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Culture
Polymanga : fenêtre ouverte sur la culture pop
Du 3 au 6 avril derniers, Polymanga prenait une fois de plus ses quartiers dans le 2M2C de Montreux. L’édition 2015 de la convention nous aura offert un nouvel aperçu de la culture populaire et de la communauté qui la célèbre. Dans ses meilleurs aspects, comme dans ses pires.


Cette année, nous n’aurons pas pu assister à grand-chose durant la onzième édition de Polymanga. Entre les réels soucis d’organisation imputables au festival (la centaine de personnes qui poireautent pendant une heure pour Mathieu Sommet pour être finalement refoulés comme des malpropres) et les imprévus que les responsables ont compensé tant bien que mal (l’annulation en dernière minute d’Antoine Daniel), notre programme d’origine a été passablement chamboulé. En lieu et place d’un compte-rendu détaillé du festival, nous vous proposons donc plutôt un ressenti global.

En ce qui nous concerne, contrairement à de nombreux fidèles de la convention, on se fiche pas mal que Polymanga ait dévié de sa ligne originelle pour élargir son champ d’action, passant d’un événement centré exclusivement sur la culture nippone à une célébration des mondes de l’imaginaire en général, tous supports confondus. On s’en réjouit même plutôt, puisque ce panel plus vaste permet de se faire une idée de l’état de la culture pop et de la communauté geek dans son ensemble.

Premier constat : s’il a gagné du terrain depuis ses débuts, cet univers est en encore loin d’avoir acquis une pleine légitimité. Aujourd’hui, l’industrie du jeu vidéo a beau dépasser celle du cinéma en termes de chiffres et les adaptations de comics peuvent bien casser la baraque au box-office, ces œuvres et leurs fans continuent d’être regardés de traviole. En témoigne la couverture presse de Polymanga, qui traitait majoritairement l’événement comme une chose étrange, parfois incompréhensible, voire même inquiétante. On en parle parce que ça attire du monde (35’000 visiteurs, cette année !), mais on ne s’y intéresse qu’en surface. Le ton va ainsi de la curiosité amusée au mépris le plus cynique. On se contente souvent d’une galerie photo ou d’une interview de l’organisateur (en présentant sur page Facebook la convention comme étant le rassemblement « des aficionados de la science-fiction »…). Parfois on fait tout de même l’effort de pousser plus avant les investigations. Mais même en mettant toute sa bonne volonté dans un reportage certes néophyte mais bienveillant, on ne peut empêcher quelques bonnes vieilles réflexions clichées de refaire surface (les geeks, « ces adolescents privés de relations sexuelles, vraisemblablement… » - Vertigo, 8:15).

Il est clair que cette forme de culture et les univers qui la nourrissent restent, malgré leur omniprésence, largement incompris. Mais il faut avouer que, vu de l’extérieur, ça peut faire peur, ou tout au moins paraître difficile à prendre au sérieux.


Nous citions plus haut le phénoménal succès des films de super-héros. En tête de ces réussites commerciales, nous trouvons évidemment les productions Marvel ; des produits calibrés, faits à la chaîne sur une formule identique, qui se vendent sur le seul nom de la franchise qu’ils adaptent. Ces réussites commerciales massives donnent indéniablement une image dominante de la culture pop assez peu reluisante. Mais ne prendre en compte que leur mauvais exemple serait faire l’impasse sur bon nombre d’autres adaptations qui les côtoient, celles faisant preuve de véritables ambitions artistiques et d’une réelle envie d’élever leur matériau de base.

C’est d’ailleurs ce que critiquait François Descraques dimanche, durant la conférence qu’il donnait en compagnie du collectif Frenchnerd. L’auteur du Visiteur du Futur remarquait en effet que le même problème s’applique à la plupart des créatifs d’internet : un manque d’exigence flagrant, une tendance à se reposer sur ses acquis et à se complaire dans le recyclage paresseux. Au contraire, Descraques impose à sa création une évolution constante.

Les geeks restent fondamentalement des consommateurs et, leur attachement à une œuvre pouvant atteindre des extrêmes peu communs, ils sont capables de consommer sans distinction tout ce qu’on leur offre. D’où une possible impression, vu de l’extérieur, de superficialité. Mais à l’inverse, c’est ce même attachement qui peut faire d’eux le public le plus exigeant et critique qui soit, et donc le plus constructif.

Chez cette communauté, le besoin d’exprimer sa passion est en grande partie liée à un désir d’exprimer son identité. Les cosplayers de Polymanga, qui ont tant étonné, amusé ou effrayé les passants, se déguisent moins qu’ils se révèlent, affirmant haut et fort ce qui ils sont à travers les univers qu’ils aiment.

Cette mise en avant peut néanmoins leur nuire. On le voit par exemple lors des conférences données par les artistes : du côté des créateurs auquel l’événement est consacré comme des fans venus y assister, on en trouve régulièrement qui sont plus intéressés à faire parler d’eux plutôt que de discuter de l’œuvre qui les rassemblent tous. Nous l’avions constaté l’an dernier durant la conférence du Joueur du Grenier, et il semble que celle d’Antoine Daniel l’illustrait également plutôt bien.


C’est certainement ce genre de comportement qui donne des geeks une image de dangereux cas sociaux à contenir impérativement. D’où, sans doute, le stress palpable des « gentils staffs » et l’agressivité à peine retenue des sécus de Polymanga, l’apparente nécessité de « parquer » cette foule et de la maîtriser (il faut dire que le 2M2C de Montreux n’est définitivement pas le bâtiment idéal pour ce type de rassemblement massif).

Et c’est bien dommage, cette mauvaise image n’étant franchement pas représentative de la communauté geek. Certes, elle peut être inconsciente, exubérante, obsessionnelle à un point déstabilisant, mais elle reste quoi qu’il arrive liée à la plus fondamentale de ses valeurs : le partage. L’ambiance des conventions peut être tendue, certains débordements surviennent parfois, mais ils ne se transformeront jamais en violence (ça, ça reste l’apanage des stades de foot). Avant tout, la culture populaire reste fondée sur l’ouverture d’esprit et la communion. C’est ce que nous a rappelé le dernier événement auquel nous avons assisté : le concert du groupe GangLion. Comme l’an dernier avec la prestation du Naheulband, nous avons pu profiter du meilleur de ce que la communauté geek a à offrir. Malgré les chaises de la salle Stravinski, le public s’est quasi unanimement levé pour frapper des mains ou répéter ensemble la chorégraphie des musiciennes, créant ainsi un vrai moment d’échange.

La culture pop et ses aficionados peuvent faire peur, mais si l’on prend la peine de se risquer dans cet univers, on pourrait bien avoir envie d’y rester.

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