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Culture
NIFFF 2016 - Bilan
L'édition 2016 du Neuchâtel International Fantastic Film Festival s'est terminée ce samedi 9 juillet. Une fort belle cuvée, marquée par la présence du Maître de l'Horreur John Carpenter, mais également par de très nombreuses pépites que l'on attendait pas forcément. Cette année, plutôt que de vous lister toutes les projections auxquelles nous avons assisté, il nous semblait plus intéressant de nous concentrer sur nos coups de cœur. On ne parlera pas ici de Carpenter (on se contentera de vous rappeler la nécessité de visionner absolument tous ses films au moins une fois dans sa vie), mais uniquement des découvertes immanquables que nous a offertes cette seizième édition.




Los Parecidos (The Similars)
De Isaac Ezban | Huis-clos / Fantastique
Avec Luis Alberti, Carmen Beato et Fernando Becerril


Dans une petite bourgade d'un Mexique balayé par une pluie torrentielle, un groupe d'individus trouve refuge dans une gare routière, espérant embarquer à bord d'un bus qui tarde à arriver. Tandis que l'attente se fait de plus en plus longue, des phénomènes étranges commencent à apparaître.

Il serait criminel de révéler quoi que ce soit de plus sur l'intrigue de Los Parecidos. Tout ce qu'il y a à savoir, c'est que le film se pose en hommage énamouré aux histoires fantastiques des sixties, tout particulièrement Twilight Zone. Le récit démarre d'ailleurs de la même manière qu'un épisode de la célèbre série de Rod Serling, avec un narrateur présentant les personnages et annonçant leur terrible destin. Fourmillant de références parfaitement digérées, Los Parecidos propose une véritable plongée dans le passé, tant en termes d'image (maquillages en dur, filtres aux couleurs désaturatées) que de scénario (récit en huis-clos où l'étrangeté mène à la paranoïa). Absurde, grotesque et, au final, terrifiant, l'élément fantastique se révèle tout simplement brillant dans son concept. Indéniablement passionné et incroyablement jouissif, Los Parecidos est un hommage réussi et réjouissant.




Parents
De Christian Tafdrup | Drame / Fantastique
Avec Miri-Ann Beuschel, Bodil Jørgensen et Søren Malling


Un couple voit son quotidien bouleversé le jour où son fils quitte le nid familial. Face à une crise existentielle, les deux époux se réfugient dans leurs souvenirs de jeunesse. Mais lorsqu'ils réemménagent dans l'appartement de leurs années d'études, cette rassurante régression prend un tournant aussi inattendu que dramatique.

Là aussi, mieux vaut ne pas trop déflorer l'élément fantastique de Parents. Le moins que l'on puisse dire, c'est que, si le glissement vers l'irréel prend son temps, il est employé avec pertinence et atteint un extrême aussi surprenant que parfaitement malsain. Assumant son concept jusqu'au bout, traitant sa thématique avec autant de radicalité que de justesse, Parents est une chronique familiale dérangeante, drôle et touchante. Le Jury Méliès ne s'y est pas trompé en lui accordant le prix de Meilleur long métrage européen de ce NIFFF 2016.




Detour
De Christopher Smith | Film noir / Thriller
Avec Tye Sheridan, Bel Powley et Stephen Moyer


Persuadé qu'il est responsable du comas de sa mère, un jeune homme projette d'assassiner son beau-père en s'associant avec un malfrat et une strip-teaseuse. Mais tout ne va évidemment pas se dérouler comme prévu.

Pour son grand retour au NIFFF six ans après l'excellent Black Death, le britannique Christopher Smith signe un film noir pétri d'influences, à l'imagerie splendide et au récit retors. A nouveau, l'auteur de Triangle prend son spectateur à revers grâce une narration alambiquée et un concept roublard exécuté avec brio. Par son utilisation ingénieuse du split-screen et du montage alterné, sa mise en scène illustre ainsi ce que ces procédés peuvent avoir de trompeurs. Exercice de style maîtrisé mis au service d'un passionnant récit sur le choix et ses conséquences, Detour est un nouveau bijou d'écriture et de réalisation.




Mi Gran Noche
De Álex de la Iglesia | Comédie noire
Avec Raphael, Mario Casas et Hugo Silva


L'enregistrement d'une émission du Nouvel An est compliqué par des stars capricieuses, des techniciens incompétents et des figurants trop passionnés. Et ce ne sont pas les violentes émeutes populaires surgissant à l'extérieur du studio qui vont arranger les choses.

Après Mort de rire, Álex de la Iglesia revient avec une nouvelle satire violente sur le monde de la télévision. Mais s'il illustre comme à son habitude avec beaucoup d'humour noir et un cynisme glaçant l'aspect factice et amoral de cet univers, son récit dépasse bien évidemment le simple cadre télévisuel. Avant tout, Mi Gran Noche nous montre un microcosme enfermé et isolé de l'apocalypse naissante, dans lequel un monsieur tout le monde joue littéralement "un figurant" et n'aspire à rien d'autre ("on doit rester là et faire ce qu'on nous dit!"). A un rythme effréné, le cinéaste espagnol nous balade dans sa galerie de personnages hystériques, tantôt attachants, tantôt répugnants, souvent pitoyables. On rit, on grince des dents, on savoure.




Baahubali : The Beginning
De S. S. Rajamouli | Action
Avec Prabhas, Rana Daggubati et Anushka Shetty


Recueilli lorsqu'il n'était qu'un nouveau né par un petit village situé au pied de gigantesques chutes d'eau, Baahubali est appelé à renverser le tyran qui retient sa véritable mère et occupe le trône qui lui revient de droit.

Trois ans après l'inénarrable Eega, S. S. Rajamouli revient au NIFFF pour tout casser avec un blockbuster pour le moins over the top. Baahubali, c'est le film de tous les excès : héros invincible et surpuissant iconisé à outrance dans des contreplongées au ralenti sur de la grosse musique, batailles homériques dans lesquelles des milliers de soldats numériques s'écharpent jusqu'à plus soif... Les règles élémentaires de la physique n'ont plus cours, l'important c'est que ça pète à l'écran : on arrête des taureaux à mains nues, on escalade des falaises les doigts dans le nez, on traverse les flammes le sourire aux lèvres. Ah, et y a même des chansons. Premier volet d'un diptyque gargantuesque, Baahubali est la définition même de l'épique.




Late Shift
De Tobias Weber | Thriller
Avec Joe Sowerbutts, Haruka Abe et Richard Durden


Embarqué malgré lui dans le vol d'un objet d'art, un jeune gardien de parking devra faire face à une série de choix dont dépendront sa vie mais également celles de tous ceux qui croiseront sa route.

Nous l'évoquions en compagnie de son réalisateur, Late Shift se présente comme le premier véritable film interactif. Le principe est simple : à l'entrée de la salle de cinéma, le spectateur installe sur son smartphone l'application CtrlMovie. Durant le film, s'affichent sur l'écran de son appareil des options à sélectionner qui correspondent aux choix auxquels se trouvent confronté le héros. L'intrigue s'oriente alors dans un sens ou dans l'autre selon les votes du public : choisir d'aider gratuitement la fille qui vous demande d'emprunter une Maserati ou marchander pour lui soutirer de l'argent ? Participer volontairement au casse ou dénoncer les truands ? Sauver la rescapée d'un accident ou l'abandonner sur place ? Cent-huitante points de décisions et sept fins différentes, voici ce que propose Late Shift. Dans la version à laquelle nous avons assisté, nous pourrions regretter une intrigue un peu bancale dans certains retournements de situation et qui aurait pu pousser plus loin son propos, pertinent dans ce contexte, sur le choix et ses conséquences. Néanmoins, cela n'enlève rien à l'intérêt premier du système CtrlMovie : comme l'évoquait Tobias Weber, l'interactivité crée indéniablement un autre rapport entre les spectateurs, une sorte de concurrence amusée, une complicité. On rit lorsque la majorité opte pour l'option vénale, on proteste lorsqu'elle décide de revenir dans la droit chemin. Une nouvelle expérience, encore perfectible, mais que l'on espère bien voir faire des émules.




Desierto
De Jonás Cuarón | Survival
Avec Gael Garcia Bernal, Jeffrey Dean Morgan et Alondra Hidalgo


Alors qu'ils tentent de traverser la frontière des Etats-Unis, des clandestins sont pris en chasse par un redneck et son chien. Une course-poursuite haletante s'engage alors dans l'aride désert mexicain.

Avec Gravity, Alfonso Cuarón livrait un survival définitif. Pour son premier long-métrage, son fils Jonás investit le même genre, mais dans un autre cadre : en lieu et place du froid et de l'obscurité de l'espace, l'aventure nous fait ici traverser la chaleur écrasante du désert. Dans son errance spatiale, Sandra Bullock retrouvait une raison de vivre après la perte de sa fille ; quant à lui, Gael Garcia Bernal traverse cette désolation étouffante pour rejoindre son fils. S'il n'est évidemment pas aussi brillant que Gravity dans son exécution, Desierto se révèle empreint de la même profession de foi : un point de départ simple qui, grâce à un traitement viscéral, sert à évoquer des choses bien plus grandes. Soulignée par la musique, rare mais fascinante, composée par Woodkid, l'imagerie se fait elle aussi contemplative, illustrant à la fois la beauté et le vide terrifiant de ces paysages. Minimaliste, sec, efficace, Desierto est un premier film plus que prometteur.




Swiss Army Man
De Dan Kwan et Daniel Scheinert | Comédie / Survival
Avec Daniel Radcliffe, Paul Dano et Mary Elizabeth Winstead


Naufragé sur une île déserte, un jeune homme s'apprête à mettre fin à ses jours lorsqu'il remarque qu'un cadavre vient de s'échouer sur la plage. Un cadavre qui se met soudain à... péter. Et qui se révélera capable de bien d'autres choses.

Pour terminer, on reste dans le survival avec ce qui fut notre dernière projection au NIFFF, mais également l'une des plus belles. Récompensé par le Prix de la critique internationale, le Prix Imaging the Future et le Prix RTS du public, Swiss Army Man est une véritable claque. S'il a déjà beaucoup fait parler de lui sur son seul pitch (Daniel Radcliffe dans la peau d'un zombie qui pète), le film se révèle être en réalité bien plus que ce simple concept potache. Oui, le film est une comédie réjouissante dans laquelle un gars paumé survit dans la nature en utilisant un cadavre de mille façon différentes, toutes plus absurdes et inventives les unes que les autres. Mais au-delà de cela, le récit est aussi celui d'un être esseulé et sur le point de se suicider, qui va réapprendre la vie à un mort et par-là retrouver lui-même goût à l'existence. Doté de très belles scènes musicales (formidable référence à Jurassic Park !), Swiss Army Man est une aventure galvanisante, positive, incroyablement drôle et étonnamment touchante. Une oeuvre qui illustre à merveille toute l'étrangeté, la richesse et la beauté que peut offrir le cinéma de genre.

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