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Culture
Juste la fin du monde
X-Men : Apocalypse
De Bryan Singer | Action
Avec James McAvoy, Michael Fassbender et Jennifer Lawrence



Il y a quelques semaines, nous évoquions l’avenir incertain des superhéros au cinéma. Tristement, tandis que les adaptations de comics s’enchaînent à une fréquence de plus en plus élevée, les prises de risque et tentatives originales, elles, s’amenuisent. Marvel récupère progressivement les droits de ses créations vendues ailleurs (Spider-Man) pour les inclure dans son moule Avengers, et ses concurrents, DC en tête, s’alignent sur le même modèle. Encore propriété de la Fox à l’heure actuelle, la franchise X-Men a toujours su se démarquer du tout-venant.

La profusion de superhéros sur grand écran a d’ailleurs été amorcée par le premier opus de Bryan Singer en 2000, le succès de ce dernier ouvrant la voie aux Spider-Man, aux Dark Knight et, malheureusement, aux Avengers. Mais si la majorité de la production s’est peu à peu engouffrée dans la facilité et, surtout, la médiocrité, la saga des mutants est restée parmi les plus intéressantes du genre. Personnages attachants et creusés, intrigue traitée avec sérieux et agrémentée d’un propos ambitieux, casting solide et mise en boîte soignée ; il n’est pas étonnant que le premier volet ait fait mouche et relancé l’intérêt du grand public pour les superhéros. Cédant sa place après le second épisode pour aller tourner Superman Returns, Bryan Singer a malheureusement vu ce qu’il avait mis en place être perverti : piètrement réalisé par Brett Ratner, X-Men 3 bâcle tous ses enjeux, néglige ses personnages et conclut la trilogie sur une triste impression de gâchis.

La bonne idée de la Fox (ça leur arrive) est alors de rebooter la franchise. Remettant les compteurs à zéro, l’excellent First Class de Matthew Vaughn (assurément le meilleur opus) démarre une seconde trilogie pleine de promesses et donne à Singer une seconde chance : grâce aux jeux temporels, Days of Future Past lui permet ainsi de revenir à ses personnages et tenter de réparer les méfaits de l’opus de Ratner. Avec Apocalypse, le cinéaste boucle la boucle, signant une conclusion à l’image de la franchise dans son ensemble : imparfaite, mais respectable.


Le principal souci de ce volet se révèle caractéristique des fins de saga : l’envie de terminer en beauté qui entraîne un véritable chaos narratif. A l’instar d’un Spider-Man 3, X-Men : Apocalypse souffre d’un trop grand nombre d’intrigues parallèles. En deux heures trente, on doit non seulement voir l’antagoniste En Sabah Nur enrôler ses « Quatre Cavaliers de l’Apocalypse » et mettre en place la fin du monde pendant que les mutants s’organisent face à lui, mais également quantités de petits arcs censés travailler en profondeur certains personnages. Mystique devient une icône, Magnéto tente la vie de famille, Jean Grey et Scott Summers se rencontrent et apprennent mutuellement à maîtriser leur pouvoir, Charles Xavier renoue avec un amour perdu et Quicksilver s’interroge sur son père. Toutes ces sous-intrigues possèdent un indéniable potentiel, malheureusement bien peu ont l’espace nécessaire pour aller pleinement au bout de leurs enjeux émotionnels.

Néanmoins, ce trop-plein apparaît plus comme une réelle envie de bien faire que comme un simple calcul visant à satisfaire les fans. Même s’il n’a pas le temps de s’y attarder suffisamment, Singer traite ses personnages avec une vraie sincérité, laissant transparaître un amour pour eux qui n’a pas décliné depuis le premier film de 2000. Soucieux de laisser la place à chacun, il se perd dans une narration trop ambitieuse, mais parvient tout de même à apporter une réelle nouveauté dans la caractérisation de certaines figures connues. Ainsi en est-il de l’utilisation de Mystique comme symbole d’espoir pour l’avenir mutant, de l’intéressant dilemme auquel Magnéto se retrouve confronté, ou même de l’apparition éclair de Wolverine, qui redevient une bête terrifiante encore à la recherche de son humanité.

Indéniablement, la nouvelle chronologie amorcée par First Class est assez bordélique et la cohérence entre les différents opus est un peu bancale, mais après tout le principe de relecture est inhérent à l’univers des comics. C’est en s’autorisant à réinventer ces franchises que l’on peut les renouveler et, ainsi, leur permettre de perdurer. Et quand bien même l’exécution est parfois maladroite, on aime autant ça que la continuité forcée et tristement redondante des productions Marvel.


En termes d’imagerie également, Apocalypse est assez inconstant. La direction artistique manque de rigueur (certains costumes, décors ou SFX frôlent franchement le kitsch), mais la mise en scène offre quelques beaux moments. Loin d’atteindre le talent d’un Matthew Vaughn (qui parvenait avec un simple travelling à illustrer avec force le basculement de Magnéto), Bryan Singer a néanmoins toujours su proposer de vraies idées visuelles (par exemple, l’insertion de « plans amateurs » renvoyant à l’assassinat de Kennedy dans Days of Future Past). Ici, s’il recycle la fameuse scène de course de Quicksilver dans une séquence certes fun mais légèrement hors de propos, le cinéaste surprend régulièrement par des morceaux de bravoure inventifs et réjouissants : on retiendra notamment ce déclenchement de l’Apocalypse sur la 7e Symphonie de Beethoven, aussi galvanisant que terrifiant.

A l’heure où les superhéros sont maltraités de tous les côtés, alors que le public est toujours plus écrasé par l’affrontement que se livrent les productions Marvel et DC, la franchise X-Men continue d’incarner un juste milieu. Contrairement aux premiers, lorsqu’elle adopte un ton léger, elle n’est jamais cynique envers son matériau, et contrairement aux seconds, elle aborde le drame avec le sérieux nécessaire, sans jamais être pompeuse ni prétentieuse. Apocalypse, comme ses prédécesseurs, constitue un équilibre, si fragile soit-il, plutôt rafraichissant au milieu de produits arrivistes et dévoyés. Peut-être se fait-on plus conciliant, mais après des dizaines d’adaptations humiliant leurs héros, les transformant en clowns abrutis ou en dépressifs faussement torturés, voir une œuvre sincère et respectueuse dans son traitement de ces figures, ça fait du bien.


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