ! Et sinon toutes les compagnies américaines, qui dansent beaucoup de Balanchine.

Quel rôle rêves-tu d’interpréter un jour ?

Le double rôle d’Odette-Odile [Le cygne blanc et le cygne noir] dans le Lac des cygnes et Gamzatti dans la Bayadère, oui, j’aime beaucoup Gamzatti !

Si tu devais prendre une autre orientation que la danse, laquelle serait-elle ?

Je n’en sais rien, j’aime tellement la danse !

Peux-tu me décrire une journée type de ta vie d’apprentie-danseuse ?

Je me lève le matin à 7 heures, je vais au lycée, jusqu’à 13 heures. Ensuite j’ai la danse, jusqu’à 20h. J’ai un cours de danse d’une heure et demie. Puis un cours de pointes, d’adage ou de contemporain, et finalement on répète ; soit pour les spectacles, soit pour les concours.

La danse en trois mots ?

Amour, profiter, et… c’est beau ! J’adore la danse !

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