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Culture
Mémoire de nos pairs
Le Monde de Dory
D’Andrew Stanton | Animation



Assurément, on l’attendait ce Monde de Dory. D’abord, parce que Pixar était enfin revenu au top de sa forme avec ses deux dernières productions (Inside Out et The Good Dinosaur). Ensuite, parce que ce nouveau film signe le retour à l’animation du talentueux Andrew Stanton après le douloureux échec de sa première réalisation live, l’excellent John Carter. Enfin, parce que le cinéaste revient ici à son premier succès (Le Monde de Nemo lui avait valu un Oscar), prenant le pari risqué de donner, plus de dix ans après, une suite à un chef-d’œuvre qui n’en appelait pas nécessairement.

Après le jeune Nemo, c’est donc au tour de Dory de disparaître. Luttant tant bien que mal contre ses troubles de la mémoire immédiate, le poisson-chirurgien voit, suite à un incident, ses souvenirs ressurgir peu à peu. Déterminée à retrouver son passé, elle se lance à la recherche de ses parents, forçant Marin et Nemo à la suivre dans une nouvelle aventure semée d’embûches et de rencontres improbables.

Au vu de son héritage et des récentes claques que nous avait offertes le studio à la lampe, on ne pouvait qu’attendre impatiemment ce Monde de Dory. Néanmoins, il était difficile de ne pas éprouver une légère crainte quant à la pertinence de cette séquelle : au sein d’une franchise, l’idée de faire du sidekick comique du premier film le héros du second est toujours risqué. Ce genre de personnage fonctionne lorsqu’il accompagne le protagoniste et est utilisé comme élément perturbateur, mais il n’a pas forcément les épaules pour être catapulté en tête d’affiche. En témoigne Cars 2, qui mettait précisément Flash McQueen de côté pour ramener le gaffeur Martin sur le devant de la scène : le contrepied était intéressant mais ne tenait pas la longueur, le film gagnant en humour ce qu’il perdait en intensité dramatique.


Ici, comme le titre l’indique, Stanton refait donc Le Monde de Nemo en inversant les rôles du jeune poisson-clown et celui du poisson-chirurgien aux troubles mémoriels. Dans sa première demi-heure, cette suite souffre de ce choix : rejouant à l’identique des situations du premier film (la menace lumineuse tapie dans l’obscurité) et réinvitant des figures connues de manière un peu forcée (la tortue Crush), l’introduction fait quelque peu redite. Lorsque Dory se retrouve seule, on croit alors assister à l’effet Cars 2 : le jeu sur les pertes de mémoire de l’héroïne est étiré à travers une succession de vannes certes efficaces, mais qui font, de fait, quelque peu stagner le récit.

Heureusement, passées ces premières minutes en demi-teinte, le film balaie enfin toutes les craintes et prouve la pertinence de ses choix. Evitant judicieusement de s’embarquer, comme on le prévoit, dans une seconde exploration de l’océan, le scénario préfère changer drastiquement de paysage en migrant en intérieur. Ainsi, la majorité de l’intrigue se déroulera au sein d’un institut de biologie marine. Si ce virage pourra décevoir ceux qui attendaient d’être une nouvelle fois scotchés tout du long devant l’étendue océanique, il offre néanmoins un contrepied bienvenu : le décor reste varié et permet surtout de jouer sur des situations plus délirantes.

Le trio séparé, le récit prend alors véritablement son envol et arrive à proposer une relecture du premier film sans tomber dans la répétition ni la redondance. Seule, Dory rencontre de nouveaux compagnons de route avec qui elle crée une nouvelle dynamique et débute pour de bon son passionnant périple initiatique. En parallèle, Marin et Nemo entament leur propre parcours pour retrouver leur amie, et ce dans une interaction elle aussi redéfinie. Le Monde de Nemo racontait la quête d’un père trop protecteur forcé d’affronter ses peurs pour retrouver son fils. Plongé dans l’inconnu, ce dernier parvenait quant à lui à surmonter son handicap et s’affirmer. Le père acceptait alors enfin de laisser son fils vivre pleinement (comme le lui disait sa compagne d’infortune : « Si tu fais en sorte qu’il ne lui arrive jamais rien, alors il risque de ne jamais rien lui arriver. »)


Pixar a toujours raconté l’histoire d’inadaptés qui doivent quitter leur maison pour trouver leur place dans le monde. Ici, Dory prolonge logiquement le parcours de Nemo. En effet, cette séquelle ne raconte rien d’autre que l’histoire d’une handicapée qui peine à s’adapter et part à la recherche de son passé pour réparer son présent. Sur son chemin, l’héroïne rencontrera d’autres « freaks » qui l’aideront dans sa quête, trouvant là le moyen de s’accomplir eux-mêmes. Proposant de vrais beaux personnages (le poulpe Hank se voit doté d’un arc pour le moins touchant), Le Monde de Dory se fait le récit d’individus « incomplets » qui parviendront à s’en sortir par la seule union de leurs forces.

Esquivant l’unique écart de son prédécesseur (un humour un peu trop hystérique par instant), cette suite nous gratifie une nouvelle fois de personnages déjantés, croisés au passage à l’occasion de gags qui ne manquent jamais de faire mouche, et se révèle particulièrement rôdée dans sa gestion du timing comique. Parfaitement rythmée, l’expédition au cœur de l’Institut de la Vie Marine enchaine les scènes mémorables, fourmillant d’hommages réjouissants à différents genres du septième art et d’idées visuelles aussi inattendues que jubilatoires.

S’il propose donc une aventure ébouriffante, Le Monde de Dory n’en oublie pas moins, comme tout bon Pixar qui se respecte, d’offrir du vrai drame. Le premier opus s’ouvrait sur la mort brutale de Corail, la compagne de Marin. Cette suite débute par un nouvel événement traumatique en narrant la perte de ses parents par l’héroïne et illustre frontalement le tragique de sa condition : seule, perdue, la petite Dory est incapable de se souvenir de ce qu’elle cherche ni de trouver quelqu’un pour l’aider. Tout au long du récit, le jeu sur ses souvenirs et la lente reconstruction de sa mémoire seront habilement menés, assurant une belle progression dramatique. Encore une fois, on ose mettre de côté la légèreté et prendre le temps de se concentrer sur les personnages, les faire douter, s’engueuler et même vouloir renoncer.

Le Monde de Dory le confirme donc bien heureusement : malgré ses précédents passages à vide, Pixar reste toujours un studio à part et continue d’incarner cet idéal auquel devrait tendre tout film s’adressant au plus grand nombre. Un univers coloré et foisonnant, des personnages drôles et attachants, au service d’une histoire forte aux thèmes universels.

Et puis, après tout, un film où les problèmes sont finalement résolus par des câlins ne peut qu’être bénéfique à l’heure actuelle.

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