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Culture
Explosion de Caca : « Le mieux qui puisse nous arriver, c’est une merde. »
Il y a des interviews qu’on ne sait pas trop comment introduire, parce que l’amorce classique par une bio de l’artiste nous gonfle mais qu’on n’a pas la moindre idée d’une autre entrée en matière. Il y en a d’autres pour lesquelles on tente une approche inhabituelle, parce que l’artiste en question l’est lui-même résolument et qu’on ne peut décemment pas lui sortir le même baratin qu’à l’interviewé lambda.

Notre rencontre avec le groupe Explosion de Caca a réuni les deux cas de figure : quoi qu’on aurait pu écrire, ils se présenteront toujours mieux que nous ne le ferons jamais, et il était évidemment hors de question qu’on les interroge avec tenue et sérieux. Pour bien comprendre ce qui a conduit à cette absence d’introduction et à la forme fleurie de l’interview qui va suivre, on s’est dit que notre échange préalable pour la préparer parlerait de lui-même. Nous vous le recopions tel quel ci-dessous.


© Paléo / Lionel Flusin

« Séverine : Bon, faut qu'on fasse des questions... Come on ! Si y en a un qui commence, on
va enchaîner, je suis sûre.

Thibaud : Ok, alors je me lance : “Alors, comment ça va ?” Ça claque ou pas ?

Séverine : Remarque, c’est pas con, on pourrait poser que des questions hyper banales nazes. OU faire un remake de votre non interview dans le COUAC et faire que des jeux de mots avec le caca…

Thibaud : Ouh, c’est très dangereux ce que tu proposes là…

Séverine : Héhé, indeed.

Thibaud : Ou alors, poser des vraies questions MAIS avec des jeux de mots avec le caca…
→ “Alors, ce nouvel album, est-ce qu’on peut dire qu’il est à chier ?”
→ triple lol, quadruple like, quintuple retweet, méga buz sur la toile !

Laura : J’adooore !!!

Séverine : Ouaaaais ! On fait ça ? Et on s’excuse à la fin…

Thibaud : Ou au début ?...

Laura : “Les gens vous trouvent à chier, est-ce que ça vous constipe ?” “Etes-vous scatophile dans la vraie vie ?” “Etes-vous restés coincés en phase anale ?” (Désolée, l’apéro ne me rend pas très créative au niveau de la scatophilie...)

Séverine : “Est-ce que cette interview sent des pieds ?”

Thibaud : Ah, on a le droit de sortir du champ lexical ?

Séverine : Ouais, on peut élargir un peu aux odeurs désagréables…

Thibaud : C’est vrai qu’on est assez ouvert. C’est même à ça qu’on nous reconnaît.

Séverine : « Ouvert », ça reste dans le champ lexical… En fait on devrait garder toute cette conversation, ça fera l’intro et on n’aura pas besoin de se faire chier (<-- héhé) à écrire un chapal.

Thibaud : Triple lol, quadruple… (you know what follows). »


C’est ainsi que, lundi, nous débarquions à Paléo armés d’un tas de questions merdiques. Après avoir assuré un show que nulle chasse d’eau n’aurait su contenir (des rouleaux de PQ balancés dans le public, des barbiers prêts à raser les spectateurs sur scène, papa Henri Dès venu entonner « La Petite Charlotte » avec son fiston), Explosion de Caca enchaînait les entretiens à la pelle. Nous avons finalement pu obtenir un peu du temps d’un des deux bougres, le fort sympathique Obi-Wan Pichon. Ci-après, notre interview de merde avec un groupe à chier.

© Séverine Chave

L’auditoire : On s’excuse d’avance pour la qualité de l’interview, on a des questions de merde.

Obi-Wan Pichon : Nous, on s’excuse jamais quand on fait de la merde.

Justement, on s’est dit que ça vous correspondait assez bien. Alors, tout d’abord, une question sur votre ultime prestation de ce soir. Est-ce que vous avez plutôt l’impression d’avoir démoulé un p’tit cake, coulé un gros bronze ou carrément libéré le Kraken ?

Alors je crois qu’on a initié une énorme « flüssigr ». T’sais ce que c’est que la « flüssigr » ?

Pas du tout.

C’est la «durchfall», t’sais pas ce que c’est que la «durchfall» ? La «flüssigr», c’est comme la «durchfall»: c’est la chiasse. Mais en suisse-allemand…

Quel effet cela vous a-t-il fait, pour votre dernier cake, d’avoir béni les lieux du Paléo?

Alors, je n’sais pas si vous avez vu, mais il y a eu une explosion de PQ au début et je pense que tout le monde était assez bien préparé à cette ultime cake, qui n’est pas tout à fait l’ultime parce qu’il y aura encore trois dates, dont la dernière. On voulait que ça soit la dernière à Paléo pour le 40ème, mais finalement il y avait encore d’autres dates qu’on n’a pas voulu annuler. Au départ, on leur avait donné l’exclusivité et puis, au final, on s’est un petit peu rétractés. On a pu heureusement en discuter avec eux pour honorer simplement les gens qui nous ont fait le plaisir de nous programmer et ça c’est important.

© Séverine Chave

Après avoir tenu tant bien que mal pendant quinze ans, vous avez choisi de déposer le bilan. Est-ce parce que vous n’avez plus de ressources ou parce que vous aviez l’impression de trop recycler le dîner ?

C’est parce que moi je commence à avoir des bourrelets et Pierrick commence à avoir le cul plat, alors en tutu vinyle ça le fait moins d’être à poil sur scène. Et puis on a les deux passés la quarantaine, alors ça commence à bien faire. Plus sérieusement, ça prend trois ans de faire un set à deux. Avant, on était trois et là on a dû tout reprendre et réarranger. Ça prend trois ans de faire un set, faire un disque et de partir en tournée pour des concerts. Donc si on voulait continuer sur cette lancée-là, il faudrait qu’on refasse tout ça : réfléchir à un autre concept sur la même base, refaire un disque, refaire des tournées et ça durerait trois ans et on ne va pas être encore là pendant trois ans. On préfère arrêter maintenant plutôt que d’essouffler quelque chose qui va très bien comme ça. Par contre, la suite…il y en aura peut-être une. On en discute clairement et puis voilà. On va arrêter Explosion de Caca, par contre, on va continuer quand même parce qu’on a énormément envie de continuer à travailler ensemble.

Vous n’êtes pas fâchés, alors ?

Non, au contraire !

Par rapport à votre participation au blockbuster de M6, « La France a un incroyable talent », pensez-vous que votre arrivée en demi-finale est due au fait que vous soyez vraiment bons en démoulage ou au fait que vous ayez le cul bordé de nouilles ?

Ni l’un, ni l’autre. C’est parce que les gens adorent nous utiliser pour se foutre de leur propre gueule. Et ça, c’est génial, parce que c’est vraiment un groupe qui sert à ça. Appeler un groupe Explosion de Caca et chanter des chansons de dessins animés des années 80 à la façon rock ou reggae, c’est une bonne façon de relativiser la vie. Et puis sinon, l’atmosphère schizophrénique de M6, alors qu’en plus on est suisse, je trouve que c’est vachement bien de leur part de nous avoir utilisés jusqu’en demi-finale. Par contre, c’est bien évidemment impossible pour l’émission de nous faire gagner. Il faut rester quand même dans le jalon M6. C’est très bien, parce que c’est une émission que je déteste, mais j’ai adoré en faire l’expérience. C’est comme quand on fait l’armée alors qu’on la déteste, mais on la fait pour savoir de quoi on parle. C’est super de pouvoir vivre le truc de l’intérieur. Ça reste une émission affreuse et un système que je déteste, mais j’adore la manière qu’ils ont de le faire et les gens sont vraiment hyper investis et super choux. C’est une super organisation, ce sont des gens vraiment incroyables. Donc je respecte les gens qui font ça, par contre… l’émission, c’est de la merde.

© Séverine Chave

Votre truc à vous, c’est de reprendre des chansons principalement destinées aux enfants et de les passer à la guillotine à boudins. Est-ce que des gens un petit peu susceptibles vous ont déjà chié une pendule pour ça ?

Non, pas une pendule. Ni chié, d’ailleurs. Je ne pense pas que ça soit possible. Quand Dorothée a amené ces dessins animés à la télévision, ces mangas comme Bioman par exemple, des gens comme les Inconnus ont largement compris le système et puis se sont vite moqués de l’émission, mais ça ne nous a pas empêché de regarder les dessins animés. Il y a le dessin animé et puis la manière de le regarder. Au final, on peut être très fier de ces dessins animés, de ces chansons et, en même temps, continuer à rire de la façon dont les gens peuvent les présenter. J’ai bien brouillé les pistes, là, bordel de merde ?

Tout à fait. Est-ce que parfois, durant les concerts, il vous arrive de chier dans la colle?

Oui, tout le temps. C’est génial de merder. C’est absolument superbe de rebondir quand tu merdes un truc. Et ça fait partie de la manière dont tu relativises, là je vais être un peu pompeux, mais je dirais…la vie quoi. On a tous le droit de merder dans une société qui vous demande de ne jamais foirer. Eh bien on s’en fout. Quand il arrive une merde, c’est génial parce qu’il y a tout un processus qui se met en place sur le « comment je vais me rattraper de cette grosse connerie ? ». C’est un peu comme le type qui monte dans une barque, qui rame et puis se rend compte qu’il est tout seul. Et là, t’as son pote qui lui dit « J’arrive ! » et il saute dans la barque et puis, au final, tout ce qu’on fait, c’est de ramer ensemble.

Vous souvenez-vous d’un moment où vous avez vraiment ramé ?

Oui, on a vachement ramé sur notre premier concert à deux. C’était à Ovronnaz. On a tout merdé. Moi, j’avais mes câbles qui se débranchaient, le système de retour micros ne fonctionnait pas. Bref, tout a foiré. C’était une catastrophe : les gens étaient un peu là au bar à se dire « bof », on transpirait, il faisait froid, il faisait chaud, il n’y avait rien qui marchait. C’était génial, on s’est mis une tape dans le dos et on s’est dit « Voilà, c’est merdé ! » et puis on a continué. Au final, le mieux qui puisse nous arriver, c’est une merde.

© Séverine Chave

Votre dernier album, est-ce qu’on peut dire qu’il est à chier ?

On ne peut pas dire qu’il est à chier, mais on peut s’assoir dessus.

Parce qu’il s’appelle « Tabouret ».

C’est ça… mais alors essayez de chier sur un tabouret ! Moi, j’aime pas ça.

Pour rebondir sur la thématique du siège, au niveau séries télé, est-ce que vous êtes plutôt Trône de Fer ou Petite Maison Dans La Prairie ?

Petite Maison Dans La Prairie, s’il vous plaît ! D’ailleurs, je me demande s’ils font caca, parce que je ne les ai jamais vus le faire. Et le jour où tu me présentes une série avec des gens qui font caca, qui travaillent, qui paient leurs impôts, qui reçoivent un huissier, comme des gens normaux, là je suis preneur !

C’est sans nul doute un concept à noter ! Enfin, dernière question : pensez-vous que cette interview sent des pieds ?

Non, elle sent la rose, vous êtes super.

C’est tellement démago comme réponse…

Démago, moi ? Vas chier !

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