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Culture
Quand les mots font danser un DJ
L’Arsenic présentait jeudi et vendredi derniers le premier spectacle solo du DJ Nic Lloyd, «Don’t judge», qui questionne et expérimente les frontières entre sons et corps, intangible et physique, subconscience et contrôle, identité et métamorphose.

Unconscious body. Corps inconscient. Ces deux mots résonnent dans la salle, rapidement rattrapés par d’autres, enregistrés sur deux disques lancés à des vitesses différentes. Entre le duo de platines, un homme, seul, vêtu de noir et de baskets blanches. Il passe de l’une à l’autre, les déplace, change de disque, donne à ce dernier une nouvelle impulsion, dirige les enceintes vers le public, installé en demi-cercle sur la scène, sur des chaises ou à même le sol, sur des coussins blancs. La seule limite entre l’artiste et les spectateurs est celle formée par l’éclairage.

En un peu plus d’une heure de performance, l’artiste, Nic Lloyd, DJ professionnel d’origine néozélandaise, transporte ses spectateurs dans une expérience mêlant corps et sensations, sons et mots, voix et lumière. Avec «Don’t judge», son premier spectacle solo au théâtre, il questionne le lien qui existe entre l’univers sonore, intangible, et la réalité physique du corps. Il cherche à percer la limite fragile qui sépare le musicien qui dirige et crée des combinaisons de sons et celui dont le corps est imprégné par ces mêmes combinaisons, qui finissent inévitablement par prendre le dessus.

Dans ce spectacle, pas de musique à proprement parler: l’artiste hésite et tâtonne. Il expérimente de nouvelles sonorités formées par des superpositions de sa propre voix, de ses discours, de ses soupirs. Il joue avec les fréquences et les textures, crée des assemblages parfois chaotiques, dissonants, quitte à perdre une partie du public au cours de son expérimentation - ceux qu’il n’aura pas déjà réussi à semer à cause de son anglais aux consonances néozélandaises.


©Nadine Mojado – L'Arsenic


Le corps de l’artiste se situe au centre de sa réflexion. Alors que sa voix s’élève des deux enceintes, en canon, alors qu’elle se rattrape, s’entrechoque, simulant la complexité des pensées humaines, le DJ danse, au rythme des mots, les expressions de son visage façonnées par le discours. Puis les platines se taisent et il prend parole, long soliloque confondant biologie, ADN, vinyles, musique, conscience et subconscience. Il ponctue ses phrases de mouvements, accompagne ses mots d’ondulations et de pulsations. On ne saurait dire qui de la voix ou du corps mène la danse.

S’il cherche de nouvelles combinaisons de sons, Nic Lloyd finit également par se chercher lui-même. Il explore la multiplicité d’identités qu’il peut endosser sur scène, utilisant les visages illustrant les pochettes de vinyle comme des masques, s’imprégnant de leurs expressions pour y aligner la posture de son corps. Pour accompagner ces métamorphoses, des verbes en anglais emplissent l’espace, tels des incantations, liés entre eux par analogie de sens ou de sonorité. On ne sait s’il s’agit d’un monologue de plus ou si ces injonctions sont adressées au public, l’incitant à ressentir, lui aussi, l’attraction et l’influence quasi-physiques qu’ils exercent.

Finalement, le silence et l’obscurité s’installent. Une boule à facettes, dernière référence au DJ-isme, forme une sphère d’étincelles qui tourbillonnent, au centre de laquelle se trouve l’artiste. Il a réuni ses platines et semble rassembler auprès de lui toutes les esquisses de questionnement qu’il a éparpillées çà et là au long de la performance, à l’instar des fourres de vinyle qui désormais jonchent le sol.

En sortant de la salle, le spectateur est dérouté, et peine à trouver, pour décrire l’expérience dans laquelle il vient d’être entraîné, les mots, qui pourtant sont eux-mêmes des acteurs de la pièce, aux côtés de la voix, du corps et des lumières. «Don’t judge» est un spectacle qui fait ressentir, exploite les sens, et laisse sans voix.

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