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Culture
De meilleurs lendemains
Tomorrowland
De Brad Bird | Science-fiction
Avec Britt Robertson, George Clooney et Hugh Laurie


Le Géant de fer

Parmi les nombreux grands noms ayant été approchés pour réaliser le nouveau Star Wars figure celui de Brad Bird. Un patronyme qui ne parle pas nécessairement au grand public, mais que ce dernier connaît pourtant très bien, tant il aura contribué à façonner son imaginaire durant les trente dernières années.

Après un passage chez Disney, Brad Bird est engagé par la Fox pour travailler sur une toute nouvelle série d’animation appelée Les Simpson. Il participera un temps au développement du show en tant que consultant créatif et réalisateur de certains épisodes. C’est ensuite pour la Warner qu’il concevra son premier long-métrage : Le Géant de fer. S’il obtient une bonne reconnaissance critique, ce magnifique dessin animé sera hélas un bide commercial.

La filiale animation de la Warner fermant ses portes l’année d’après, Bird emmène son second projet chez le studio de son ancien camarade d’études John Lasseter.

Les Indestructibles
Avec Les Indestructibles, il réalise non seulement l’un des meilleurs Pixar, mais également l’un des films de superhéros les plus importants des années 2000. Le film est cette fois-ci un grand succès public et vaut à Bird son premier Oscar. Il reviendra quelques années plus tard prêter main forte au studio à la lampe sur un film qui patine : Ratatouille confirme le talent du cinéaste, qui obtient une seconde statuette.

Après quelques temps d’absence, il passe au cinéma live en réalisant le quatrième opus de la franchise Mission : Impossible. Succéder à Brian De Palma, John Woo et, dans une moindre mesure, J. J. Abrams, n’était pas une mince affaire. Et pourtant, Ghost Protocol est sans conteste le meilleur épisode de la saga. Film d’action drôle et jouissif, il réinvente complètement la série en brisant ses codes (plus rien ne marche) et la détourne en une parodie à la fois décomplexée et pertinente dans son regard sur le genre.

Mission : Impossible - Ghost Protocol

Après avoir réalisé quelques-uns des plus grands films d’animation, en deux comme en trois dimensions, Brad Bird a ainsi parfaitement réussi son passage au live. Il était donc parfaitement légitime qu’il soit envisagé pour relancer Star Wars. Avoir son nom accolé à celui de la franchise la plus connue de l’Histoire du cinéma aurait été pour lui la consécration ultime, en même temps que l’accomplissement d’un rêve de gosse. Pourtant, Bird a refusé le poste.

A l’époque où la proposition lui est faite, il travaille déjà sur une autre production Disney : Tomorrowland. Sachant pertinemment que Star Wars se fera avec ou sans lui, il doute en revanche que ce projet en chantier aboutisse s’il lâche l’affaire. Ainsi, il décline l’offre pour s’assurer que le film voie effectivement le jour. Cette étonnante décision ne pouvait donc qu’intriguer quant à ce fameux Tomorrowland : qu’y avait-il donc dans cette adaptation d’un parc à thème de Disney pour que Bird lui sacrifie Star Wars ?


A la vision du film, ce choix prend tout son sens : Tomorrowland est une véritable bouffée d’air frais, un spectacle festif comme on n’en voit que trop rarement, un divertissement familial dans le sens le plus noble du terme, à la fois brillant dans sa forme et dans son fond. Il serait criminel de trop en dévoiler, tant il est préférable d’en savoir le moins possible pour s’assurer une expérience totale, mais l’on comprend très vite ce qui a motivé l’attachement de Bird à ce projet. Nous dirons simplement que l’histoire est celle de Casey Newton (Britt Robertson), une ado passionnée par les sciences qui va découvrir l’existence de Tomorrowland, lieu caché aux yeux des humains qu’elle cherchera à atteindre avec l’aide d’un inventeur désabusé (George Clooney) et d’une étrange fillette (Raffey Cassidy). Sans trop en dire non plus, nous indiquerons que le récit parle finalement moins de science que d’imaginaire et de créativité, et qu’en remplaçant le « Tomorrowland » du titre par un « Hollywood », on se retrouve face à un intéressant discours sur le cinéma populaire actuel. Un propos résumé dans un dialogue opposant Frank Walker, le personnage de George Clooney, au méchant David Nix incarné par Hugh Laurie : ce dernier, qui refuse littéralement de vieillir, fait remarquer avec cynisme à son rival qu’il a, lui, pris un coup de vieux. A cette pique, Walker rétorque : « Tu devrais essayer, toi aussi. »


La présence de Damon Lindelof au scénario avait de quoi inquiéter : rappelons que le co-créateur de Lost s’était illustré au cinéma avec des longs-métrages aussi mal écrits que Prometheus ou Star Trek Into Darkness. Pourtant, on ne trouve dans Tomorrowland aucune des tares narratives qui plombaient progressivement ces exemples. Certes, le film joue constamment la carte du mystère, pose régulièrement de nouvelles questions et ne révèle tous ses enjeux qu’une demi-heure avant la fin. Mais à contrario de la vacuité de Prometheus et des vaines pirouettes scénaristiques du dernier Star Trek, l’écriture de Tomorrowland raconte bel et bien quelque chose, et ce d’une manière à la fois habile et pertinente.

On pourra être décontenancé par la conclusion, puisqu’à peine saisit-on enfin toutes les implications de l’intrigue que celle-ci se résout aussitôt. Il n’en faudra peut-être pas moins pour trouver la fin quelque peu bâclée. Mais ce sentiment d’extrême rapidité que l’on peut ressentir vient aussi et surtout du fait que tout ce qui précède est une accumulation d’éléments qu’il faudra plus que le temps de la projection pour digérer. Plusieurs visionnages seront certainement nécessaires pour assimiler tout ce que Tomorrowland propose.


Jusqu’au bout, on va de surprise en surprise, on ne sait jamais à l’avance où l’on se dirige, mais on se laisse irrémédiablement embarquer dans l’aventure. Si le développement énigmatique du récit porte la marque de Lindelof, tout ce qui l’entoure fait indéniablement du film une œuvre transpirant la patte de Bird. Comme toutes ses précédentes créations, Tomorrowland nous offre une histoire captivante de laquelle on ne décroche jamais, des personnages forts et complexes immédiatement attachants, des idées de mise en scène à n’en plus finir qui renouvellent constamment le plaisir de la projection. Comme Le Géant de fer, il raconte une relation bouleversante entre un personnage d’enfant et une machine qui se rêverait humaine. Comme Les Indestructibles, il réfléchit sur la culture populaire et le rapport au passé. Comme Ratatouille, il encourage chaque individu à se surpasser et aller au bout de ses ambitions. Comme Mission : Impossible – Ghost Protocol, il orchestre un formidable tour de montagnes russes se permettant de nombreux emprunts au cartoon, jusqu’à un éprouvant combat final se jouant en parallèle dans de multiples lieux à l’environnement instable.

Réjouissant, ludique, positif, Tomorrowland est un blockbuster comme on n’en voit peu. Avec Mad Max : Fury Road, il fait partie de ces rares films populaires qui ont véritablement quelque chose à partager avec leur public : des images procurant non seulement des émotions, mais aussi des pensées.

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