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Culture
Nouveau départ
Star Trek Beyond
De Justin Lin | Science-fiction
Avec Chris Pine, Zachary Quinto et Simon Pegg



Avec le premier Star Trek de 2009, J. J. Abrams et son équipe proposaient un excellent reboot qui, malgré quelques incartades aux fondamentaux de la série d’origine, lui redonnait indéniablement une prestance après plusieurs écarts cinématographiques fort dommageables. Hélas, quatre ans plus tard, ce renouveau était tempéré, voire contredit, par Star Trek Into Darkness, relecture ratée qui n’avait définitivement plus grand chose à voir avec la création de Gene Roddenberry.

En 2016, année des cinquante ans de la franchise, le troisième opus de cette nouvelle série se devait, sinon de marquer le coup en grandes pompes, tout au moins de remonter la pente. Parti dans une galaxie lointaine, Abrams laissait la place à Justin Lin, réalisateur de la plupart des Fast & Furious, tandis que Simon Pegg, interprète de Montgomery Scott dans les deux précédents films, remplaçait les scénaristes Roberto Orci et Alex Kurtzman en compagnie de son ami Doug Jung. Soit un cinéaste compétent, qui n’avait pas encore démontré de véritable personnalité mais avait tout de même su faire d’un univers beauf et ringard une franchise d’action fun et poilante, épaulé par un scénariste indéniablement passionné qui, dans ses travaux les plus aboutis comme dans les plus faibles, reste un geek sincère et jamais racoleur. On pouvait donc espérer de ce Star Trek Beyond qu’il soit moins prétentieux que son prédécesseur et plus proche du matériau de base, moins centré sur l’esbroufe et plus préoccupé par son histoire. Lin ayant encore tout à prouver en dehors de Fast & Furious et Pegg n’étant jamais aussi bon que lorsqu’il fait équipe avec Edgar Wright, il était néanmoins évident que ce nouveau volet n’allait pas non plus atteindre la profondeur métaphysique du premier film de 1979, ni même sa beauté fascinante. On était simplement en droit d’attendre un blockbuster honnête, bien fait, humble et attachant. Et c’est exactement ce qu’est Star Trek Beyond. Ni plus, ni moins.


Into Darkness multipliait les pirouettes scénaristiques sans jamais prendre le temps de poser clairement ses enjeux de base et ne faisait qu’enchaîner scènes d’action et instants de suspense factice, au détriment des personnages et de leur développement esquissé en introduction. Empruntant de nombreuses voies identiques, Beyond les parcoure avec bien plus de succès.

Into Darkness n’assumait jamais la relecture de Star Trek II : La Colère de Khan, se cachant derrière un faux mystère – malhonnêteté que l’on retrouvait d’ailleurs récemment dans le scénario du dernier James Bond (mais puisqu’on vous dit que ce n’est pas Blofeld… Ah, en fait, si !). La révélation complète de Khan était retardée et son statut sans cesse remis en question, tout ça pour que son ambiguïté morale soit finalement annulée par la résolution bête et simpliste. Beyond invoque également un méchant motivé par la vengeance mais lui attribue des motivations bien plus simples et posées dès le départ. Quand bien même on garde également la révélation complète de sa nature pour le dernier acte, l’antagoniste est néanmoins établi suffisamment tôt pour amorcer le récit correctement.

Into Darkness, comme à peu près tous les travaux de J. J. Abrams, usait du vieux principe du MacGuffin pour construire son intrigue. Mais si l’on se fichait au final de savoir exactement ce qu’était « la patte de lapin » dans Mission : Impossible III, si l’utilisation de Luke comme symbole d’un passé disparu légitimait Star Wars VII de fort belle manière, le twist organisé autour des mystérieuses torpilles à photon était aussi absurde que mal exécuté (on a connu plan plus sensé que celui de l’Amiral Marcus pour éliminer Khan…). L’intrigue de Beyond se construit sur une forme éculée de MacGuffin (une arme ancienne capable d’annihiler toute existence), mais assume sa simplicité (les origines exactes de l’artefact n’ont aucune importance) et s’en sert pour nourrir de véritables enjeux.


Into Darkness entendait remettre en cause la cohésion de l’équipage de l’Enterprise, mais se perdait en raccourcis foireux (la démission de Scotty) et contresens regrettables (Spock qui n’avait plus rien du Vulcain que l’on connaît, Kirk dont on niait la maturité acquise durant le premier film et qui redevenait un gamin irresponsable). Ainsi, le discours avait beau nous marteler ses considérations sur la famille et les liens censés unir les personnages, jamais ne ressentait-on réellement cette forte dynamique et les enjeux émotionnels devant en découler. Beyond, quant à lui, s’il néglige quelques développements (la vie de famille de Sulu, la relation entre Spock et Uhura), a néanmoins la bonne idée de séparer l’équipage au début de l’aventure. Le récit peut alors se concentrer avec équité sur chacun de ses membres, répartis en binômes offrant de belles interactions : Kirk collabore avec Tchekov, Spock avec McCoy, Uhura avec Sulu, tandis que Scotty se retrouve à devoir faire équipe avec une mystérieuse extraterrestre.

Into Darkness introduisait au chausse-pied le personnage de Carol Marcus, grand amour de Kirk dans La Colère de Khan qui était alors réduite à simple potiche aux motivations incompréhensibles (sa relation avec son tyran de père étant traitée par-dessus la jambe). Délaissant volontairement cette figure bien bancale, Beyond préfère proposer un personnage féminin inédit avec Jaylah, orpheline adepte des arts martiaux qui trouvera en l’équipage de l’Enterprise une potentielle famille. Une nouvelle arrivante crédible et attachante que l’on reverrait volontiers dans un prochain film.


Into Darkness faisait marche arrière après le final prometteur du premier opus, remettant tout en cause et restreignant ses enjeux à la seule planète Terre (paradoxalement, le seul personnage qui semblait s’intéresser au reste de l’univers était l’Amiral Marcus, soit l’un des antagonistes…). Beyond part pour de bon explorer des mondes inconnus et s’interroge à nouveau sur l’ultime frontière et ce qui se trouve au-delà. S’il ne va pas bien loin dans son exploration, il réveille en tout cas la soif d’aventure et de découverte, là où son prédécesseur s’achevait sur une incertitude (voire même une peur) quant à l’avenir.

Into Darkness prétendait être plus intelligent que La Colère de Khan en en reprenant les éléments-clés mais en les réarrangeant au sein d’un scénario pétaradant, roublard et, ultimement, creux. Loin d’incarner une résurrection flamboyante de la vénérable franchise, Beyond a le mérite de ne pas péter plus haut que son cul, de simplement s’en tenir à ce qu’il promet et de tenter, parfois maladroitement mais toujours avec sincérité, de rendre hommage à l’univers qu’il investit.

En bref, Beyond ressemble bien plus à un Star Trek qu’Into Darkness. Et ça, c’est déjà pas mal.

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