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La durabilité à l'Unil
Parmi les travaux de recherches évoqués dans le Dossier du n° 222, nous vous parlions de l’action du dicastère Durabilité et Campus. En complément, voici la version complète de notre rencontre avec les deux adjoints Delphine Douçot et Julien Meillard, qui nous en apprennent un peu plus sur les moyens mis en œuvre afin d’assurer la durabilité à l’Unil.


© UNICOM : Géraldine Falbriard, Fabrice Ducrest
L'auditoire : De quoi est née la décision de la direction de l’Unil de placer la durabilité au cœur de ses préoccupations ? Y a-t-il eu un élément en particulier qui aurait déclenché une prise de conscience ?

Delphine Douçot : En fait, je crois qu’à l’origine il y a eu deux événements en parallèle. Il y a eu tout d’abord un rapport, Vertitude, qui a évalué la durabilité du service des bâtiments à l’époque, selon une méthodologie qui s’appelle OKpilot, et qui a mené à certaines constatations. Parallèlement, il y a eu également une demande du Conseil d’Etat pour que l’Unil établisse un Agenda 21 (un plan d’action en faveur du développement durable – ndr) de l’institution. Et suite à ce rapport Vertitude, combiné à cette demande du Conseil d’Etat, un premier groupe de travail s’est formé pour réfléchir à une vision globale de ce que pourrait être la durabilité pour une institution comme l’Unil. Ce groupe de travail a réussi à définir une vision, puis il a été mandaté une nouvelle fois pour pousser la réflexion un peu plus loin afin d’offrir une vraie stratégie à l’Unil pour y concrétiser la durabilité. Et je pense qu’une des pistes de cette stratégie consistait à l’ancrer relativement haut, notamment dans le plan d’intentions, puisque la durabilité est devenue l’un des dix objectifs prioritaires de ce dernier.

Julien Meillard : On peut donc remonter aux années 2009-2010, où coïncide l’aboutissement du premier rapport avec le renouvellement de la direction. Benoît Frund, qui était directeur d’Unibat, a été nommé vice-recteur Durabilité et Campus. Et c’est donc à son entrée en fonction en 2011 que la durabilité a été véritablement introduite à l’Unil, puisqu’elle entre dans les textes et que quelqu’un de la direction devient responsable de s’en occuper. Et la direction nomme également à ce moment-là une commission consultative de durabilité, formée de représentants de différents corps de l’Unil, qui travaille alors à constituer l’Agenda 21 (qui sera finalement rebaptisée Stratégie durabilité) dans les thématiques campus, enseignement, recherche et d’autres projets plus transversaux.

Quels sont les principales tâches et objectifs du Dicastère Durabilité et Campus ?

D. D. : Tout d’abord, il faut bien voir que le dicastère comprend, comme son nom l’indique, une part « durabilité » et une autre « campus ». Donc toute une partie de nos tâches a trait à la gestion pure du campus sans nécessairement y inclure des problématiques de durabilité. Puis, il y a l’autre pan qui est véritablement la promotion de la durabilité, non seulement dans la gestion du campus (ce qui fait donc un pont avec le premier pan), mais aussi dans l’enseignement et la recherche. Et on ne travaille pas toujours ces deux piliers à 50/50, parfois l’un demande plus que l’autre, c’est très fluctuant. Mais pour parler uniquement du pan durabilité, nous avons effectivement la Stratégie durabilité qui contient, divisé selon les trois catégories campus, enseignement et recherche, un certain nombre d’actions (pour 2014, il y en a 14) qui sont donc nos principaux projets.

J. M. : Et il s’agit souvent de propositions qui viennent de la commission, et les 14 actions sont validées par cette dernière, puis par la direction. Et au début de l’année qui suit, on rend des comptes sur l’avancement de ces différents projets. Tout est donc mis à jour chaque année. Et pour rebondir sur ce que disait Delphine tout à l’heure, c’est vrai qu’on a la chance d’avoir un grand impact sur la gestion du campus et on essaie donc d’insérer de la durabilité partout, même si ce n’est pas un projet de durabilité à l’origine. Par exemple quand on construit un nouveau bâtiment ou lorsqu’on fait une restauration, qui sont deux thématiques campus, on le fait dans une optique de durabilité.


Dr.
Quels sont les principaux domaines de l’Unil qui demandent à priori le plus d’attention quant à leur impact sur l’environnement ?

D. D. : En règle générale, les trois gros émetteurs de CO2 dans le monde sont l’énergie utilisée pour s’éclairer et se chauffer (l’électricité et le chauffage, donc), l’alimentation et la mobilité. Et il s’avère que c’est à peu près l’équivalent ici à l’Unil. En termes de gestion de l’énergie, ce qu’on essaie de faire, c’est déjà de mieux monitorer ce que l’on consomme, donc tâcher d’avoir plus de détails. Actuellement, il y a un monitoring uniquement par bâtiment, on aimerait donc l’avoir plutôt par activité dans le bâtiment. Nous aimerions également mettre en place une campagne de sensibilisation pour que les gens soient plus au courant de ce que représente telle consommation d’énergie en termes d’impact. Ces deux aspects, monitoring et sensibilisation, sont gérés par une personne qui a été engagée cette année sous l’égide d’un projet qui s’appelle « Unil à 2000 watts ». Avant ça, il y a tout de même eu plusieurs actions ponctuelles pour tenter de mieux gérer l’énergie, mais pas nécessairement de manière coordonnée et dont les effets n’ont pas forcément été contrôlés ou mesurés. Cette nouvelle personne responsable permet maintenant de le faire. Et en ce qui concerne l’alimentation, on a joué un rôle de conseiller auprès du gestionnaire de la cafétéria de l’Unithèque pour entretenir une collaboration à l’aide de Beelong, un outil développé par l’Ecole Hôtelière de Lausanne et qui permet d’évaluer l’impact des achats. L’année dernière, les restaurants universitaires ont donc mené deux évaluations de leurs achats qui ont mis en évidence certaines améliorations à apporter pour réduire l’impact des achats…

J. M. : Par exemple, faire plus attention à la saisonnalité des produits ou travailler des produits peu transformés. Mais ça a aussi mis en évidence plein de bonnes choses qui étaient déjà acquises. Beaucoup de produits sont choisis selon la saison, énormément de produits bruts qui viennent de la région et sont travaillés ici. Il y en a peu qui sont déjà prédécoupés ou congelés.

D. D. : Et de l’autre côté, le gestionnaire de la cafétéria de Géopolis, qui s’appelle SV Group et est donc un grand groupe spécialisé dans la restauration collective, a développé son propre outil, One Two We, lui permettant selon demande du client d’appliquer une politique de durabilité, comme viser des objectifs de saisonnalité, de transport de marchandise, de contenu en viande des menus, etc.

J. M. : Il y a donc toujours l’objectif de diminuer l’impact de la restauration, mais il faut également savoir que l’on met des contraintes sur les prix, puisqu’on fixe des maximums. Les restaurateurs doivent donc aussi prendre cet élément en compte dans leur application de la politique de durabilité.

D. D. : Ensuite, en termes de mobilité, on est en train de mettre en place un plan mobilité, qui concerne surtout les déplacements pendulaires et vise donc à promouvoir les transports publics et la mobilité douce pour réduire l’usage de la voiture. Puis, notre deuxième plan d’attaque serait de nous intéresser aux déplacements professionnels.

J. M. : Et ça concernerait donc précisément les collaborateurs de l’Unil et leur déplacement dans le cadre de leur travail : comment se rendent-ils à des séances en dehors de Lausanne, à des congrès, etc. ? On peut discuter sur le devoir de l’Unil de s’occuper de ces questions, mais toutes les entreprises le font, et nous sommes un énorme générateur de trafic dans toute l’agglomération, nous avons un gros impact sur les trains, les bus, etc. Nous devons donc nous intéresser à la manière dont les gens viennent ici pour pouvoir répondre à la demande. Donc voilà pour nos trois grands axes : approvisionnement énergétique, alimentation et mobilité.

D. D. : Et cette année, nous aimerions aussi nous pencher sur la politique des achats.


Dr.


Sur les 14 actions prévues par le plan durabilité pour 2014, combien ont déjà été achevées ?

J. M. : C’est difficile à dire lesquelles sont véritablement bouclées. Certaines le sont définitivement, comme la création d’un Master interdisciplinaire en transition écologique, mais pour les autres, si elles sont toutes déjà bien en route, de nouveaux objectifs s’ajoutent régulièrement.

D. D. : Souvent, on débute par un état des lieux qui nous pousse ensuite à faire autre chose. Par exemple, nous avons récemment mis sur pied un guide des événements durables pour les organisations de manifestations sur le campus. Cette première étape est terminée, mais il nous reste encore à étudier comment promouvoir ce guide au sein de l’Unil. Mais en ce qui concerne les 14 actions du plan, tout ce qui s’inscrit dans la catégorie enseignement est considéré comme achevé.

J. M. : Après, pour une partie des tâches, c’est à nous de nous en occuper de bout en bout, mais pour beaucoup, on initie le processus et les services de l’Unil se le réapproprient et le poursuivent.


© Schlierner - fotolia.com
Concernant l’étude de la gestion des flux de laboratoires de la FGSE, quels étaient les objectifs visés ?

D. D. : Dans un premier temps, pour l’aspect durabilité, il y avait la quantification des produits. Puis, pour l’aspect sécuritaire et sanitaire, nous voulions vérifier qu’en termes de stockage et d’élimination tout était fait de manière adéquate.

J. M. : L’objectif, c’était donc avant tout un état des lieux, pour avoir une vision globale de tout ce que faisaient les laboratoires. Au départ, nous pensions ainsi pouvoir centraliser les achats de tous ces labos en un même point, mais nous nous sommes rendu compte qu’il y avait trop de produits différents d’un labo à l’autre et qu’ils étaient employés dans des quantités minimes. La centralisation n’était donc plus pertinente. Par contre, ce qui est ressorti de l’étude, ce sont des problèmes de stockage – qui ont été passablement résolus depuis – et d’élimination, dus à un manque de connaissances des procédures d’élimination de déchets de la part du personnel responsable. Nous avons donc mis en place une meilleure communication et l’étude a donné naissance à un guide indiquant la marche à suive pour ces différents procédés. Et du coup, la centralisation s’est finalement faite sur la gestion des déchets plutôt que sur les achats.

La suite de l’étude devait s’appliquer au matériel informatique et au papier. A quel stade d’avancement est-elle ?

D. D. : Il y a eu une première étape de quantification que j’ai terminée cet été. Par la suite, nous aimerions vraiment pouvoir mettre en place une politique d’achats, ce qui nécessite d’identifier les acteurs concernés, d’étudier les solutions envisageables et de travailler avec la direction pour que cette politique d’achats soit véritablement intégrée dans le fonctionnement de l’Unil.

J. M. : L’idée serait donc que les différents services prennent en compte certains critères de durabilité dans leurs achats et puissent également rendre des comptes. Par exemple, le service informatique devrait inclure certains critères comme la durée de vie des ordinateurs, faire en sorte que ceux-ci soient utilisés le plus longtemps possible, remis à jour, etc.

D. D. : Ça ne veut pas dire que ces services ne font pas bien les choses à l’heure actuelle, mais nous voulons avant tout que ça fasse partie d’une politique officielle, qu’il y ait une référence quelque part.

J. M. : En règle générale, on voit que les services sont de plus en plus sensibilisés à la durabilité et ont plutôt tendance à aller dans la bonne direction, mais ça dépend tout de même des personnes. La personne en charge de la gestion du papier fait ça très bien, mais parce qu’elle est sensible à ces préoccupations. Si elle part, il n’y a rien d’écrit ou de formalisé qui assure que son remplaçant agira pareillement. C’est pour ça que nous essayons d’ancrer ces bonnes pratiques de manière « durable ».

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