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Culture
En string or not en string – La Comédie des erreurs au TKM
Rouge, subtilement dentelée… Il s’agit bien d’une petite culotte qui, mâchouillée à l’envi (oui), circule entre toutes les mains du début à la fin de La Comédie des erreurs de Shakespeare, mise en scène (culottée et jouissive) par Matthias Urban.




Dans La Comédie des erreurs, l’histoire se construit autour d’une paire de jumeaux, tous deux nommés Antipholus, ignorant leur existence mutuelle. Accompagnés de leur valet respectif, Dromio, jumeaux également, ils se retrouvent en même temps dans la ville d’Ephèse. L’un des Antipholus s’est marié avec Adriana, femme possessive, folle amoureuse et folle à lier. Lors d’une de ses crises de jalousie, destinée à son mari, adressée au jumeau, elle lui jettera sa petite culotte à la face. Déchaînée, elle se lancera dans d’abondants cris de vierge tragique à mourir de rire. Si nous pensions avoir tout vu, c’est que nous n’avions pas encore eu affaire à l’abbesse qui, entre deux "Alléluia", s’essaie au hard-rock et pince les fesses de ses alter-ego virils avec vigueur. Uniquement décrite sans intervenir sur scène, n’oublions pas la sensuelle cuisinière qui est « si grosse que tous les pays du globe figurent sur son corps ». Son « miam-miam », crié depuis les coulisses, résonne encore au fond du crâne. La sœur d’Adriana, Luciana, qui a la fâcheuse manie de toujours relever sa jupe (sous laquelle se trouve un petit sous-vêtement dont nous laissons le soin de deviner la couleur) et d’espionner la ville à l’aide de jumelles, complète notre panel remarquable de personnages féminins. Le côté masculin n’est pas en reste, comptant entre autres dans ses rangs un exorciste raté, un bijoutier désemparé, un créancier désespéré et deux paires de jumeaux ébahies. La mise en scène valorise tous les rôles (par ailleurs portés avec talent par l’intégralité des comédiens) et joue habilement sur les effets de dédoublement : les deux sœurs jouent une scène entière comme si elles étaient le reflet l’une de l’autre ; les deux musiciens accompagnant le spectacle portent les mêmes vêtements ; chaque paire de jumeaux est jouée par un seul comédien, se devant donc d’interpréter deux personnages différents et rivalisant d’ingéniosité lors des scènes où les deux frères sont ensemble. Le spectacle est empli d’énergie et d’humour et le rythme est si soutenu qu’il faut parfois éponger la sueur sur son front… Et quoi de mieux qu’une petite culotte rouge pour ce faire ?

On souffle un coup et on repart : la scénographie compte trois portes par lesquelles passeront tous nos personnages, se croisant, s’interpellant, se confondant, courant. Une quatrième porte s’ajoutera au lot, le tout donnant lieu à de fameux gags de porte tels que « et pif je te claque la porte au nez » ou « toc, toc, qui est là » ou « et v’la que j’m’enferme dans le couvent et que l’abbesse t’empêche d’entrer ». A ces enfantillages risibles se superpose un texte français qui, tantôt joué, tantôt chanté – nous offrant pour l’occasion de belles parodies de hard-rock ou de chanson d’amour – accueille à l’occasion quelques mots en allemand et en anglais, toujours là au bon moment pour nous faire rire. Certains parlent tellement qu’il faut les bâillonner. Et quoi de mieux qu’une petite culotte rouge pour ce faire ?

Après un silence, tout se relance. La tension monte, les quiproquos aussi. La petite place publique en bois, rappelant étrangement des tréteaux de théâtre, entendra encore claquer bien des talons et des portes avant la chute. Mais cette agitation ne troublera jamais le ciel de nuages blancs peint en fond de scène, partie intégrante d’un décor intemporel. Intemporel comme le comique de cette pièce, comme les tréteaux, le ciel et, surtout, les petites culottes rouges. Longue vie à Shakespeare !


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