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Culture
La Théorie de l'Evolution
La Planète des Singes : l’Affrontement

De Matt Reeves | Science-fiction/Drame



La Planète des Singes, version Burton
1975. La production audiovisuelle semble en avoir fini avec La Planète des Singes. Le cinquième film de la saga, La Bataille de la Planète des Singes, a été désigné comme le dernier. La seconde série TV, en dessin animé celle-ci, vient de s’achever. Ne subsisteront qu’un ou deux comics durant quelques années. Pour le reste, la franchise ne repointera plus le bout de son nez durant des décennies, son histoire semblant définitivement appartenir au passé.

Pourtant, la Fox n’oublie pas le carton qu’elle fut. Après plusieurs tentatives de suites et remakes impliquant des noms aussi divers que ceux de Peter Jackson, James Cameron et Arnold Schwarzenegger, le studio parvient enfin à ramener sa poule aux œufs d’or sur le devant de la scène.

2001. Tim Burton réadapte le roman de Pierre Boulle. Réalisation lisse et sans identité malgré un cinéaste qui en a à revendre, scénario mou et incohérent bien que traversé par quelques belles idées, cette Planète des Singes des années 2000 n’est qu’un film de commande sans âme qui n’a pour lui que ses effets spéciaux de grande qualité et un casting plutôt sympathique. Décevant la majorité des fans, la Fox n’est pas parvenu à ressusciter sa franchise. Le second essai sera le bon.


La Planète des Singes : les Origines
2011. La saga est une nouvelle fois rebootée avec La Planète des Singes : les Origines, traduction française à côté de la plaque de Rise of the Planet of the Apes. Inspirés par leurs études sur le comportement simien en milieu inconnu, le duo de scénaristes Amanda Silver et Rick Jaffa propose une relecture moderne du quatrième opus de la série originale, La Conquête de la Planète des Singes. Ainsi, le film dépeint également la révolte des singes et la genèse de leur prise de pouvoir sur les humains, en orientant toutefois ce retour à zéro sur de nouvelles bases thématiques.

Bourré de clins d’œil au premier opus de 1968 bien plus subtils que ceux que nous servait son prédécesseur de 2001, Rise se révèle surtout largement plus abouti dans sa réinterprétation de la franchise. Malgré plusieurs faiblesses scénaristiques, le récit dans son ensemble se tient et met en place quelques pistes intéressantes pour une éventuelle suite. A travers une mise en scène soignée et inventive, le jeune Rupert Wyatt sait quant à lui mettre en valeur les sentiments de ses personnages autant que les moments de bravoure.


La Planète des Singes : les Origines
En découle un honnête blockbuster, qui ne rivalise jamais avec le chef-d’œuvre original (et ne prétend d’ailleurs pas le faire), mais offre un divertissement efficace et fait avec sincérité. Vu le cynisme qui entoure la majorité des remakes et reboots de franchise de ces dernières années, on n’en demandait pas plus.

Mais ce qui fait également le charme de ce nouveau film et en explique en grande partie le succès, ce sont ses singes et la façon dont ils sont nés. Principal argument marketing mis en avant lors de la promotion, la méthode de fabrication des simiens diffère des précédents films de la saga. Cette fois-ci, point de masque, nul maquillage, mais des images de synthèse. Peter Jackson finit ainsi bel et bien par participer au renouveau de la franchise, puisque c’est sa société d’effets spéciaux, Weta, qui s’occupe de donner vie aux singes, pour un résultat, comme toujours, bluffant. Porté par Andy Serkis, l’acteur virtuel par excellence, qui prête ici ses traits au singe César, ce nouvel opus est une preuve de plus de la révolution que représente la performance capture.


La création du singe César à partir de la performance d'Andy Serkis
A l’instar d’autres productions usant de la méthode, l’essence de cette dernière est au cœur du propos du film : humaniser ce qui ne l’est pas. Tous incarnés par de véritables acteurs, les singes sont criants de réalisme et troublants d’expressivité. Comme celui de King Kong (dont le héros animal était déjà joué par Serkis), le récit de Rise nous fait nous identifier à une créature de pixel et parvient, en lui insufflant une humanité bouleversante, à nous toucher aux tripes. Aussi réussis que pouvaient l’être les maquillages des épisodes précédents, ils cadenassaient le jeu des comédiens : même sur la récente version de Burton, les interprètes des singes baragouinent difficilement à travers leur mâchoire entravée. La performance capture, encore une fois, libère de toute contrainte.

« Les gens croient que la performance capture n’est qu’une technologie au service des effets spéciaux, mais ce n’est pas que ça. La densité émotionnelle ne peut venir que d’un acteur. » A la sortie du film en 2011, ces propos de Serkis lui-même semblent enfin être entendu par la presse, qui sort de son habituelle indifférence et s’intéresse à ce mode de production. Certains vont même jusqu’à en vanter les mérites et, incroyable mais vrai, s’intéressent à l’acteur qui se cache sous ces images de synthèse et reconnaissent l’importance de sa performance.

Mais à peine commence-t-on à se réjouir de cette prise de conscience que le Tintin de Spielberg vient tout annuler quelques mois plus tard, révélant que cet enthousiasme autour de la méthode n’était globalement que le fait de la promotion. Retour des « c’est moche, ça sert à rien » et autres « t’façon, on reconnait même pas Daniel Craig ». Une désinvolture qui nous renvoie curieusement à un passage du making-of de l’opus de 1968, dans lequel le producteur Richard D. Zanuck confie qu’on ne cessait de lui demander pourquoi il avait choisi d’engager des acteurs renommés pour ensuite les cacher sous des tonnes de latex. Ce à quoi il répondait que, pour que le concept fonctionne, il devait être animé par un véritable jeu. Tiens, ça ressemble à ce que dira Andy Serkis quarante ans plus tard…

Le tournage de La Planète des Singes : l'Affrontement



2014. Rise of the Planet of the Apes ayant redoré le blason de la franchise (tant en termes qualitatifs que commerciaux), sa suite débarque en salle. La Planète des Singes : l’Affrontement, traduction aussi judicieuse que la précédente pour Dawn of the Planet of the Apes, prend place dix ans après les évènements du premier opus. Le virus ALZ-113 s’est rapidement répandu sur toute la planète, décimant une grande partie de l’humanité. Au cœur de la forêt de séquoias surplombant les ruines de San Francisco, les singes ont fondé une nouvelle civilisation, apprenant grâce à César le langage des signes et certaines valeurs communautaires. Alors qu’ils se croient débarrassés de l’Homme, ils tombent sur un groupe de survivants, qui vit non loin de là, dans l’un des tout derniers bastions de l’espèce humaine. César souhaite la paix, mais l’affrontement semble inévitable…


Dans un univers post-apocalyptique très réussi, ce second chapitre pousse encore plus loin les prouesses techniques de son aîné, puisque le récit se concentre avant tout sur les singes. Ainsi, le premier quart d’heure est tout entier consacré à la découverte de leur communauté. Durant quinze minutes entièrement muettes (tous les dialogues se font en langage des signes), on observe ainsi ce nouveau peuple simien.

Le détail des images de synthèse a franchi un palier supplémentaire et les singes sont ici plus nombreux à être caractérisés que sur le premier volet. En plus de César, toujours brillamment interprété par Andy Serkis, pas moins de six d’entre eux se retrouvent à jouer un rôle dans le déroulement l’intrigue, chacun se différenciant pas des singularités bien définies : race différente, poils plus clairs, cicatrices, mais avant toute chose, ses expressions. Chaque singe incarne un archétype précis et se révèle aussi reconnaissable et évocateur qu’une figure humaine. On se surprend alors une fois de plus à être bouleversé par les émotions émanant de ces créatures virtuelles.


L’identification aux simiens étant de nouveau assurée au bout de ce premier quart d’heure, la rencontre avec les humains peut avoir lieu et le récit dérouler son implacable fil rouge. Du côté de nos semblables, la caractérisation est également travaillée. De fait, la confrontation annoncée entre les deux peuples en sera d’autant plus douloureuse.

Prenant le temps de poser son intrigue et ses personnages comme de moins en moins de blockbusters le font, Dawn nous immerge dans son histoire et orchestre une belle montée de la tension jusqu’à l’éclatement final. S’il tire tout de même un peu en longueur et n’évite pas quelques facilités sur la fin, le scénario est globalement plus solide que celui du premier volet. On regrettera juste qu’il rechigne à aller au bout de certaines idées, notamment dans sa conclusion, qui retarde et atténue quelque peu la résolution prévue. Sans doute la même crainte d’un dénouement trop pessimiste qui avait déjà poussé les producteurs à édulcorer quelque peu le final de Rise, en épargnant par exemple le personnage de James Franco.


Mais ces quelques concessions n’enlèvent rien à la qualité du métrage, Dawn restant un excellent blockbuster estival. Matt Reeves, qui succède à Rupert Wyatt derrière la caméra, nous aura fait douter, lui qui ne nous avait offert avant cela que le pénible Cloverfield et l’inintéressant remake de Morse. Et pourtant, sa mise en scène se révèle réellement efficace : dynamique et percutante, elle réserve même quelques très beaux effets, dont une symétrie entre le premier et le dernier plan plutôt bien vue.

Ce nouvel opus de La Planète des Singes fait donc partie de ces rares blockbusters intègres qui – et ici malgré une capitalisation sur une franchise lucrative – ne contiennent aucune note cynique, ne se moquent pas de leur public, ne calculent pas, mais respectent leur héritage et se contentent de raconter une histoire, et de le faire bien.

Pierre Boulle peut dormir en paix.

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