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Culture
Le cheval comme bête humaine

© Céline Brichet


La compagnie Shanju était ce week-end à Ecublens pour nous faire découvrir sa dernière création. Entre panache et lyrisme.

Place du Pontet à Ecublens : des stands, des gradins, une piste. Ici, des acrobates s’échauffent, des jongleurs répètent inlassablement les mêmes gestes. Là, des chevaux piaffent d’impatience. On se serre dans les tribunes. Pas la moindre place de trop, le public a répondu présent. Placardée aux quatre coins de l’enceinte, une citation de Pierre Dac retient l’attention : « Si vous avez perdu au tiercé, vengez-vous. Mangez du cheval. » Du sarcasme. On rit. Au crépuscule, la magie de Shanju opérera.


© Céline Brichet


Kikkuli est le troisième spectacle de Shanju, la troupe de Judith Zagury-Breikers et Shantih Breikers. Le couple cumule à lui seul une expérience déroutante. Le résultat s’en fait ressentir. La mise en scène se veut des plus délectables et tient le spectateur en haleine. Ainsi se succèdent sur la piste des scènes d’acrobatie, de jonglage, de dressage, de chant. Nonobstant la diversité, le fil conducteur de la performance ne peut échapper au spectateur : un amour irréfragable du cheval. Emaillé des paroles du philosophe des Lumières Georges-Louis Leclerc de Buffon, de Xénophon et d’Ismaïl Kadharé, le spectacle se révèle être une ode au quadrupède, un hommage comme le reconnaît la compagnie. D’aucuns reprocheront au discours son anthropomorphisme, les mêmes qui tancèrent Buffon en son temps. Mais il suffit de suivre la représentation pour saisir les tréfonds de cette relation fusionnelle et passionnée. Lorsque l’homme cherche à dominer le cheval, le premier se mue en bête quand le second affiche soudainement des linéaments que l’on tendrait à qualifier d’humains. Mais lorsque la déférence naît entre l’homme et sa monture, lorsque sont appliqués les préceptes énoncés par l’écuyer Kikkuli quinze siècles avant notre ère et plus tard ceux de Xénophon, les deux êtres ne font alors plus qu’un.


© Céline Brichet


Le spectacle a cela de particulier qu’il ne se contente pas de proposer au spectateur un divertissement éphémère. Il raconte une philosophie, transporte et invite irrésistiblement l’humain à faire preuve de plus d’humilité dans le monde qu’il a fait sien. Usant des enseignements du cinéma burlesque pour travailler nos zygomatiques, mobilisant la grâce afin de nous émerveiller, la rhétorique pour nous faire délibérer sur nos agissements face à la nature qui nous entoure, Shanju a une nouvelle fois réussi son pari. Une seule certitude : on reviendra.

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