Publicité | Annonce | Partenariat
|
Frustrée de toujours être confondue avec sa médiatique voisine l’EPFL, l’Unil a complètement repensé son image : nouveau logo, nouveau nom (université de Lausanne, c’est fini on ne parle plus que de l’Unil) et nouveaux noms de bâtiments Ce lifting a provoqué l’ire du corps enseignant, fâché de ne pas avoir été consulté. Je suis heureux de voir qu’il existe encore des sujets politiques dans notre université capable de mobiliser. Je regrette simplement que toute cette énergie ne se soit pas manifestée plus tôt. Un appui enseignant plus clair aurait été le bienvenu au moment où les étudiants partaient en lutte contre le démantèlement de notre institution dans le cadre des accords triangulaires SVS (disparition des sciences fondamentales de l’université de Lausanne). Dans le dossier Bologne, même si de nombreux enseignants étaient plutôt contre, l’UNES (Union des étudiant de la Suisse) s’est sentie peu soutenue dans sa lutte contre cet accord international qui nous a été imposé de façon non démocratique.
Ce coup de lifting de l’alma mater a l’ambition de permettre une meilleure reconnaissance de l’institution auprès de ses partenaires politiques en particulier. Seulement voilà, si Unicom travaille beaucoup la communication externe, elle pèche un peu en interne. J’en veux pour preuve le périodique « Uniscope » : jusqu’en janvier 2004, il était hebdomadaire et apportait à l’ensemble de la communauté universitaire un mémento qui s’adressait principalement aux gens de l’interne. Seulement voilà, il était moche. Sa formule a donc été repensée dans le but de draguer le député. D’organe de communication interne, il est devenu élément de lobbying destiné à garantir les budgets de l’université auprès de décideurs, quitte à entrer en concurrence avec son grand frère « Allez savoir ».
Cette volonté claire de replacer l’église au milieu du village est aussi marquée par le déplacement du centre de notre université. Jusqu’à présent, le bâtiment central était le lieu abritant la bibliothèque et le réfectoire, soit le lieu où toute l’université se retrouvait autour d’un bon repas ou à la recherche d’un livre symbole de savoir. Aujourd’hui, l’Unil tourne tout entière autour de son UniCentre, lieu de l’administration et d’une direction décidément de moins en moins modeste.
Mais si le Rectorat impose ses opinions, c’est que lui seul a toutes les cartes en mains pour former une saine vision prospective et stratégique : après avoir perdu ses sciences fondamentales et son école de pharmacie, l’existence même de l’Unil est remise en question dans une société où se poser la question de la rentabilité des sciences humaines n’est plus tabou. Si l’exercice de communication du Rectorat relève bien de l’enjeu stratégique, notre service communication n’a pas su le communiquer. Il en a résulté une colère sans précédent, de la part du corps enseignant principalement. Un site internet a vu le jour (http://humense-non.m-a-t.com) pour dire le dégoût des profs bédeuziens face au nouveau nom de baptême de leur bâtiment.
Face à cette colère, je ne peux que ressentir une certaine amertume. Où ces enseignants surchargés en période d’examens trouvent-t’ils le temps qu’ils consacrent à ce combat prioritaire ? Il est si difficile d’obtenir un rendez-vous avec un enseignant l’été, pourtant je vous garantis qu’ils étaient là : ils ont pondu un site web, fort complet ma foi. Et face aux nouveaux défis de la politique universitaire, comment expliquer le silence du corps enseignant ? Si le nom des bâtiments est le dernier sujet dont on parle à Dorigny, une petite recherche sur le site swissdox.ch (site qui regroupe les archives de nombreux journaux suisses) nous apprend qu’il y a eu plus d’articles traitant de l’animalerie de Dorigny que de la grogne à l’Humense... Bien que dirigiste, notre service de com’ à une certaine efficacité.
Les profs ont été touchés dans leur honneur par la manière peu cavalière dont ces réformes ont été mises en place. Leur statut les avait habitués à plus d’égards. Mais les étudiants supporteront-ils encore longtemps de voir leurs conditions d’études se dégrader à cause du manque d’intérêt d’enseignants qui relèguent les questions étudiantes après leurs recherches, après la politique universitaire, et même après le nom de leur bâtiment...