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Culture
Personnalité trouble
Suicide Squad
De David Ayer | Action
Avec Will Smith, Margot Robbie et Jared Leto



Il était naturel d’espérer que Suicide Squad apporte du sang neuf dans l’univers des superhéros sur pellicule. La série de comics à son origine avait déjà donné lieu à une excellente adaptation animée et promettait, avec son association forcée de supervilains luttant pour le bien, d’offrir tout au moins un angle rafraîchissant dans la triste homogénéité actuelle. La présence derrière la caméra de David Ayer, cinéaste au style plus sec et moins ampoulé que celui de Zack Snyder, pouvait également entraîner un changement bienvenu. Il était naturel de l’espérer, mais également, sans doute, un peu naïf.

Quelques mois en arrière, la Warner se prenait une volée de bois vert pour le ton trop pontifiant de sa dernière production DC Comics, Batman v Superman. Soucieux de corriger le tir pour la suite, le studio faisait comme à chaque fois qu’une de ses nouvelles tentatives échoue et décidait d’imiter la concurrence. La mise en chantier de Suicide Squad était alors prolongée de reshoots supplémentaires visant apparemment à rendre le film plus fun et léger.

Nous l’évoquions à sa sortie en salles, l’échec de Batman v Superman était, selon nous, moins dû à son absence d’humour qu’à l’incapacité de son réalisateur à mettre correctement en scène ses enjeux en leur offrant la consistance nécessaire. S’agissant des superhéros, tous les tons sont possibles. De la même manière que, bien dosé, le décalage humoristique peut être littéralement mis au service de la construction de ces figures, le sérieux inaltérable peut quant à lui leur apporter l’ampleur dramatique qu’ils méritent. Tout est une question d’équilibre, l’important étant d’assumer le ton choisi dans l’optique qui convient. Dans le cas de Batman v Superman, le problème résidait non pas dans le premier degré pur et dur de son script, mais dans la vacuité de sa mise en œuvre. Récemment, le Youtuber Nerdwriter résumait parfaitement la chose : le plus grand travers de Zack Snyder, et par conséquent celui de DC, reste une obsession pour les « moments ». En résulte une accumulation de plans iconiques au détriment d’une véritable construction dramaturgique ; on balance tout plein d’images chocs à la face du spectateur, mais on ne l’investit jamais dans l’histoire.


Evidemment, la volonté tardive de lorgner du côté de Marvel et de faire de Suicide Squad un actioner fun et décalé façon Gardiens de la Galaxie ne règle aucunement ce problème. Dès les premières minutes, on constate que ce dernier est simplement déplacé ailleurs : la présentation des antihéros au cœur de l’intrigue se fait ainsi par un montage chaotique de séquences enquillées trop rapidement et accompagnées par une overdose de vieux tubes censés assurer au film un esprit cool et badass. Las, cette introduction ressemble plus à un « résumé des épisodes précédents » de série télé qu’à une mise en place solide et cohérente des caractères et enjeux à venir. La suite du récit souffre malheureusement du même écueil : une succession de scènes déconnectées les unes des autres, que l’on regarde de façon complètement détachée.

Pour construire efficacement ses personnages, le récit doit pouvoir se poser et laisser au spectateur le temps de vivre de vraies scènes plutôt que des clips bordéliques empêchant toute immersion dans la diégèse. Peu d’images sont nécessaires, tant qu’elles sont arrangées intelligemment : dans l’adaptation animée, un seul plan sur une photo de Deadshot en compagnie de sa fille suffisait à expliquer les motivations du personnage. Ici, de nombreux flashbacks tentent de donner de l’épaisseur aux protagonistes, mais leur ordre aléatoire et les trop nombreux « ajouts cool » bloquent l’identification et donc l’émotion. Ainsi en est-il de Deadshot, dont le lien avec Batman aurait mérité d’être mieux exploité, de même que pour El Diablo, dont on n’explique le trauma initial que bien trop tard.


S’il ruine quantité de ses promesses, Suicide Squad accomplit néanmoins quelques bonnes choses. Le choix de la menace est maladroit (sa mise en place nécessitant beaucoup trop de temps), mais la dynamique du groupe de vilains fonctionne malgré tout. Les personnages sont trop nombreux pour se voir tous développés suffisamment, mais certains se révèlent tout à fait crédibles. Si le Joker version gangsta tatoué et bardé de chaînes en or fait peine à voir en plus d’être inutile au récit, Harley Quinn est une franche réussite, réellement drôle et ambigüe comme il faut.

Indéniablement, le film possédait un véritable potentiel, que l’on distingue à partir d’un instant précis : la fameuse scène du bar, aperçue dans les trailers, durant laquelle le récit se pose enfin, se recentre pour de bon sur ses personnages et apporte finalement des enjeux émotionnels consistants. Abandonnant les vannes et le cool ostentatoire, la dernière demi-heure donne alors à voir un autre film, bien plus intéressant. Ce qu’aurait pu être Suicide Squad s’il s’était appliqué à raconter une histoire plutôt que de tenter à tout prix d’épater la galerie.

A l’instar de Batman v Superman, ce nouvel opus est un gâchis de plus et confirme que l’espoir est définitivement vain concernant l’univers DC Comics au cinéma. Chaque projet a beau partir sur de très bonnes bases, ces dernières se voient immanquablement dévoyées par de très mauvais choix. On peut bien se réjouir de Wonder Woman, dont les premières images sont plutôt prometteuses, du nouveau Batman confié à Ben Affleck lui-même, ou du futur Aquaman mis en scène par James Wan ; on sait que tout ce petit monde se retrouvera d’abord devant la caméra insipide de Zack Snyder pour Justice League. Et sans surprise, le récent teaser de cette réunion consiste principalement en une série de punchlines, démontrant qu’à présent les aventures de Superman et consorts se calqueront bel et bien sur le modèle Avengers. A moins qu’une nouvelle volée de bois vert ne force un revirement ?

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