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Culture
Le travail bien fait
Mission : Impossible – Rogue Nation
De Christopher McQuarrie | Action / Espionnage
Avec Tom Cruise, Simon Pegg et Rebecca Ferguson


Mission : Impossible

En quatre films, Mission : Impossible aura su s’imposer comme l’une des sagas les plus réjouissantes de ces vingt dernières années et peut-être bien comme la meilleure franchise d’espionnage actuelle.

Oui, on ose le dire, chaque opus, depuis le premier en 1996 jusqu’au quatrième en 2011, a immanquablement écrasé les James Bond sortis durant la même période. Et ce pour une raison toute simple : au contraire des aventures de 007, cadenassées par les règles frileuses de ses producteurs (jusqu’à Casino Royale, le réalisateur d’un James Bond devait obligatoirement être originaire du Commonwealth), celles d’Ethan Hunt accueillent n’importe quel talent qui aura tapé dans l’œil de Tom Cruise.

Mission : Impossible 2

On peut bien dire ce qu’on veut de la star de Top Gun (scientologue et semble-t-il vrai connard au quotidien), le bougre est non seulement un acteur génial, mais il a aussi et surtout une haute idée du divertissement populaire et sait indéniablement gérer sa carrière (d’une poigne de fer, certes, mais guidée avant tout par la passion de son art). Il faut savoir faire la part des choses entre ce qu’un artiste est à la ville et ce qu’il est dans son métier. En l’occurrence, il faut savoir faire fi du Tom Cruise « con de scientologue » et reconnaître que le Tom Cruise acteur et producteur a su, tout au long de sa filmographie, s’entourer de très grands noms et soutenir des projets particulièrement excitants. Combien de ses collègues peuvent se vanter d’avoir tourné pour Francis Ford Coppola, Martin Scorsese, Brian De Palma, Stanley Kubrick, Michael Mann, Steven Spielberg, et on en passe ? Combien comptent à leur actif autant de réussites pour si peu d’échecs ? Combien s’investissent autant dans leur art, au point de produire la plupart de leurs films et d’effectuer presque toutes leurs cascades eux-mêmes ? Tom Cruise est sans doute un artiste parano, au besoin de contrôle quasi maladif, mais il est, de fait, dédié corps et âme à sa carrière.

Mission : Impossible 3

C’est ainsi que, sous sa direction, la franchise Mission : Impossible suit un crédo semblable à celui de la saga Alien : à chaque nouvel opus, on fait appel à un cinéaste confirmé et doté d’une identité propre à même de renouveler l’univers. Tandis que les James Bond sont quasi continuellement confiés à de pâles faiseurs sans personnalité, les Mission : Impossible bénéficient à chaque coup de la vision inédite apportée par la patte de leur auteur.

Le pitch est grosso modo toujours le même : Ethan Hunt et ses collègues de l’IMF sont envoyés à la recherche d’un MacGuffin (une liste d’agents top secrète, un virus mortel, une arme biologique, un code de lancement d’une ogive nucléaire) à récupérer avant qu’il ne tombe entre les mains d’un dangereux terroriste, leur mission les emmènera aux quatre coins du globe et se verra compliquée par une série d’imprévus qui les forcera immanquablement à infiltrer des lieux réputés impénétrables (le siège de la CIA, le Vatican, le Kremlin), pour se terminer par une confrontation finale entre Hunt et le grand méchant.

Mission : Impossible - Ghost Protocol

Chaque volet brode ainsi un récit autour de ce schéma type et trouve sa singularité dans le point de vue du réalisateur en charge. Fidèle à son influence hitchcockienne, Brian De Palma ouvre le bal en orchestrant un formidable thriller, qui marque sa réappropriation de la série TV d’origine de façon plutôt couillue (en éliminant dès le départ l’équipe de Hunt et en faisant de Jim Phelps le principal antagoniste de l’histoire) et se révèle aussi efficace dans le suspense tendu (la fameuse séquence d’infiltration à la CIA) que dans l’action pure (l’incroyable poursuite finale sur le toit du TGV). A sa suite, John Woo change complètement de ton et, malgré un scénario réduit au minimum syndical (celui du premier film s’était vu reproché sa complexité) et de nombreuses coupes dans son montage initialement prévu, livre un excellent film d'action mettant ses habituels gunfights chorégraphiés au milieu des colombes et références mythologiques au service d’un grandiloquent véhicule à la gloire de Tom Cruise. Joe Carnahan ayant abandonné la réalisation du troisième film pour cause de divergence artistique avec son acteur principal et producteur, c’est J. J. Abrams qui prend sa place : pour son passage au cinéma, le co-créateur de Lost conserve son bagage télévisuel, peinant à développer une mise en scène véritablement cinématographique mais apportant à la franchise un nouveau souffle grâce à sa narration au rythme soutenu et son attachement particulier au facteur humain. Enfin, Brad Bird réalise avec Ghost Protocol le meilleur opus de la série, la réinventant de façon drôle et jouissive grâce à une idée géniale (plus rien ne marche) qui brise tous ses codes autant qu’elle renforce la tension du récit, tout en développant les personnages les plus fouillés, chacun possédant un arc narratif et le travail d’équipe étant plus que jamais au cœur de l’intrigue.




Comme à son habitude, Tom Cruise est allé chercher un cinéaste dont il estime le talent pour mettre en scène les nouvelles aventures d’Ethan Hunt. Pour ce cinquième épisode, il a fait appel à Christopher McQuarrie, scénariste de Usual Suspect et du précédent Ghost Protocol qui l’avait déjà dirigé dans l’excellent Jack Reacher. Soit un auteur à l’écriture carrée, capable de proposer une intrigue riche en rebondissements et en idées réjouissantes, et enfin d’emballer le tout de façon élégante et dynamique. Jack Reacher iconisant déjà parfaitement Tom Cruise et usant plutôt bien du second degré, McQuarrie semblait donc tout désigné pour prendre la suite de Brad Bird. Et il faut dire que, si Ghost Protocol reste tout de même supérieur, ce Rogue Nation prouve une nouvelle fois le flair de Tom Cruise.

Si le point de départ de l’intrigue semble emmener Ethan Hunt et ses petits camarades encore plus loin dans les emmerdes (l’IMF est fermée et l’équipe se retrouve pourchassée par la CIA et seule face à une mystérieuse organisation criminelle), le film abandonne en revanche le principe de sabotage qui transformait chaque scène de son prédécesseur en

un monument de tension. De nombreux imprévus viennent toujours compliquer l’affaire, mais la technologie et les ressources habituelles des agents restent cette fois-ci relativement fiables. Dès lors, Rogue Nation ne propose aucune séquence à la mesure de l’incroyable passage à Dubaï de Ghost Protocol. De même, si l’équipe est une nouvelle fois mise en avant, les membres qui la composent ne bénéficient pas tous de la même attention : Tom Cruise reste ce héros d’action définitif et Simon Pegg est toujours parfait en sidekick comique, mais Jeremy Renner est ce coup-ci plus en retrait et Ving Rhames, malgré le plaisir que l’on peut éprouver à le revoir, se révèle finalement assez peu utile dans le déroulement de l’intrigue. Enfin, tandis que le quatrième volet tenait le rythme jusqu’au bout, bouclant la mission par un affrontement final aussi tendu que jouissif, McQuarrie choisit ici de clôturer son récit de manière plus sobre, sur une bonne idée, certes, mais qui rend la conclusion particulièrement mollassonne en regard des morceaux de bravoure l’ayant précédée.

Néanmoins, pour chaque élément déceptif, Rogue Nation parvient à proposer une trouvaille réjouissante. La sobriété de la fin est ainsi d’autant plus déstabilisante qu’elle se voit contrebalancée par l’adrénaline du début : si la bande-annonce laissait penser que la fameuse scène qui voit Tom Cruise accroché à un avion ferait office de climax, il s’agit en

réalité de l’ouverture du film. De même, le traitement légèrement survolé de certains membres de l’équipe se trouve largement compensé par l’ajout d’une nouvelle figure féminine au centre de l’intrigue : le personnage d’Isla Faust, incarnée par l’excellente Rebecca Ferguson, constitue, par le mystère de son identité floue et sa relation ambigüe avec Ethan Hunt, le principal intérêt de ce cinquième opus. Enfin, McQuarrie conserve tout de même le second degré omniprésent de Ghost Protocol et en use une nouvelle fois avec intelligence (on peut citer Tom Cruise qui se casse la gueule en pleine cascade ou l’étonnante scène avec le Premier ministre britannique). Et si la tension n’est pas aussi palpable que chez Bird, les temps morts sont rares et les passages mémorables restent nombreux : la séquence centrale au Maroc est un pur moment de fun et la scène à l’opéra de Vienne renoue avec l’héritage hitchcockien du premier volet en rendant un hommage jouissif à L’homme qui en savait trop.

Ce n’est donc pas Rogue Nation qui va changer l’affaire : Mission : Impossible reste la franchise d’espionnage la plus respectable du moment, une véritable machine à divertissement noble et ambitieux, qui ne prend pas son spectateur pour un con et parvient toujours à se renouveler.

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