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Culture
Ecran de fumée
The Man From UNCLE
De Guy Ritchie | Action / Espionnage
Avec Henry Cavill, Armie Hammer et Alicia Vikander



La carrière de Guy Ritchie avait pourtant débuté sous de bons auspices… Le bougre avait commencé au tournant des années 2000 avec deux petits films plutôt sympathiques, Arnaques, Crimes et Botaniques suivi de Snatch, histoires de truands à la petite semaine qui se posaient clairement en sous-Tarantino (le récit choral, les monologues encyclopédiques, la bande-son hétéroclite) mais parvenaient tout de même à user de l’identité anglaise pour se créer une spécificité. Sur ces premiers faits d’armes, Ritchie était épaulé au poste de producteur par son ami Matthew Vaughn, futur réalisateur de Kick-Ass et X-Men : First Class. Depuis le four A la dérive, les deux compères ont emprunté chacun leur route. Vaughn est parvenu à dépasser son collègue dès sa première réalisation (l’excellent Layer Cake) en s’émancipant réellement de ses modèles, pour ensuite nous offrir parmi les meilleures adaptations de comics de ces dernières années. De son côté, Ritchie a enchaîné les bousins qui tentaient de recycler sans idées ses premiers succès (Revolver, RocknRolla), avant de passer aux blockbusters clinquants et bien moins malins qu’ils ne le font croire (les deux Sherlock Holmes). Il continue aujourd’hui dans les relectures hype de vieilles franchises avec ce Man From UNCLE, adaptation de la série TV éponyme des années 1960.

En pleine Guerre Froide, un agent de la CIA est forcé de collaborer avec son alter-ego du KGB et la fille d’un scientifique allemand disparu, afin de retrouver ce dernier et l’empêcher de fabriquer une bombe nucléaire pour le compte d’une organisation criminelle. Le pitch est simple, mais avec ne serait-ce qu’un traitement inventif et des personnages forts, il pourrait facilement faire la blague. Man From UNCLE ne possédant ni l’un ni l’autre, il est aussi oubliable que les deux Sherlock Holmes.


Matthew Vaughn avait déjà ridiculisé son ancien camarade sur le terrain du film de gangster, il était évident que Ritchie ne parviendrait jamais à la réussite que fut le récent Kingsman dans le cadre du film d’espionnage. Précisément, Man From UNCLE témoigne avec évidence de l’esbroufe qu’est le cinéma de son auteur.

Avec un manque d’ambition flagrant, Ritchie se cantonne toujours à donner dans l’ersatz de Tarantino, ne retenant de l’auteur de Pulp Fiction qu’une mise en forme faussement iconoclaste mais véritablement vide. Comme si mettre des musiques de western dans un film d’espionnage et balancer des effets numériques tape-à-l’œil toutes les deux secondes suffisait à être postmoderne…

Ici, les scènes d’action sont proprement illisibles (il faut dire qu’user de la shaky cam dans des plans qui ne dépassent pas les 2 millisecondes, ça n’aide pas). Le paroxysme est ainsi atteint dans la poursuite finale, absolument incompréhensible en termes de spatialisation. Idem pour les nombreux split-screens qui servent à illustrer les séquences d’infiltration : on fout plein de vignettes organisées n’importe comment à l’écran qu’on fait s’enchaîner beaucoup trop rapidement pour laisser le temps de saisir un broc de ce qui s’y passe, et l’affaire est belle. A ce titre, on défie quiconque de nous expliquer en détail comment les héros pénètrent dans la base des bad guys durant le final…


En réalité, le problème est tout simple : Guy Ritchie ne maîtrise pas du tout ses effets et se révèle constamment moins malin qu’eux. Ainsi en est-il de plusieurs flashbacks explicatifs qui, dans l’idée, devraient servir à amener de façon théâtrale une importante révélation, mais, dans les faits, viennent répéter lourdement des éléments que la mise en scène nous avait déjà fait comprendre par l’ellipse.

Enfin, comme nous l’annoncions, les personnages ne sont pas plus forts que le traitement est inventif. Il y avait pourtant de quoi faire quelque chose d’intéressant concernant le trio de héros, mais chacune de leur relation est traitée par-dessus la jambe. Malgré un casting plutôt bon (on ne compte pas Henry Cavill, pas plus crédible en super-espion qu’en Superman), les personnages n’existent pas et restent dans la caricature lisse et sans profondeur. Le rapport de l’espion russe à son père n’est jamais exploité de façon cohérente, son collègue américain n’a aucune épaisseur, et, pire que tout, leur interaction ne fonctionne jamais. Parti pour suivre le schéma classique (des ennemis qui gagnent mutuellement le respect de l’autre mais que leur hiérarchie respective doit inévitablement opposer), cet arc narratif, pourtant central au récit, n’existe quasiment pas. Pour preuve, la séquence qui doit justement nous montrer le rapprochement des deux personnages est un gag ridicule impliquant Henry Cavill, un panier garni et une chanson italienne. Ce n’est évidemment pas avec ça que l’on assistera à une véritable évolution qui justifiera l’ultime scène du film.


Kingsman avait beau jouer aussi la carte du ton décomplexé, citer un paquet de références et user d’un visuel assez outrancier, le film de Matthew Vaughn comprenait le genre qu’il investissait. Le jeu avec les codes y avait un sens, désamorçant l’attente du spectateur et rendant, par exemple, la mort d’un personnage d’autant plus marquante. Le projet n’était pas guidé par le cynisme rigolard mais par un véritable amour du cinéma qu’il citait. Enfin, le récit était aussi délirant que porté par un vrai fond cohérent et réellement subversif.

Rien de tout cela dans Man From UNCLE, juste une pavane visuelle vide et inintéressante. Kingsman, pour citer une dernière fois ce formidable hommage aux James Bond classiques, abordait déjà la légende arthurienne par un biais détourné, en second plan, certes, mais de façon pertinente. On peut affirmer sans trop de risques que cette discrète référence sera sûrement plus réussie que l’entier du futur King Arthur que prépare actuellement Guy Ritchie (vous le voyez venir, le Roi de Bretagne bogoss qui court au ralenti sur un vieux tube de pop irlandaise ?).


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