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Nous sommes nombreux/ses à avoir eu un sursaut d’effroi en prenant connaissance de notre taxation semestrielle : le dégrèvement familial dont bénéficiaient les familles avec plusieurs enfants aux études et l’enseignement partiel qui concernait les étudiantEs ne suivant pas plus de quatre périodes n’étaient plus pris en compte dans le calcul de la taxation. Nous sommes beaucoup à avoir vu rouge. En nous penchant sur le problème, il nous est apparu que ces suppressions voulues par le Rectorat avaient été prises de manière cavalière et précipitée. Le bénéfice ainsi généré aurait dû être reversé aux services sociaux de l’Unil. Si l’intention peut sembler louable, plusieurs points retiennent cependant notre attention. Certes le dégrèvement familial tel qu’il se définit touche indifféremment les familles aisées et celles dans le besoin. Un système plus ciblé permettant de soutenir des personnes qui sont en réelles difficultés financières est hautement souhaitable, mais en l’absence d’autre projet, il nous paraît préférable de tabler sur le statu quo : la suppression des possibilités d’alléger l’enveloppe semestrielle à payer pour en faire bénéficier le service social de l’université s’apparente à une tautologie administrative. Plus grave : Les bénéfices engrangés seraient reversés à des services universitaires soutenant les étudiantEs, nous rassure-t-on. Oui, mais pour combien de temps ? Cet argent se réduirait à une ligne sur un budget qui pourrait s’effacer d’une année à l’autre : nous ne pouvons que juger ce projet mauvais, inapproprié et irresponsable.
Le deuxième point que nous devons relever concerne la manière avec laquelle le Rectorat a traité l’affaire. Les deux suppressions ont fait l’objet d’une communication au sein d’une commission du Rectorat et personne n’en a plus jamais entendu parler jusqu’en septembre. Cette décision n’a été accompagnée d’aucune explication, nos instances dirigeantes n’ayant visiblement pas saisi l’importance dramatique qu’elle pouvait avoir dans certains foyers. Une plus large consultation aurait permis de prendre la température et, qui sait, des solutions alternatives auraient peut-être pu se faire entendre. Certes les étudiantEs remportent la première manche : les bénéficiantEs du dégrèvement familial et de l’enseignement partiel pourront faire valoir leur droit rétroactivement. Pour ce qui concerne le prochain semestre, la décision qu’a prise le Rectorat doit être validée par le Conseil d’Etat. Comptez néanmoins sur nous pour suivre l’affaire de près.
Le corps enseignant du feu B2 ronchonnait lui aussi mais pour des raisons hautement moins terre-à-terre. Au détour d’un couloir vous aurez peut-être croisé unE professeurE maugréant après la nouvelle dénomination des bâtiments de l’Unil : soyez gentils/lles avec cette dame ou ce monsieur, acquiessez du chef à ses propos. Le Donquichottisme est une valeur en perte de vitesse dans notre petit univers(itaire). Les moulins à vent prennent la forme de noms jugés « grotesques » mais également de gigantesques panneaux « Unil » visibles depuis la route du Lac : avis aux amateurs de slogans sauvages, le Rectorat et les services de communications sont en train d’installer la plus grande surface d’expression libre jamais imaginée sur le campus.
Voilà les deux aliments de notre rentrée académique. Pour relever un peu la sauce, il suffit d’ajouter un peu de poivre : je dois avoir l’esprit un brin taquin (et un peu démago...). 600’000 boules pour un nouveau concept-communication et son installation... et vous croyez qu’on économise combien en supprimant les dégrèvements et autres enseignements partiels, hein ? 400’000 francs, dit le Rectorat. Ne serait-ce pas un bon sujet de discussion pour le café du matin ?