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Culture
Veni, vidi, et carrément vici
Astérix : Le Domaine des Dieux
De Louis Clichy et Alexandre Astier
Avec Roger Carel, Guillaume Briat et Philippe Morier-Genoud




Il y a un peu plus de deux ans, nous exprimions notre désamour de la quatrième adaptation live du plus célèbre des petits Gaulois, Astérix et Obélix : Au Service de Sa Majesté. Nous terminions notre diatribe par le pronostic selon lequel l’œuvre de Goscinny et Uderzo avait de grandes chances de retrouver de sa superbe grâce au projet d’Alexandre Astier, alors en plein développement. Aujourd’hui, l’adaptation en animation 3D du Domaine des Dieux débarque enfin sur les écrans. Et sans vouloir sombrer dans l’autocongratulation, nous avons pu constater avec satisfaction la justesse de nos prévisions.

Bon, avouons-le, le risque de se tromper n’était pas énorme, tant presque tout dans cette nouvelle adaptation augurait du meilleur. En premier lieu, évidemment, le curriculum vitae d’Astier lui-même : au vu de ce que le monsieur est parvenu à faire de la légende arthurienne, on ne pouvait qu’être curieux de voir sa version des aventures de l’irréductible Gaulois. D’ailleurs, sa participation au pitoyable Astérix aux Jeux Olympiques avait paradoxalement de quoi rassurer : à l’époque, non seulement il admettait sans langue de bois le cynisme de cette adaptation et la présence beaucoup trop envahissante de Benoît Poelvoorde, mais reconnaissait également le décalage de son personnage, trop proche de l’esprit Kaamelott pour se mêler au style de Goscinny. Ainsi, ses propos sur l’auteur d’Astérix laissaient apparaître une véritable compréhension de l’œuvre et donc une potentielle capacité à lui rendre justice.


Le choix du Domaine des Dieux, l’un des albums les plus intéressants de la franchise, participait également à l’intérêt pour le projet. Comme le disait lui-même l’auteur de Kaamelott, avec une telle source d’inspiration, les chances de se planter sont minces.

Autre belle promesse, le casting : si Astier embarquait avec lui une grande partie de sa troupe, il avait surtout réussi à convaincre l’inénarrable Roger Carel de sortir de sa retraite et de prêter une nouvelle fois sa voix au petit Gaulois. De quoi ravir les aficionados des adaptations animées !

En réalité, si l’on pouvait avoir un doute, c’était au sujet de la mise en scène. S’il excelle dans de nombreux domaines, l’écriture n’étant pas le moindre d’entre eux, Alexandre Astier ne peut pas véritablement être qualifié de « dieu de l’image ». Certes, il a su proposer quelques belles idées visuelles dans les dernières saisons de sa série moyenâgeuse, mais sa réalisation n’atteignait jamais une ampleur équivalente à celle de son histoire. Idem pour sa première expérience cinématographique, la comédie dramatique David et Madame Hansen, relativement lisse voire bancal dans sa mise en scène.


Heureusement, Astier ne s’est pas lancé seul dans ce projet et a eu la bonne idée de déléguer le principal de la réalisation à un collaborateur bien plus expérimenté que lui en la matière : Louis Clichy. Ancien de chez Pixar (il y a travaillé en tant qu’animateur sur Là-haut et Wall-E), ce dernier est de fait rodé à ce genre de production. On pouvait ainsi espérer une animation soignée et une mise en scène influencée par le dynamisme et la rigueur caractérisant celle des films du studio à la lampe.

Durant quatre ans, les deux hommes se sont partagé la tâche, Astier se chargeant de l’écriture et de l’enregistrement des doublages, Clichy s’occupant quant à lui de la mise en image, et chacun agrémentant le travail de l’autre de ses propres propositions.


Fidèle à la BD, Le Domaine des Dieux narre le plan de César pour forcer les Gaulois à intégrer la civilisation romaine en encerclant leur village d’une gigantesque cité qui donne son titre à l’histoire. Néanmoins, Astier se permet quelques ajouts de personnages et d’événements plutôt bienvenus, puisqu’ils extrapolent à partir d’éléments préexistants et ne trahissent donc pas le récit d’origine mais lui apportent véritablement quelque chose. On pense notamment aux dissensions entre les Gaulois provoquées par la proximité de la ville romaine, dont l’importance accrue renforce clairement les enjeux du film.

L’auteur de Kaamelott parvient ainsi à instiller son propre style dans l’univers de Goscinny tout en jouant la carte de la déférence absolue. Il ne s’autorise qu’une seule référence à sa fameuse série, et ses autres clins d’œil à l’actualité ou à la culture pop ne dépareillent généralement pas d’avec le reste et sont souvent plutôt efficaces (un soldat romain nommé Travaillerpluspourgagnerplus, Panoramix qui se la joue Gandalf du pauvre). S’il n’est pas non plus omniprésent, l’humour reste de très haut niveau, l’écriture d’Astier réservant comme à l’accoutumée certaines perles destinées à faire le tour des cours de récré.


Plaisir pour les oreilles (la musique de Philippe Rombi est tout à fait honorable), Le Domaine des Dieux est également une réussite visuelle. Le design des personnages est aussi fidèle à la BD que l’est leur caractère, et le passage de l’univers d’Uderzo à la troisième dimension lui apporte une force nouvelle. Comme attendu, l’influence de l’école Pixar sur Louis Clichy est clairement visible, autant dans la technique que dans la narration : l’animation est très belle et le découpage est d’une précision et d’une énergie imparables. Débordant d’idées, la mise en scène assure un rythme constant et se révèle particulièrement généreuse lors du finale.

Les films d’animation venus de France sont suffisamment rares pour que l’on soutienne cette création réjouissante. Mais surtout, dans la mesure où l’adaptation de Clichy et Astier renoue enfin avec l’esprit d’Uderzo et Goscinny et redonne ses lettres de noblesses à leur œuvre de très belle manière, elle mérite le coup d’œil. D’autant que, si le succès est au rendez-vous, les deux compères pourraient bien repartir pour un second tour…

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