Culture
De Los Angeles à Genève et de Tokyo à Epalinges, un site internet français prend le pouls de la contre-culture mondiale. Mutants digitaux, piercés cyberpunks, hacktivistes, et modèles fétichistes, le recensement ne fait que commencer.
La presse internet n’a pas la cote et peine toujours à s’affranchir de la presse papier. Dans ce paysage morose, un site remarquable sort du lot : La Spirale.org. Sous-titré « an eZine for the Digital Mutants ! », ce dernier recense, ausculte et donne la parole aux acteurs de ce qui globalement porte l’étiquette de contre-culture.
La Spirale vit le jour au début des années 90, sous forme de lettre d’information distribuée à travers les lieux alternatifs francophones, avant d’opérer sa mue digitale il y tout juste 10 ans. Le site comporte aujourd’hui plusieurs centaines d’interviews, d’articles, d’essais, de galeries d’artistes, aussi substantiels qu’originaux, consacrés à tout ce qui d’une manière ou d’une autre œuvre à contre-courant de la culture contemporaine. Cette ligne éditoriale éclectique, s’est d’ailleurs récemment trouvée relayée par le livre « Mutations pop et crash culture », une sélection des meilleurs interviews de La Spirale, accompagnés de textes permettant de cerner le contexte chaotique et culturel duquel ils sont issus.
La Spirale défend l’idée que les excentriques d’aujourd’hui annoncent le monde de demain, et que les courants culturels les plus intéressants apparaissent dans les marges, loin de l’autosuffisance des institutions et des médias de masse. La preuve par les faits : au sommaire de la dernière mise à jour, des nomades du XXIe siècle, où quand les businessmen dopés aux nouvelles technologies prennent des airs de Jack Kerouac, des graphistes californiens nourris à l’esthétique rock’n’roll, Agnès Giard et sa récente encyclopédie du sexe bizarre, ainsi que Lukas Zpira, reconnu par les esthètes comme le pape du Body Art.
La Suisse n’est pas en reste dans ce paysage tourmenté. Le fait est assez rare pour être souligné, et témoigne de l’ouverture de La Spirale qui échappe à la mode du « tout Tokyo ». Au menu, Thierry Kupferschmid, artiste établi un temps à Epalinges, dont les créations s’inspirent du mysticisme acétique, Olga Éditions, basées à Genève et spécialisées dans les flip-books contestataires, ainsi que Marcos Drake, éditeur occultiste et maître de Kung-Fu à Lausanne, pour ne citer qu’eux.