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Le rôle du web dans la lutte contre le harcèlement de rue
En matière de questions sociales et d’action, en particulier dans la lutte contre les inégalités sociales, on peut se demander quel rôle le web doit jouer.


En matière de questions sociales et d’action, en particulier dans la lutte contre les inégalités sociales, on peut se demander quel rôle le web doit jouer. Car avant d’être un réseau fourre-tout, souvent rempli de bêtises et accusé d’aliénation et d’individualisation à travers ses différents outils matériels y donnant accès, il s’agit avant tout d’un moyen de communication et de diffusion à très grande échelle. Qui dit moyen de communication, dit aussi moyen d’intervention, permettant de toucher un maximum de personnes à travers le monde et à n’importe quel moment.

Internet, moyen d’action
Aujourd’hui, les réseaux sociaux sont de plus en plus multiples et variés, que ce soit à travers des éléments textuels ou des photographies, tout un chacun peut s’y retrouver, échanger et donc se faire voir et entendre par un grand nombre, s’il sait bien s’y prendre.
Dès lors, le web est aussi largement utilisé par diverses associations ou collectifs de prévention et de luttes sociales en tous genres, afin de communiquer au mieux leurs actions. Ainsi, on peut se demander à quel point le web est un vecteur de sensibilisation à des questions sociétales, par exemple d’inégalités de genre. C’est avant tout un moyen de faire du bruit et de donner une visibilité à certains sujets qui, jusque-là, n’étaient pas abordés par manque de prise de conscience et qui peut donc être mis à profit pour la reconnaissance, entre autres, de minorités sexuelles. Cela a par ailleurs été majoritairement le cas des personnes intersexes qui ont pu, grâce à des collectifs sociaux présents sur internet, se rencontrer, sortir de l’ombre et témoigner ensemble.

L’exemple du harcèlement sexuel

Photo posteĢe sur wechalkwalk.tumblr.com © Dr.

A ce sujet, on peut prendre l’exemple très actuel qui, à travers le web, semble s’être rapidement fait entendre et continue de se développer : à savoir la question du harcèlement sexuel de rue. En effet, le phénomène récent, qui apparaît principalement en Europe autour de 2011, se diffuse énormément sur le web, et il est intéressant de constater la multiplicité des supports et discours véhiculés à travers les différentes interfaces. Celle-ci se caractérise autant par des pages interactives sur des réseaux sociaux comme Facebook, Twitter, Instagram, des sites de mouvements associatifs que des blogs écrits, de bande dessinée ou de photographies réalisés par des blogueurs et blogueuses. A ceux-ci s’ajoutent les Tumblr à mi-chemin entre le blog et la page collective et participative des internautes, ainsi que les webzine (web-magazine) comme MademoiZelle, qui prennent position.

Dans les premiers sites de collectifs activistes, citons Hollaback!, mouvement ayant débuté aux Etats-Unis et qui s’est installé dans plus de 79 villes à travers le monde à partir de 2011. Chaque pays peut avoir sa page et participer à cette plateforme collective et internationale où chacun peut partager son histoire dans le but de dénoncer le harcèlement de rue et d’offrir un accès égalitaire à l’espace public La collecte de témoignages, qui vise à sensibiliser le plus grand nombre, s’accompagne également de conseils en stratégies défensives de «hollaback», c’est-à-dire de riposte non-violente au moment des faits ainsi que de moyens de documenter, situer et partager des incidents d’harcèlement.
A partir de là, plusieurs pages Tumblr ont fait leur apparition, permettant là aussi aux internautes de réagir directement en envoyant leurs propres expériences de harcèlement. C’est le cas de Paye Ta Shnek, un mouvement également présent sur Facebook qui répertorie les pires phrases de dragues entendues dans la rue, souvent très crues, afin de les tourner en dérision tout en les dénonçant. Dans la même idée, le récent Tumblr We Chalk Walk se compose de photographies partagées par les internautes mettant en scène des textes écrits à la craie dans les rues afin de se les réapproprier et dénoncer le harcèlement vécu dans certains lieux.

La plateforme Tumblr semble idéale avec son système de partage. C’est d’ailleurs ce site que Thomas Mathieu a choisi pour son Projet Crocodiles, un blog dont le but est de raconter les témoignages de victimes de harcèlement de rue en bandes dessinées. Impliqué dans cette lutte à travers ses dessins, il propose, en plus de ce «matériau brut», des pistes d’approfondissement à travers une page de liens dédiée aux questions de harcèlement, de sexisme et de genre. Pour lui, «la diversité des points de vue permet d’une part de les confronter les uns aux autres et de se faire son propre avis avec souvent la possibilité de s’impliquer, par exemple dans les commentaires sur les blogs ou sur Facebook. Et de l’autre, ces différents moyens se complètent l’un l’autre». Ainsi, on peut en cinq minutes avoir un cours d’éducation sexuelle clair, concis, sympathique et divertissant par une youtubeuse activiste de 25 ans, Laci Green, puis approfondir un sujet sur des blogs écrits comme çafaitgenre ou Antisexisme qui entrent plus en détail dans leurs explications et thématiques abordées.


© Thomas Mathieu
Quant à Facebook où la plupart des blogueurs ont également une page qui vient compléter leur site, il offre un « moyen pratique de partager des liens et discuter facilement » ainsi que « la possibilité de créer des événements qui est assez utile pour le lancement de fanzines comme de manifestations ». Mais surtout, le web en général permet de toucher un grand nombre de personnes facilement et de leur permettre d’interagir et de participer. Selon Thomas Mathieu, le harcèlement de rue est un bon exemple de ce besoin de toucher un maximum de monde car «tant qu’il s’agit d’une amie ou deux qui se plaignent de harcèlement, on peut se dire que ce n’est pas de chance et que ce n’est pas si grave. Mais lorsque l’on voit des centaines de témoignages et de nombreuses connaissances sur Facebook prendre la parole, ce n’est plus possible de l’ignorer».
Sur le net, on se passe le mot, on partage des liens, on commente, on les reblogue, et tout cela très rapidement, à tel point que le mouvement apparaît aux quatre coins du monde, relié notamment par des hashtags (#).

De l’action du web à celle de la rue
Tout près de chez nous, une voix s’élève sur le web, celle du collectif Stop Harcèlement de Rue en France, qui a son propre site, dans le même style qu’Hollaback, et est actif sur Facebook mais aussi sur Twitter et Instagram. Au-delà des témoignages, se mettent en place des projets tels que la création de «zones sans relou» qui visent à se réapproprier l’espace public à travers des actions sociales directement menées dans la rue.
En effet, «un des défis d’internet, c’est justement d’en sortir et de faire le lien avec la rue et la politique» (Thomas Mathieu). Si on voit de nombreux sites de pétitions en ligne ayant du succès, rares sont celles qui sont réellement prises au sérieux.
Pont que le collectif Stop Harcèlement de Rue cherche à faire entre l’espace web et la rue, en utilisant par exemple certains des dessins de Projet Crocodiles sur des flyers et en collant diverses affiches dans des lieux stratégiques afin de faire de la prévention directement en ville. En Belgique où le mouvement est également très présent, puisque c’est là que Sofie Peeters a pris la parole en 2011 avec son film «Femmes de la rue», le Planning familial a également pour projet d’utiliser le Tumblr de Thomas Mathieu pour en faire une brochure pédagogique.

Autrement dit, internet offre un bon moyen de diffusion et de sensibilisation à des questions sociales pour qui veut se donner plus de visibilité et toucher un grand nombre de gens. Seulement, au-delà de la sensibilisation et de l’information, il y a l’action. Et celle-ci ne peut pas se faire uniquement sur le web. Le schéma : on voit l’info, on en prend connaissance, on l’évoque au repas et puis on la jette à la poubelle, se répète trop souvent.

C’est pourquoi les acteurs en prévention se doivent de composer avec les différents enjeux liés à l’utilisation d’internet. Car comme tout milieu de socialisation important, il y a des avantages et des désavantages dont il faut tenir compte. Mais de plus en plus, on voit apparaître des campagnes de prévention toujours plus sophistiquées par leur présence sur les nouvelles plateformes interactives qui leur offrent notamment la possibilité d’organiser des rencontres et des manifestations de par le monde. Aujourd’hui, la sensibilisation par le web semble incontournable pour toute campagne de prévention ou de luttes contre les inégalités sociales.

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