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Culture
NIFFF 2015, 9 juillet
Pour notre quatrième journée au Neuchâtel International Fantastic Film Festival, nous avons fait le plein d’expériences en tout genre, devant un écran comme devant de vraies personnes (si si), à l’intérieur comme à l’extérieur (bah oui, ça nous arrive de faire des trucs dehors à ce NIFFF !). Au menu : voyage en Terre du Milieu, expédition enfer, plongée dans un esprit malade et croisière en eaux troubles.



Marc Atallah et John Howe
Rencontre avec John Howe
Homme doux et calme, artiste passionné et généreux, John Howe honorait sa ville d’adoption (il réside à Neuchâtel depuis de nombreuses années) d’une conférence en duo avec Marc Atallah, directeur de la Maison d’Ailleurs. L’illustrateur attitré des univers de Tolkien est venu parler de son travail, avec comme objectif principal, selon ses dires, de partager et de communiquer au public son « amour du paysage, de ce qui est vert et ce qui pousse ». L’occasion d’avoir un bon aperçu de son œuvre, au-delà de sa participation aux films de Peter Jackson.

Howe a ainsi rappelé l’importance du paysage dans ses dessins, qui y occupe souvent la partie principale, tandis que les personnages sont plutôt au second plan, parfois en partie cachés. En insérant ces derniers dans un paysage, l’artiste estime les insérer dans une temporalité et, tout paysage étant marqué d’Histoire, dans une réalité tangible. Howe a également confié son besoin de narration : il ne dessine pas de paysages réalistes et simples, sans histoire ni univers évocateur derrière. Persuadé qu’histoire et paysage sont intrinsèquement liés, il croit profondément au pouvoir des histoires comme outil de compréhension du monde. Le dessinateur a ainsi fait remarquer que les légendes et les mythes racontent inévitablement des histoires sur la nature, en expliquant par exemple les phénomènes (tels les contes solaires). Ils permettent donc non seulement à l’Homme de comprendre son environnement mais aussi et surtout de se définir : « Ce qui nous rend humain, ce sont les histoires qu’on raconte. »

"Brider", 1347x981, John Howe

Howe a ensuite forcément évoqué Tolkien et l’amour du paysage que partage également l’auteur du Seigneur des Anneaux. Durant l’année de ses dix-neuf ans, le professeur d’Oxford avait effectué un voyage en Suisse qui aurait apparemment eu une influence sur la conception de la Terre du Milieu : pour Howe, la culture lacustre se retrouve indéniablement dans la cité de Lacville, tandis que le Cervin se devine assez facilement dans la Montagne Solitaire. L’écrivain comme son illustrateur étant ainsi convaincus de la puissance symbolique du paysage, ils étaient faits pour se rencontrer.

John Howe a terminé en discutant de son pays d’adoption. Selon lui, la Suisse n’a pas de véritable mythologie mais plutôt des contes et légendes ancrés dans des lieux précis. Il a ainsi souligné l’intérêt qu’il y aurait à faire un livre sur une mythologie générale du paysage suisse en tâchant de retirer le « substrat mythologique » des terres helvétiques.

S’agit-il d’un futur projet de l’illustrateur ? Si ce dernier ne l’a pas confirmé, on ne saurait rêver plus bel illustrateur.



Lost Soul : The Doomed Journey Of Richard Stanley’s Island Of Dr. Moreau
De David Gregory | Documentaire

Ecrit par H. G. Wells en 1896, L’île du Docteur Moreau est un roman fascinant par les thèmes qu’il évoque (la relation entre l’Homme et l’animal, entre l’Homme et Dieu) et un véritable puits à fantasme par l’univers qu’il propose. Richard Stanley, quant à lui, est un cinéaste particulier, qui n’aura tourné que deux films de genre au style visuel unique. La rencontre entre les deux aurait sans doute donné lieu à quelque chose d’intéressant. Malheureusement, nous ne le saurons jamais avec certitude.

Au milieu des années 1990, Stanley se lance dans un projet d’adaptation du classique de H. G.Wells. Rêvant de le porter à l’écran depuis de nombreuses années, il est mu par une vraie ambition et une vision bien définie (l’idée de traiter Moreau comme un mix entre Jésus et un colon dégénéré, le désir d’aller assez loin dans le design monstrueux des animaux). Produit par New Line Cinema, son projet de rêve se transformera hélas bien vite en cauchemar. Un cauchemar que retrace vingt ans après le documentaire Lost Soul.

Le film a d’abord dû faire face à plusieurs soucis de malchance qui semblaient pourtant l’apanage de Terry Gilliam. On compte ainsi un certain nombre de coups du sort, tels que l’habituelle tempête qui ravage le plateau et retarde considérablement le tournage. Mais c‘est bel et bien le facteur humain qui transformera cet ambitieux projet cinématographique en un infernal gâchis.


Le casting devait ainsi initialement comprendre Bruce Willis dans le premier rôle, Marlon Brando en Moreau et James Woods dans le rôle de son assistant Montgomery. Par un concours de circonstance, un véritable jeu des chaises musicales s’enclenche : empêtré dans son divorce d’avec Demi Moore, Willis quitte le navire et est remplacé par Val Kilmer. Bien vite, celui-ci change d’avis et ne veut finalement pas du premier rôle ; on lui offre donc de prendre la place de Woods, qui s’en va voir ailleurs. Le premier rôle est alors repris par Rob Morrow, qui sera finalement remplacé au dernier moment par David Thewlis.

Si les différents acteurs interrogés dans Lost Soul semblent avoir soutenu de manière indéfectible le projet de Richard Stanley, ce n’est apparemment pas le cas de Val Kilmer. Souvent qualifié de véritable tête de con par la profession, Kilmer déserte régulièrement le plateau de tournage et ne daigne y venir que totalement stone ou ivre.

Véritable ermite, peu habitué aux projets de cette ampleur, imprévisible et victime d’un vrai souci de communication, Richard Stanley déplaira bien vite à la production, qui finira par le virer du film. Remplacé par John Frankenheimer, un cinéaste de la vieille école qui hurle continuellement (dans le documentaire, tous les intervenants y vont de leur petite imitation), Stanley reviendra néanmoins incognito sur le tournage en arborant un masque de chien et parviendra même à participer à quelques scènes.


Mais l’homme qui coulera définitivement le film n’est autre que Marlon Brando. Encore bouleversé par le suicide de sa fille, la star est incapable de retenir ses répliques et doit se les faire dicter à l’aide d’une oreillette. Comme si le projet n’avait pas déjà assez souffert, l’acteur va s’immiscer dans le processus de création et imposer ses idées complètement absurdes : il décide que le Docteur Moreau serait plus intéressant s’il était tartiné de crème solaire et coiffé d’un seau à champagne rempli de glace, et exige que l’acteur lilliputien Nelson de la Rosa (80cm), à l’origine censé incarner un monstre parmi d’autres, devienne le mini-assistant de Moreau qui l’accompagne partout (le ridicule du concept atteignant son paroxysme dans une scène musicale qui sera parodiée quelques années plus tard par Austin Powers).

A force de modifications incongrues, d’attente interminable due aux retards successifs et de montée en tension palpable, le tournage devient ainsi un foutoir sans nom et tous ses participants sombrent peu à peu dans la folie (les acteurs confient avoir fini par oublier qu’il y avait une vie en-dehors de ce quotidien étrange). Le film finira tout de même par aboutir en un objet grotesque, traversé çà et là d’éléments intéressants (le tout début fait illusion et les maquillages sont tout de même très réussis), mais globalement indigeste. Nominé de multiples fois aux Razzie Awards, il est aujourd’hui régulièrement considéré comme un nanar. Nombreuses sont les œuvres conçues dans la folie qui donnent des choses fascinantes (Apocalypse Now), mais ici il n’y a hélas pas grand-chose qui échappe au ridicule (Frankenheimer n’ayant de plus, selon ses propres dires, aucune vision à imposer sur le projet).

En donnant la parole à chaque bord (acteurs, producteurs et réalisateurs), Lost Soul offre un bon panorama de cette terrifiante épopée (même s’il n’est fait bizarrement aucune mention de David Thewlis) et laisse transparaître de manière assez claire ce qu’aurait pu être la version de Richard Stanley si elle avait pu aboutir, soit une œuvre sans doute étrange, peut-être imparfaite, mais dans tous les cas bien plus évocatrice que ce triste gâchis.



The Voices
De Marjane Satrapi | Horreur / Comédie
Avec Ryan Reynolds et Gemma Arterton

Après les adaptations de Persepolis et Poulet aux prunes, la réalisatrice franco-iranienne Marjane Satrapi change complètement de registre avec The Voices, comédie noire qui nous plonge dans la psyché d’un serial killer. Déconnecté de la réalité, Jerry croit dur comme fer que son chat et son chien lui parlent, le conseillant à tour de rôle dans ses choix de vie. Ecoutant la pire de ses « voix », le jeune homme va massacrer une à une ses jolies collègues.

Délicat exercice d’équilibrisme entre les genres, The Voices ne trouve pas le juste milieu à tous les niveaux. S’il est souvent drôle (le chien flippé et le chat vicelard à l’accent écossais sont impayables), il fait rarement peur et n’est jamais aussi malsain qu’on aurait pu l’attendre. Excellente idée sur le papier, le jeu sur la double vision d’une même réalité (le monde édulcoré vu par Jerry face à l’atrocité de son environnement véritable) se révèle finalement assez accessoire et n’est exploité qu’à deux ou trois occasions.

Néanmoins, The Voices reste malgré ce déséquilibre une bonne surprise, notamment grâce à l’interprétation étonnamment convaincante de Ryan Reynolds, qui participe pour beaucoup à l’efficacité de l’humour. A défaut d’être vraiment dérangeant, le film est au moins relativement fun. C’est déjà ça.



Jaws
De Steven Spielberg | Aventure / Horreur
Avec Roy Scheider et Richard Dreyfus

Quoi de mieux pour terminer la journée que de se faire un bon vieux classique en plein air ? Et quel classique ! Nous n’avons sans doute plus grand-chose à vous apprendre sur Les Dents de la mer. Que dire, donc, si ce n’est que le premier vrai blockbuster de l’Histoire du cinéma n’a pas pris une seule ride ? Toujours la même mise en scène maîtrisée jusque dans les moindres détails (la révélation progressive du requin est extrêmement bien ménagée), la même musique tétanisante (le thème répétitif de John Williams est d’une efficacité imparable), le même casting impeccable (le trio Scheider-Dreyfus-Shaw atteint une véritable perfection dans la fameuse scène des cicatrices).

Présentée dans sa superbe restauration de 2012, l’image n’a pas vieilli et reste belle. Universels et intemporels, l’humour, la tension et le souffle aventureux sont encore présents comme au premier jour. Malgré le froid naissant et le vent décidé à plier l’écran, la projection de ce chef-d’œuvre en plein air, face au lac, était à coup sûr l’une des bonnes expériences de cette édition 2015.


To be continued…
Epuisés, plus par une journée bien remplie en émotions que par le déchaînement des éléments, nous sommes alors rentrés nous effondrer sur notre lit, en prenant bien soin d’éviter la plage (quand bien même le pire que l’on peut croiser dans les eaux neuchâteloises est sans doute une écrevisse un peu vache).

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