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Culture
Le Crépuscule des Dieux
Batman v Superman : Dawn of Justice
De Zack Snyder | Action / Drame
Avec Ben Affleck, Henry Cavill et Jesse Eisenberg



Il y a quelques années, George Miller devait réaliser le film Justice League : Mortal, soit la réunion au grand complet de toute l’écurie DC Comics. Batman, Superman, Wonder Woman, Flash et autres Green Lantern devaient s’y foutre sur la gueule avant de s’unir pour sauver le monde. Le script, aujourd’hui disponible sur internet, s’inspirait de l’excellent comic La Tour de Babel pour développer une passionnante réflexion autour de ces figures divines. Le projet devait être tourné en performance capture et les effets spéciaux assurés par le studio Weta.

On récapitule pour les deux du fond : l’auteur de l’un des plus grands films de ces dernières années, un cinéaste au sens de l’image viscéral et un narrateur doté d’une compréhension absolue de ce qu’est une mythologie, cet homme aurait pu, à partir d’un matériau de base prometteur et avec l’aide des meilleurs techniciens du moment, mettre en scène le film de superhéros définitif.

Hélas, le succès fracassant de la trilogie Dark Knight de Christopher Nolan et une concurrence de plus en plus ardue mènera la Warner à annuler le projet de Miller. Au lieu de cela, le studio préfère courir désespérément après Marvel en calquant ses plans sur la formule Avengers : un univers unique et uniforme, chapeauté par un réalisateur hype à qui les geeks comme le grand public devraient à coup sûr donner leur bénédiction. Et c’est ainsi qu’en lieu et place de ça, on hérite de ça.


Malgré ses nombreuses erreurs d’écriture, il est évident que Man of Steel était définitivement achevé par la mise en boîte pompeuse et inconsistante de Zack Snyder. D’autant plus évident aujourd’hui lorsque l’on voit ce Batman v Superman. On ne s’y attendait pas forcément, mais le scénario est largement mieux tenu et propose davantage de choix pertinents que sur Man of Steel. Mieux, les plus grosses faiblesses de ce dernier sont ici transformées en forces, en premier lieu l’outrance risible du troisième acte.

La grande idée de ce second opus est ainsi d’adopter le point de vue de Batman et d’offrir un véritable contrepied au précédent film en illustrant ses conséquences : en une scène d’ouverture qui rejoue son final destructeur, cette suite fait passer Superman du sauveur céleste à la menace potentielle. Perdu en pleine apocalypse, on découvre alors un Bruce Wayne sensiblement différent de celui porté à l’écran par Nolan. Inspiré par le célèbre Dark Knight Returns de Frank Miller, le parti pris est ici de présenter un Batman désabusé qui, après vingt ans de lutte contre le crime, ne prend plus trop de gants et ne se fait plus tant d’illusions sur l’efficience de son combat. Malgré toutes les craintes, Ben Affleck incarne avec conviction ce héros usé, à jamais traumatisé par l’assassinat de ses parents. Face à lui, le personnage de Superman est ce coup-ci plus en retrait mais traité avec nettement plus de cohérence que sur Man of Steel. Les enjeux de chaque camp sont ainsi clairs et l’inévitable affrontement préparé avec rigueur.

Puisant habilement dans différentes occurrences du comic (des pistes rappelant le jeu temporel de l’auteur Grant Morrison qui promettent d’élargir les horizons dans les prochains films), le scénario met également en place la future Justice League de façon plus creusée, ou du moins, semble-t-il, dans une planification plus solide que l’accumulation peu inspirée des productions Marvel. Bien que peu présente à l’écran, Wonder Woman est ainsi présentée de façon suffisamment intrigante pour garder toute sa part de mystère tout en s’insérant logiquement dans le récit.


Enfin, autre bonne surprise, peut-être est-ce la présence de Junkie XL à ses côtés, mais Hans Zimmer livre une partition autrement plus inspirée que celle de Man of Steel. Quand bien même elle recycle le leitmotiv de ce dernier, la bande originale propose aussi quelques beaux moments, offrant à Lex Luthor un thème grandiloquent comme il faut, quand celui de Wonder Woman se révèle étonnamment badass.

Avec tout ça, Batman v Superman aurait presque l’air d’un bon film, pas vrai ? C’était évidemment sans compter Henry Cavill, toujours aussi peu convaincant en Homme d’Acier, pas plus que Jesse Eisenberg, insupportable dans cet étrange personnage qui semble avoir confondu Lex Luthor avec le Joker. C’était sans compter la direction artistique ultra cheap déjà à l’œuvre sur Man of Steel (bon sang, un peu de couleur, ce serait trop demander ?). Et c’était aussi et surtout sans compter Zack Snyder, cinéaste du « cool » avant tout, qui se révèle décidément incapable de traiter correctement le moindre enjeu dramatique.

Malgré tout son potentiel, Batman v Superman reste irrémédiablement laid, froid, à la fois éreintant et paradoxalement assez mou. Une fois de plus, l’overdose de destruction empêche chaque scène potentiellement épique (ou du moins un brin stimulante) de procurer un semblant d’effet. Le personnage de Batman a beau être bien écrit, il n’est jamais iconisé en tant que superhéros de façon crédible. L’affrontement avec Superman tombe complètement à plat, la faute à un combat chorégraphié n’importe comment (apparemment, Snyder ne sait pas faire grand-chose d’autre que de balancer ses personnages à travers des murs) et à un revirement final particulièrement mal géré (le lien unissant les destins de ces deux orphelins était pourtant intéressant).


Tristement, le produit finit ne cesse de rappeler à notre souvenir le projet avorté de George Miller. Indéniablement, l’auteur de Mad Max et Happy Feet aurait été idéal pour porter à l’écran ces demi-dieux, leur combat et leur impact sur les consciences mortelles. Les stratégies marketing en auront décidé autrement, menant à ce film peu élégant, bourrin et rarement touchant. Tandis que la course aux superhéros s’intensifie davantage (bientôt Captain America : Civil War puis X-Men : Apocalypse), l’avenir de ces figures reste encore incertain. La saturation du public ne semble toujours pas poindre (en témoigne le succès de Deadpool), alors que le nombre de propositions originales se réduit toujours plus. Les studios continuent de suivre le même objectif unique et de confier leurs matériaux à des gens qui ne les comprennent pas. Batman v Superman aurait pu redonner espoir, mais il ne fait dans l’absolu que confirmer les craintes.

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