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Culture
NIFFF 2015, 6 juillet
Pour notre première journée au Neuchâtel International Fantastic Film Festival, nous avons commencé tout en douceur par un programme allégé mais néanmoins varié. Au menu : conférence télévisuelle, complots extraterrestres et contes bourratifs.


TV Series Storyworlds : Audience Engagement

Après avoir exploré les processus d’écriture, le colloque consacré aux séries TV s’est penché pour sa seconde édition sur les moyens de créer et maintenir un public fidèle. Pour discuter de la chose du point de vue de la production internationale, étaient tout d’abord présents Chris Carter, créateur de X-Files et invité d’honneur de cette édition 2015, Frédéric Azémar, scénariste d’Intrusion et d’Un village français, et enfin Anders Banke, réalisateur de la série russe Chernobyl : Zone of Exclusion. La discussion était une nouvelle fois modérée par Nicolas Dufour, journaliste au Temps.


Immédiatement interrogé sur le retour tant attendu de sa fameuse création, Chris Carter a tenu à préciser que la dixième saison de X-Files actuellement en cours de production n’était absolument pas motivée par la nostalgie mais bien par l’opportunité de raconter quelque chose de nouveau. Ce retour est à l’origine une volonté de la Fox, et Carter a accepté de prolonger les aventures de Mulder et Scully pour la simple et bonne raison que, selon lui, beaucoup de choses ont changé depuis l’arrêt de la série : dans les années 1990, les Etats-Unis n’avaient pas vraiment d’ennemi défini, ce qui n’est évidemment plus le cas depuis le 11 septembre 2001.

Anders Banke a ensuite partagé sa propre expérience. Suédois d’origine, il a passé de nombreuses années en Russie, avant d’y réaliser l’une de ses séries ayant eu le plus de succès. Malgré son sujet délicat, Chernobyl : Zone of Exclusion a en effet reçu de très bons retours, notamment pour son aspect éducatif auprès des nombreux jeunes russes qui ignorent les détails de la catastrophe de 1986.

Enfin, Frédéric Azémar a évoqué le caractère atypique d’Un village français, série abordant elle aussi un sujet délicat et qui en est aujourd’hui à sa sixième saison. Selon lui, les raisons de son succès sont principalement la présence d’un vrai showrunner en la personne de Frédéric Krivine, chose assez rare en France mais qui assure ici une cohérence artistique, et son idée de traiter l’Occupation comme une métaphore du couple, donnant ainsi au récit une attention plus portée sur les relations humaines que sur les événements historiques précis.

Ces trois créateurs ont ensuite discuté de la problématique qui les touche tous à l’heure actuelle : le vieillissement du public télévisuel. Nous l’évoquions dernièrement dans un édito, les jeunes téléspectateurs se font de plus en rares, désertant la petite lucarne pour internet. Si elle veut regagner son jeune public, la télévision doit donc s’approprier l’outil web qui le lui a enlevé.

Concernant le retour de X-Files, cela passe par exemple par une utilisation accrue des médias sociaux pour la promotion. Néanmoins, selon Chris Carter, cette stratégie est à double tranchant : si le secret occupera une part importante du plan marketing de la Fox, l’auteur craint que le grand risque de spoilers et de fuites présent sur internet ne joue en sa défaveur.

La série d’Anders Banke a quant à elle expérimenté une autre forme d’utilisation d’internet à son avantage : le season premiere de Chernobyl a ainsi été programmé dans tous les grands cinémas de Russie. L’événement à l’échelle nationale a ensuite donné lieu une énorme quantité de reviews sur les sites spécialisés (notamment IMDB), assurant au show une bonne cote de popularité et une célébrité étendue dès son lancement.


La seconde partie du colloque a ensuite été consacrée aux productions suisses. La principale problématique des chaînes TV par chez nous est également de trouver un moyen de ramener les jeunes devant le poste tout en conservant son public de base plus âgé.

Robert Pratten a commencé par présenter Conducttr, un outil web qu’il a créé et permettant de développer des projets transmédia sur de multiples plateformes. Par son biais, Canal + a ainsi mis sur pied 19 Reinos, un étonnant « MMORPG sur Twitter » qui proposait aux téléspectateurs espagnols de s’immerger dans l’univers de Game of Thrones durant la diffusion de la saison 4.

L’équipe de la récente web-série La Vie sur Vénus (Géraldine Rod, David Lamon et Benjamin Magnin) est ensuite venue nous parler de sa création. La stratégie a été ici d’investir d’abord internet, de s’y créer un public et de ramener ensuite le projet vers la télévision, en espérant que le public web l’y suive. L’équipe a ainsi créé un faux personnage de blogueuse sur les réseaux sociaux qui se ferait ensuite « récupérer » par la RTS. La réalisatrice Géraldine Rod a bien précisé qu’ils n’ont jamais menti sur la réalité de la série (le générique de fin révélait tout), mais que beaucoup de gens se sont néanmoins pris au jeu, considérant la jeune Eva comme une véritable blogueuse étudiant à l’EPFL. Si la création a rencontré un public plutôt nombreux autant sur internet (13'000 vues sur Youtube et 51'000 sur Facebook) qu’à la télévision (23'000 téléspectateurs sur la RTS), il n’est malheureusement pas certain que ces deux publics différents se soient mélangés, les spectateurs web n’ayant pas nécessairement suivi la série lors de son passage à la TV.

Thomas Lüthi a ensuite insisté sur la nécessité d’impliquer le transmédia, avant de présenter la stratégie de la SRF pour la promotion de sa série à succès Der Bestatter (Le Croquemort). Si la popularité de l’acteur principal et la localisation de la série assure à la chaîne de conserver son audience originelle, la mise en place d’un arc narratif par saison, d’intrigues parallèles, d’un ton plus sombre et authentique, et surtout d’une activité online visent à attiser l’intérêt des jeunes téléspectateurs.


Enfin, Sophie Sallin a présenté avec passion la toute jeune HELLvetia, série transmédia humoristique et fantastique co-produite par la RTS et le NIFFF. Celle-ci met en scène deux spécialistes du paranormal complètement crétins, auxquels les citoyens suisses peuvent faire appel en laissant un message sur leur répondeur. La série étant née à la suite d’un concours ouvert à tous lancé l’an dernier, le public était donc impliqué dès la genèse de ce projet. Proposant un réel contrepied au contenu TV (du paranormal, du gore, de l’humour bête), la création s’étend sur diverses plateformes qui impliquent chacune des publics différents. Un tumblr s’adresse aux amateurs de paranormal et est destiné à stimuler le débat, le portail vidéo s’adresse aux consommateurs de Youtube et autres supports de visionnement, la page Facebook permet de développer les personnages et l’univers en dehors des vidéos, et enfin les chroniques données durant la matinale de Couleur3 de même que la création d’un vrai répondeur pour les héros permettent de faire entrer la fiction dans le réel. Sophie Sallin espère même, pour une hypothétique saison 2, impliquer encore davantage le public en imaginant les épisodes d’après les vrais messages laissés sur le répondeur.

Au terme de la discussion, il est apparu qu’aucune solution miracle n’existe pour l’instant, mais que de nombreuses stratégies pour la plupart très intéressantes sont mises sur pied afin de renouer avec le jeune public et de repenser le processus créatif en fonction de l’outil internet.



The X-Files, le film
De Rob Bowman | Thriller / Science-fiction
Avec David Duchovny et Gillian Anderson

Nous avons continué la journée en restant en compagnie de Chris Carter avec la projection du premier film adapté de la série X-Files. Prenant place entre les saisons 5 et 6, il confronte Mulder et Scully à une sombre machination impliquant un virus extraterrestre. Bien qu’elle comporte de nombreuses portes d’entrée pour les néophytes (notamment dans la relation de complémentarité entre les deux héros, réexplicitée au début et développée de façon intéressante tout au long du film), l’intrigue reste tout de même fortement liée au fil rouge de la série et la fin, laissée quelque peu en suspens, appelle à enchaîner avec la saison 6. Cette première adaptation cinéma fait ainsi plus office de gros épisode que de film entièrement indépendant.

S’il constitue tout de même un excellent moyen de découvrir la série, le long-métrage est donc avant tout un gros kiff pour les fans de la série : gros budget (les effets spéciaux sont au top), casting maousse (le Baron de Münchhausen John Neville en énigmatique comploteur, le futur John Locke de Lost Terry O’Quinn qui se fait démastiquer la tronche dès l’introduction) et intrigue bien troussée (le mystère est aussi passionnant qu’à l’accoutumée), on a là à voir la mythique série dans son plus bel apparat.



Tale of Tales
De Matteo Garrone | Fantastique
Avec Salma Hayek, Vincent Cassel et Toby Jones

Nous avons terminé la journée par l’intrigant Tale of Tales. Intrigant, parce qu’il s’agit d’une adaptation de trois contes de l’italien Giambattista Basile réalisé par Matteo Garrone, à qui l’on doit Gomorra. Un sacré grand écart pour son auteur, donc, qui avait reçu un accueil désastreux au dernier Festival de Cannes. Hélas, nous n’avons été guère plus réceptifs à cette création étrange, parfois envoutante, souvent pénible.

Pour une raison inexplicable, Garrone en fait des caisses à tous les niveaux, détruisant le moindre potentiel qualitatif de son œuvre. Le visuel est léché et propose quelques beaux plans, mais la mise en scène finit bien vite par devenir ultra poseuse et carrément lourdingue. Le casting est alléchant (Salma Hayek, Vincent Cassel, Toby Jones, John C. Riley), mais les acteurs sont forcés d’incarner dans un surjeu constant des personnages au mieux sans intérêt, au pire horripilants. Chacun des trois récits contient des choses intéressantes (des imaginaires prometteurs, des personnages tragiques, des inversions de valeurs et des rêves au prix terrible comme on en trouve dans de nombreux contes classiques), mais toutes les situations, qu’elles soient dramatiques, féeriques ou inquiétantes, sont présentées avec la même exagération et la même distance cynique qui font que tout tourne au grotesque.

Dieu sait qu’on fantasmait de voir Salma Hayek dévorer cru un cœur de monstre marin ou Toby Jones nourrir une puce géante de son propre sang. Mais rien à faire, ça ne prend pas. Comme si Garrone lui-même ne croyait pas une seconde aux contes qu’il adapte. Leur agencement est bancal, le développement brouillon et la structure inégale. Bien vite, tout devient vulgaire, agaçant, fatigant. La chaleur étouffante qui régnait dans le Temple du Bas n’aidant pas, la projection s’est révélée être une expérience lourde, longue et ennuyeuse.


To be continued…

Enfin à l’air libre, nous avons suivi les consignes de sécurité et sommes allés nous hydrater au bar du Festival Off, avant de flâner un instant dans le Jardin Anglais, comme d’habitude très animé, pour finir par aller sagement nous coucher, écrasés par la canicule mais décidément parés à faire le pleins d’images dingues durant les jours à venir.

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