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Ouvert. Tout de suite l’œil irisé est plongé dans une opacité référentielle revendiquée. La langue, le verbal, le flux est tendu, un indivisible divisé et segmenté. Les lettres font chair, l’histoire à contretemps. Un homme sans passé, matérialité inventée mais pas auto-constituée, est posé dans un sas d’identification de la mégastructure technologique asservissant humain et androïde dans un XXIe siècle pourrissant. C’est l’histoire, l’avenir narrativisé par une puissance narratrice se découvrant dans la deuxième partie du livre, de cet homme venu en des terres inhospitalières, mais néanmoins ouvertes sur l’avenir stellaire, le seul en fait, du moins le seul ouvert, un contre-avenir global donc. Venu pour tuer un autre homme. Tâche non métaphorique. Coupure, abîme de perplexité glacée : le ton change, l’esprit éternue, la réflexivité s’élève comme un étendard masqué. La métastrate démarre dans une chambre, celle de la préparation méthodique de l’assassinat. Le récit s’ébroue, pris dans un tumulte récursif dont les branches numériques s’effilochent dans une clôture en forme de porte ouverte. L’homme venu tuer n’est plus que golem, créature sensible et multiple d’une instance narrative grippée. L’homme devient l’agent neurotechnique responsable de la vaporeuse destruction de l’extension machinique de la décadence technologique.
Cher lecteur, si tu as compris, tant mieux, tu es prêt pour glisser le long des méandres acrobates et grandiloquents de la pensée technotourmentée de Maurice G. Dantec.